Infos Togo Éducation

Yaovi Atsou Atcha brise le silence dans le dossier SET

Publié le samedi 30 avril 2022, par Gabinho

L’ancien coordonnateur de la CSET (coordination des syndicats de l’éducation du Togo) sort de son silence et se prononce sur le dossier du SET (syndicat des enseignants du Togo). Dans un message rendu public pour la circonstance, Yaovi Ilétou Atsou Atcha regrette tout ce qui arrive actuellement dans le secteur éducatif et surtout à ses camarades membres du SET qui selon lui, ont été poussés dans le précipice par des gens tapis dans l’ombre. Et cela a été aussi possible à cause du dilatoire du gouvernement ou de sa lenteur à mettre en œuvre les clauses des accords. Une faille de certains ont usée pour provoquer tout ce qui se passe.

Dans le message, M. Atsou Atcha explique également les raisons de la position modérée prise par la CSET bien avant son départ à la tête de cette organisation syndicale.

Lire l’intégralité du message

« Salut chers camarades

Je voudrais présenter toutes mes excuses à tout le monde, tous les camarades membres de Synpett et membres des autres syndicats frères, ceux qui ont partagé la même vision puis ceux qui ont des avis contraires à la nouvelle orientation que je proposais.

Nos choix, nos divergences en matière de lutte syndicale ont semblé nous diviser.

Je suis convaincu que nous voulons la même chose mais de manières différentes. Je ne dis pas que mes choix sont les meilleurs. Pour moi, le moment n’est pas propice, compte tenu de certains paramètres que j’ai souvent évoqués en off.

Aujourd’hui, tout ce qui arrive dans le monde éducatif doit nous interpeller. Dans un passé récent (2017), nous avions déposé une plateforme revendicative qui a connu un succès et ceci dans un environnement un peu favorable.

– L’abrogation de l’auxiliariat

– Le paiement des rétros de la CNSS

 L’adoption du Statut particulier des fonctionnaires de l’enseignement

– De 11000 francs Cfa, notre prime mensuelle (PIFE) est actuellement à 36 000 francs Cfa pour les catégories B, C et D puis 40 500 francs Cfa pour les catégories A.

– Nous avons signé un protocole d’accord (PA) qui a connu un début d’application.

La deuxième année il y a eu malheureusement d’incompréhensions et nous avons pris sur nous de dénoncer le non-respect de l’accord par l’État avant que la situation pandémique ne s’invite dans notre pays en 2020 avec l’état d’urgence et ses corollaires.

Face à cette nouvelle situation, on se devrait de faire beaucoup attention.

Nous impactons sur la carrière des camarades voire leur vie et celle des familles entières et nous ne devrions pas prendre des décisions concernant les mouvements sans considérer nos forces, nos faiblesses d’une part et l’environnement avec ses contraintes et opportunités, d’autre part.

Après la fermeture des écoles suite à la pandémie, le gouvernement a rallongé l’état d’urgence et a pris des positions qui devraient nous amener à être prudents.

Aujourd’hui, l’employeur a modifié le code du travail avec intégration de beaucoup de restrictions. Un arrêté de code de bonne conduite a été également pris.

Tout ce schéma a poussé la CSET à se replier. Mais malheureusement, on a été toujours mal compris et taxé de tous les maux.

D’autres organisations ont pris la relève malheureusement, cela a entraîné beaucoup de conséquences que nous n’avons plus besoin de rappeler ici. Même les démarches et tentatives de plaidoiries des centrales syndicales et des fédérations ont été mal vues et critiquées.

C’est tout cela que nous avions voulu éviter en mettant la balle à terre pour aller dans le sens des accords.

Le dernier accord signé a prévu les mécanismes de résolution des conflits.

Il a aussi prévu la mise sur pied d’un comité qui devrait faire le bilan avec pour possibilité à chaque partie de faire des propositions ou doléances. C’est ainsi que le gouvernement a demandé une trêve tout en promettant de faire évoluer les engagements et décisions prises. Et cela n’empêchait pas d’aller en grève, si les fédérations constataient par la suite que le gouvernement fait du dilatoire.

Je rappelle que toutes les décisions prises jusqu’aujourd’hui dans le cadre de la gestion de nos structures font objet de débat au niveau de la coordination et les comptes rendus sont mis à la portée de tous y compris les membres de Synpett .

Les vrais responsables de cette situation dans laquelle le monde éducatif est plongé aujourd’hui sont ces personnes tapis dans l’ombre qui ont poussé les camarades dans le précipice. Cependant, le gouvernement a aussi sa part de responsabilité dans cette crise car les décisions prises ensemble avec les syndicats ont connu une lenteur dans l’exécution et nous estimons que l’autorité ferait montre davantage de sagesse et de désir d’apaisement en rapportant les arrêtés pris. Nous saisissons cette opportunité pour plaider en faveur de la levée des sanctions à l’endroit des camarades et à la libération des camarades et élèves détenus.

ATSOU ATCHA Y. ILLETOU »