Infos Togo Liberté d’expression menacée au Togo

Patrick Lawson, l’autre frère Coulibaly ?

Publié le vendredi 6 mars 2015, par

Chaque jour que le bon Dieu fait, les responsables de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) montrent leur vrai visage. Hier, c’était Eric Dupuy, le secrétaire chargé à la Communication du même parti qui s’en était pris vertement à Kanal FM, avant-hier, c’était Jean-Pierre Fabre, le président national qui qualifiait sur les ondes de Nana Fm dans l’émission « 12-13 », ses pairs de l’opposition de « lièvres complaisants ». Aujourd’hui, c’est Patrick Lawson, le premier-vice qui s’est transformé en frère Coulibaly avec des menaces et des mises en garde à la radio Victoire FM au cours de l’émission « Auditeur actualité ». A cette allure, la liberté d’expression n’est-elle pas menacée au Togo par ceux qui se disent être les militants du changement ?

« Si ce que tu voudras dire n’est pas plus beau que le silence, abstiens-toi ». Cette sagesse, les responsables de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) doivent se l’approprier pour éviter de tomber à chaque occasion, au cours de leur sortie médiatique, dans ce qu’on peut qualifier sans se tromper, la bassesse d’esprit.
En effet, la sortie médiatique de Patrick Lawson dans l’émission « Auditeur actualité » sur radio Victoire FM, hier jeudi, pour dit-on, clarifier la position de leur parti sur la phrase fétiche « pas de réformes, pas d’élections », a montré le vrai visage de l’ANC et de ses responsables.
Sans état d’âme, Patrick Lawson, celui que d’aucuns appellent le « sage » de l’ANC, qui intervenait par téléphone dans l’émission, s’en est pris vertement au journaliste, Joachim Agbétim, comme quoi, ils ont transformé leur radio en « une machine qui relaie ce slogan (pas de réformes, pas d’élections : ndlr) » que leur parti n’a jamais utilisé. Toute honte bue, il a nié qu’ils n’ont jamais tenu un tel propos. Ne dit-on pas que la politique c’est l’art de mentir ?
Se croyant au moyen-âge, M. Lawson avec un ton aussi belliqueux que haineux, piqué, on ne sait par quelle mouche, est entré en transe en menaçant et la radio et le journaliste avec une série de mise en garde. Patrick Lawson est-il loin des frères Coulibaly qui ont attaqué le journal « Charlie Hebdo » en France ?
L’ancien Lieutenant de l’UFC reproche à la radio de diaboliser l’ANC en lui attribuant de façon répétitive la devise « pas de réformes, pas d’élections ». Seul un sourd muet et aveugle à la fois peut nier que les responsables de l’ANC n’ont jamais dit que « pas de réformes, pas d’élections ou sans réformes, pas d’élections ».
Au moins, Jean-Pierre Fabre a reconnu leurs incohérences et leurs mensonges servis au peuple togolais pendant plusieurs années. « Ce n’est pas le pouvoir qui est fort, c’est nous qui par nos incohérences, nos mensonges, donnons au pouvoir la possibilité de retomber sur ses pieds tout le temps », a-t-il déclaré dimanche dernier sur Nana Fm.
Cette réaction du premier vice-président de l’ANC prouve à suffisance le caractère belliqueux et haineux des responsables du parti, ceux-là même qui prétendent gouverner un jour le Togo. Aujourd’hui, ils n’ont pas encore le pouvoir, et ils se comportent de cette manière, quelle sera leur réaction s’ils accédaient à la magistrature suprême ? A cette allure, Patrick Lawson n’est pas loin des frères Coulibaly qui ont tiré à bout portant et en éliminant physiquement les journalistes de « Charlie Hebdo » en France.
Donc pour ne pas se tromper, on peut conclure que les observateurs avisés qui attribuaient les agressions contre le Président de l’Union des Forces de Changement, Gilchrist Olympio et ses militants au cours de leur meeting, il y a de cela quelques semaines, à Bè-Kodjindji, le Président National du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR), Me Paul Dodji Apévon sur le boulevard Jean-Paul II à Nukafu à sa sortie de la Pharmacie « Providence », « aux talibans et janjawid » de l’ANC avaient raison. Sinon, comment peut-on comprendre qu’un responsable de premier plan d’un parti politique et de surcroit député de l’Assemblée nationale peut s’en prendre à un journaliste, pour la simple raison qu’on ne fait pas l’apologie de « leurs incohérences et de leurs mensonges » comme l’a si bien dit le dimanche dernier le Président dudit parti au cours de l’émission « 12-13 » sur la radio Nana FM ?
Aujourd’hui, il est clair que l’ANC est un parti politique qui aime le culte de la pensée unique et menace la liberté d’expression au Togo. Que deviendra la liberté d’expression ou la liberté d’opinion quand notre « cher super parti démocratique des meilleurs opposants du Togo, ANC », accèdera au pouvoir ?
F.S