Infos Togo Salaire de misère, 10 ans sans contrat de travail…

Les travailleurs de Diamond Cement à Dalavé haussent le ton et réclament une implication du Chef de l’Etat

Publié le mercredi 30 juin 2021, par Gabinho

Travailleurs permanents comme ceux recrutés par les tâcherons et mis à disposition de Diamond Cement par les Sous-traitants, soit environ 200 agents, ils observent à compter de ce jour et ceci pour 72 heures, une cessation de travail. C’est un mouvement d’humeur qui fait suite à un préavis de grève déposé sur la table de l’employeur depuis le 15 Juin 2021.

Ces travailleurs regroupés au sein de SYDEMINES (Syndicat Démocratique des Mines du Togo), dénoncent les conditions de travail et réclament une révision à la hausse de leur salaire qu’ils jugent au vue de ce qu’ils endurent, dérisoire. Aussi réclament-ils plus d’égard de la part de leur employeur. De ce qu’on pouvait lire du contenu du préavis de grève, on en retient que, les « difficultés touchent toutes les catégories de travailleurs présent à DCT (Diamond Cement Togo, ndlr). Pour ce qui concerne les travailleurs embauchés par l’intermédiaire des tâcherons, leur souffrance est énorme. Ils sont privés de tous les avantages et primes attachés à leurs emplois ».
Et accuse-t-on, « cette situation est soigneusement entretenue par l’absence de contrat de travail écrit dans les règles de l’art ».

Dans la narration de la situation vécue dans cette usine de fabrication de ciment pour les constructions au Togo, par un des grévistes, « en lieu et place, ce sont des contrats de travail à durée déterminée sans aucune considération qui sont imposés à ces travailleurs pourtant employés à la maintenance et à la production de DCT c’est-à-dire des activités qui n’ont de fin que la fin de DCT s’il y en a ». Une situation qui dure depuis 2010, alors que les salaires refusent toujours de grandir au moment même où la production prend toujours de l’ampleur. A en croire les travailleurs, ils en sont arrivés à cette grève malgré les menaces de licenciement, parce que, « approché, à plusieurs reprises avec la légitime revendication des travailleurs pour un CDI (Contrat à Durée Indéterminée) », après plus de 10 ans de travail, « les tâcherons ont montrés leurs limites en gardant le silence ». Chose curieuse, des dires des travailleurs rencontrés sur leur lieu de mouvement ce Mercredi matin sur la route menant à Dalavé par un de nos reporters, non plus les travailleurs directement embauchés par DCT n’en sont pas au bout de leur peine. « Les travailleurs embauchés directement par DCT leur difficulté vient du fait qu’ils sont payés sur la base des minimas interprofessionnels du Togo, ce qui contraste avec le potentiel économique du secteur cimentier dans lequel DCT évolue. Cela contraste également avec le degré de risque lié à cet environnement et l’importance des exigences qu’il requiert de la part des travailleurs.

Présent aux côtés des travailleurs de DCT, le Secrétaire général Adjoint de SYDEMINES, Kodjovi Messan Sédonou, a confirmé les complications que vivent les travailleurs de cette cimenterie, qui malgré toute la disponibilité affichée à s’asseoir autour d’une table de dialogue avec l’employeur se heurtent à du marbre. Aussi, a-t-il dénoncé les informations qui leur sont parvenues sur le site de la grève indiquant que l’employeur, pour saper le mouvement de grève a décidé de déployer le personnel « indien » de l’usine aux autres postes occupés par les grévistes pour faire tourner les machines et les différentes sections. S’il félicite au passage l’inspection du travail de Zio pour toutes les démarches entreprises pour amener la direction de DCT à entendre raison, le responsable de SYDEMINES en appelle aux plus hautes autorités du pays à poser un regard sur la situation délictueuse de ces compatriotes togolais qui subissent des difficultés insupportables malgré l’ancienneté et « la hausse régulière et soutenue des prix de tous les produits de premières nécessités dont les denrées alimentaires, et de tous les biens en général » au Togo.

Un appel de M. Sédonou qui vient appuyer celui des travailleurs qui formellement ont appelé le chef de l’Etat togolais, Faure Gnassingbé, à entendre de façon favorable leur cri de détresse, eux qui ploient sous le poids de leur travail sans pour autant vivre de ce travail.

En cas de non satisfaction de leurs doléances, les travailleurs disent être disposés à durcir le ton de leur grève, pour se faire entendre. Qu’en sera-t-il ? Bien malin sera celui qui pourrait prédire avec exactitude ce qui adviendrait.

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