Infos Togo Satchivi aux enseignants de tout le Togo

""Réveillez vous du coma dans lequel vous ont plongé le duo FAURE - KOKOROKO""

Publié le jeudi 8 avril 2021, par Gabinho

ADRESSE DU GÉNÉRAL FOLY SATCHIVI AUX ENSEIGNANTS - PATRIOTES
Chers Enseignants,

Vous tenez en vos mains l’intelligence et l’âme des Élèves et Étudiants ; de vous dépend, en grande partie, l’avenir de notre Patrie. Votre mission, vous le savez, ne consiste pas seulement à apprendre aux élèves et étudiants qui vous sont confiés à écrire et à déchiffrer une lettre, à lire une enseigne au coin d’une rue, à faire une addition et une multiplication. Ils sont Togolais et ils doivent connaître le Togo, sa géographie et son histoire : son corps et son âme. Ils seront citoyens et ils doivent savoir ce qu’est une Constitution, quels droits elle leur confère et quels devoirs elle leur impose. Enfin, ils seront hommes, et il faut qu’ils aient une idée de l’homme, il faut qu’ils sachent quelle est la racine de toutes leurs misères et comment ils peuvent s’en sortir.

Enseigner est donc, sans doute, une chose très délicate. Je m’y suis frotté et j’en sais un peu quelque chose.
Il ne s’agit pas seulement de préparer et donner des cours, de corriger des copies mais aussi et surtout de préparer les prochaines générations au monde qui les attend, de se transformer en psychologue, en médiateurs, en arbitre, en juge de paix, en conseiller d’orientation, en père et en mère.

Celui qui choisi donc de faire de l’enseignement son métier se condamne à supporter les caprices des apprenants, leurs railleries, leurs sales caractères mais aussi leur indécence. Je me rappelle encore de toutes ces fois que nous nous sommes copieusement moqués de l’accoutrement de nos enseignants, que nous les avons dénigré, raconté des choses pas possible sur eux. Certains de nos agissements leurs sont connus. Mais ils n’ont jamais réagi.
Je vous félicite pour la patience et la maîtrise de soi dont vous faites constamment preuve.

Cela témoigne de votre attachement à cette précieuse profession et de votre volonté de contribuer au développement de notre cher pays.

Chers Enseignants,

Votre passion pour l’enseignement est contagieuse.
Vous ne ménagez aucun effort quand il s’agit de guider et accompagner vos apprenants dans l’univers de l’apprentissage, de les aider à découvrir et exploiter leur potentiel. et de façonner leur vie et leur avenir.

Malheureusement, ces sacrifices et ces immenses services que vous rendez à la communauté ne sont pas estimés à leur juste valeur.

De nombreux enseignants continuent, en effet, d’exercer leur métier avec des contrats inadéquats et pour un salaire inadapté. Vos conditions de vie et de travail laissent perplexe. Les formations et opportunités devant vous permettre d’actualiser vos connaissances ne sont souvent pas au rendez-vous. Le minimum nécessaire à votre épanouissement vous est refusé. Les enseignants volontaires et ceux du privé sont les plus malheureux. S’ils y sont encore, c’est parce qu’il ne disposent encore d’aucune autre alternative.

Au lieu de recruter plus d’enseignants et de construire plus de classes et écoles, ils préfèrent vous charger en vous donnant plus d’heures à accomplir et d’enfants à enseigner.

Ça me fait mal de constater, chaque fois, que je fais un saut à Bè, que la situation lamentable et précaire des enseignants qui m’ont appris à lire, écrire et parler n’a guère évolué. Elles sont devenues même pire qu’avant. Certains d’entre eux vivent toujours dans une pièce avec leurs femmes et enfants. Rares sont ceux qui ont pu louer une chambre salon. C’est bien pourtant le rôle de la Caisse Nationale de Sécurité sociale de construire et de mettre à la disposition des enseignants des logements sociaux. Dommage qu’elle préfère ne penser qu’au bien-être des riches.

L’idéal pour un enseignant marié et père de famille est de vivre dans deux chambres salon. Mais combien d’entre vous peuvent se permettre ce loisir ?

La faim est devenue, pour la plupart d’entre vous, des fidèles compagnons. Deux enseignants volontaires, l’un à Kpélé, l’autre à Kara me confiaient, il y a quelques jours, qu’ils ne perçoivent occasionnellement que 10.000F par mois. C’est triste. Je n’ai pu m’empêcher de verser des larmes.

La recommandation historique OIT/UNESCO de 1966 sur la condition du personnel enseignant et qui fait office de norme pour la profession enseignante est pourtant claire. Les enseignants, où qu’ils soient, doivent être chéris et payés à la hauteur de leur immense contribution.

Mais le régime de Faure Gnassingbé, ayant délibérément choisi d’appauvrir la population afin de mieux l’exploiter refuse de se conformer aux valeurs et principes énoncés dans cet instrument, complété onze (11) après son adoption, c’est-à-dire en 1977 par une autre recommandation, relative aux enseignants du supérieur.

Chers Enseignants,
Vos apprenants, connaissant, désormais, très bien votre situation, évitent, au maximum, de s’engager dans des formations pouvant les conduire vers l’enseignement. Triste et déplorable.
Un noble métier qui n’attire curieusement plus personne, sauf ceux qui ont envie de s’en servir comme passerelle pour échapper momentanément au besoin.

