Infos Togo Togo-Vente de carburant frelaté

Les agents des forces de l’ordre et de sécurité aux trousses du jeune Karamoua Bouhari

Publié le vendredi 19 juin 2015, par Gabinho

La localité de Kétao, à environ 470 km de Lomé, est un véritable carrefour commercial, où affluent des populations venant du Burkina Faso, du Ghana mais également du Bénin dont la frontière se veut particulièrement plus proche que les deux autres pays limitrophes du Togo, précités. Mais loin de ce statut de carrefour commercial, c’est toute une autre réalité quant à la disponibilité des infrastructures et surtout des stations d’essence. Et donc comme seule alternative pour les populations, comme c’est d’ailleurs le cas de bien d’autres villes de l’intérieur du Togo, c’est par le commerce du carburant frelaté que les jeunes gens viennent en aide aux populations en s’investissant dans ce commerce à risque mais également en se mettant à dos le gouvernement togolais qui, sans apporter de solution, a ouvert un champ de bataille contre les vendeurs de carburant frelaté. Les nombreux communiqués du gouvernement sur cette activité commerciale et les bilans parfois macabres relatifs à la répression sanglante et mortelle des policiers et gendarmes togolais contre cet autre genre de commerçants, en disent long.
C’est dans cette chasse aux vendeurs de carburant que le jeune Karamoua Bouhari a eu le malheur de croiser le chemin des agents des forces de l’ordre et de sécurité qui en veulent finalement à sa vie, obligeant le jeune homme à prendre la clé des champs pour sauver sa vie.
Les faits
Les faits se produisirent le 05 Mai 2015 à Kétao, frontalière avec le Bénin. En effet, le jeune Karamoua Bouhari, tailleur de son état, face aux difficultés de la vie, converti à la vente de carburant frelaté dans un premier temps pour rendre service aux usagers de la route qui ont des engins à moteur (motos et voitures), et ensuite, pour joindre les deux bouts dans un pays où de par la mauvaise gouvernance, la vie est devenue chère, se verra surpris de constater qu’il y a à ses trousses, des agents des forces de l’ordre et de sécurité qui voulaient porter atteinte à sa vie. Pourchassé depuis son lieu de vente du carburant au bord du goudron, jusque dans son dernier retranchement, sa maison où il avait entre-temps trouvé refuge, il devra très vite quitter cet abri provisoire, en passant par la fenêtre de sa chambre, pour la brousse où il a dû finalement passer la nuit avant de prendre une direction, qui jusqu’ici est inconnue, même de ses proches parents et amis. De peur à y laisser des traces à la soldatesque togolaise qui n’hésitera pas à aller le chercher partout où besoin se fera sentir et en finir avec lui.
Son seul tort sera de s’adonner à ce commerce, et d’attiser l’envie et la jalousie de certains dans son entourage qui n’ont pas hésité à le saboter et à colporter des mensonges à son compte dans le but uniquement d’alourdir son cas près des forces de l’ordre et de sécurité. Est-il aujourd’hui encore en vie ou pas ? Ces « pourchasseurs » l’ont-ils rattrapé et lui ont-ils fait la peau ? Est-il parvenu à les échapper pour de bon ? Ce sont là autant de questions qui sont restées sans réponse de la part de sa proche famille quand, saisie par ce cas qui sort de l’ordinaire, notre rédaction s’est rapprochée de la famille pour en savoir un peu plus ce qu’il en est finalement. Pour toute réponse, un membre nous signifiera tout simplement qu’ils sont sans nouvelle de leur fils, et n’a pas caché toute son inquiétude sur le sort qui pourrait être réservé à ce jeune débrouillard qui n’avait pour ambition que de trouver le peu qu’il faut pour satisfaire ses besoins quotidiens.
Il est à noter que, à part Karamoua Bouhari, nombreux ils sont ces jeunes togolais qui pour un oui ou pour un non, sont mis en joute par les forces de l’ordre et de sécurité, surtout à la sortie de l’élection présidentielle d’Avril dernier.
T228