Ce fut mon cas. J’avais une très grande passion pour l’enseignement. Mais celle-ci mouru lorsque j’appris les dures réalités auxquelles étaient confrontés les enseignants. J’étais choqué de constater, à la lumière des informations reçues, qu’un enseignant du primaire ou du secondaire ne peut jamais rouler dans une 4×4 ou acheter un terrain à Lomé ?
Ailleurs, dans les pays qui se respectent, les enseignants sont tenus comme des œufs.

Je n’ai renoué avec l’enseignement que quand les difficultés de la vie Togolaise ne me laissèrent plus d’autres choix. Raison d’ailleurs pour laquelle, je l’ai abandonné dès que j’ai trouvé mieux à faire.

Chers Enseignants,

L’enseignement pourrait redevenir une profession attrayante si vous, hommes et femmes qui en avez fait un véritable ministère, êtes estimés à la hauteur de l’immense service que vous rendez aux apprenants et si votre statut professionnel d’éducateurs était à l’image des énormes conséquences que votre profession a sur notre avenir commun.

il faut vous verser, pour cela, une juste rémunération et vous procurer les outils dont vous avez besoin pour exercer dignement votre métier. Cela exige de mettre en place des politiques qui sauvegardent et renforcent le statut des enseignants, en commençant par vous donnez une place à la table des négociations et un rôle actif dans les décisions qui affectent votre travail.
Pour cela, il faut améliorer l’efficacité et l’efficience des systèmes d’éducation à tous les niveaux.

Cela paraît simple mais iils ne le feront pas. Pas parce que les moyens manquent mais simplement parce qu’ils estiment que plus l’enseignant est pauvre plus il est manipulable. Déplorable n’est-ce pas ?

Vous devez donc vous réveillez du coma dans lequel vous ont plongé le duo FAURE - KOKOROKO. La mission confiée à ce dernier est simple : Tout faire pour vous enlever le droit et l’envie d’aller en grève ; utiliser, s’il le faut, la force et la violence pour écraser vos légitimes et innofensives revendications. Il s’y emploie déjà bien. Je n’ai pas besoin de vous rappeler toutes les mesures fantaisistes et liberticides qu’il ne cesse de prendre pour satisfaire les envies de son maître.

Il a réussi à taire vos leaders syndicaux, devenus aphones depuis un temps.
Mais je vous sais capable de relever ce défi. Le Prof. KOKOROKO n’a pas les épaules et les reins solides pour assumer cette déclaration de guerre. Je le connais mieux que quiconque. Le mouvement enseignant possède en son sein les ressources inexpugnables pour révéler ce défi.

Il va falloir, cependant, vous réorganiser ! J’ignore comment. Mais les expériences vécues me permettent de vous croire capable de cela. Vous l’avez prouvé en 2017, 2018 et un peu en 2020.

A chaque fois que vos leaders ont choisi de se ranger ou de rester passifs et silencieux, vous avez su trouver les voies et moyens pour leur prouver que étiez loin d’être les sots et moutons de panurge qu’ils croient.
Reprenez donc votre bâton de pélerin ! Apprenez, une fois encore, à vos apprenants à se montrer DIGNE. Montrez-leur, par vos actes, ce que signifie réellement ce MOT. Prouvez à Kokoroko et à sa suite que vous n’êtes pas aussi clochardisable qu’ils le pensent !

Ce n’est pas le Politique qui vous parle. Mais le citoyen, le Patriote, las d’assister passivement à la liquidation du système éducatif entamé depuis les années 1990 à travers l’application du programme d’ajustement structurel qui a consacré la privatisation de l’école et la clochardisation des acteurs de ce secteur.

C’est le Patriote qui en a marre de vous voir trembler de peur devant vos apprenants quand il s’agit de convoquer un fait en rapport avec la situation sociopolitique du pays pour expliquer vos cours qui vous parle. Vous savez que la justice est corrompue mais vous avez souvent peur de le dire. Vous savez aussi que notre pays est très mal gouverné mais vous avez peur de l’affirmer devant vos apprenants. On a réussi à vous atomiser. Vous êtes obligés de convoquer des exemples d’autres pays pour étayer vos cours. C’est dommage. Très très dommage

Chers Enseignants,

La Patrie tout entière vous observe. De vous dépendra le choix des milliers d’apprenants qui vous observent. Ils ont également bien envie de faire de l’enseignement un métier. Mais ils ont peur de se retrouver dans le même bateau que vous.
Donnez-leur donc envie !

Permettez-moi, pour finir, de revenir sur un élément important qui me tient beaucoup à cœur.
N’acceptez plus d’enseigner aux élèves les mensonges du genre Djitri a fondé la ville de Lomé, Gustav Nachtigal a signé un traité de protectorat avec le roi Mlappa III de TOGOVILLE, les frères et sœurs Kabyè sont tombés du ciel et avaient, à l’époque, des queues. Les élèves penseront peut-être quand il découvriront la vérité que vous étiez de mèche. Alors qu’il n’en était rien.

Vîve les Enseignants
Pour que vive la Patrie !

Rendez-vous le 01 mai 2021.

Je vous remercie.

Général Foly SATCHIVI