Infos Togo Haine, compétition, défiance au sein d’UNIR

La guerre sera longue au sein d’UNIR

Publié le lundi 27 septembre 2021, par Gabinho

Le 14 septembre dernier, le Parlement togolais a voté à l’unanimité la cinquième prorogation de l’état d’urgence sanitaire en vigueur au Togo depuis le 02 avril 2020. Mais contrairement aux six mois demandé par le gouvernement, les parlementaires ont décidé d’accorder douze mois à l’exécutif aux termes d’un débat houleux entre le Premier Ministre et certains députés du parti au pouvoir. Le dernier épisode d’un profond conflit latent entre les différents courants du parti qui commence à s’extérioriser.
Avec une confortable majorité au parlement et des députés dites d’opposition mais dont les familles politiques ne sont que des ailes marchantes du pouvoir , les désidératas du gouvernement passent à l’hémicycle comme une lettre à la poste. Et c’est la raison justement qui a rendu, la scène du 14 septembre dernier inédite. Selon le confrère Togotopnews, dès l’entame des travaux, la député Bernadette Leguezim-Balouki de Unir a suggéré une prorogation d’un an. « Ce serait plus efficace qu’il y ait plutôt une prorogation d’un an », a-t-elle proposé en réponse à la demande de six mois de la Cheffe du gouvernement, Victoire Tomégah-Dogbé. Une proposition soutenue par Aklesso Atcholé, le président de ce groupe parlementaire.

« Quand nous voyons les ambitions affichées pour notre pays, si on continue un an, deux ans de cette manière, on ne pourra pas atteindre le taux de croissance souhaité », s’est opposée la Cheffe du gouvernement, trouvant donc curieux la proposition des députés de son propre groupe politique.

Le débat a commencé par s’enliser quand la présidente du parlement a décidé d’une première pause de 10 minutes pour une concertation. De retour dans l’hémicycle, Unir s’est campé sur sa position. « L’état d’urgence sanitaire, c’est pour permettre au gouvernement de mieux programmer ses actions. 12 mois, à mon avis n’est pas excessif et je voudrais maintenir ma position », a réitéré Bernadette Leguezim-Balouki.

Du côté de l’exécutif, le premier ministre a commencé par fléchir. « Si jamais il doit avoir une autre décision qui porte ce délai au double, il nous faut au niveau du gouvernement réétudier la question pour voir les impacts avant de se plancher là-dessus », a indiqué Victoire Tomégah. Et de demander une pause d’une heure pour plus de réflexion.

A la reprise, l’exécutif annonce qu’il se plie et se remet à « la grande sagesse de la représentation nationale », a affirmé la Cheffe du gouvernement.

Unir, deux camps à couteaux tirés….

Au-delà d’un débat entre les parlementaires et l’exécutif, la dernière prorogation de l’état d’urgence sanitaire a mis en lumière, tant soit peu, les antagonismes des factions en conflit au sein de la maison bleu turquoise. Un conflit sur fond d’envie et de défiance. Les uns dans leur légendaire logique hégémonique, conservateur et identitaire qu’on nomme abusivement les caciques et les autres qui sont les intellectuels et jeunes, majoritairement du sud cooptés par le patron et qui sont les nouveaux seigneurs aux affaires.

En effet, la contre-proposition du Groupe parlementaire Unir portée d’abord par Leguezim-Balouki et soutenue par Aklesso à la demande initiale de six mois introduite par le Première ministre a été une occasion pour les caciques de mettre Victoire Tomégah-Dogbé à l’épreuve de leur défiance. Eux qui n’ont jamais supporté ces crans de plus en plus puissants gagnés par Dame Tomégah auprès du Président de la République.

Il nous revient que pour une des rares fois, dans les pratiques du pouvoir cinquantenaire, Da victo a eu, du patron, carte blanche pour composer à 80% l’actuel gouvernement en place. Un privilège qui n’a fait que faire fermenter un peu plus la haine des hégémonistes vis-à-vis de la dame de Badougbé qui depuis 2008, date de son accession au poste de directrice de cabinet du Président de la République, elle ne fait que faire ombrage aux libertés de Peto des caciques.

Et le 14 septembre dernier était pour eux une occasion de lui faire goutter à leur capacité de défiance.

Mais l’ironie, à la faveur des esprits libres, est que Dame Tomegah et son club sont également de légendaires réfractaires aux débats non alignés parce que obnubilés par les faveurs de notables qu’ils ont aujourd’hui auprès du patron. Conséquence, la chef de file des nouveaux barons a vite fait de perdre les pédales sous la pression emmerdeuse des ogres du camp d’en face rejoints dans leur besogne par la présidente du parlement. « On ne va pas détruire un seul vaccin périmé parce que le vaccin ça coûte cher »… « Nous avons fait de la pédagogie jusqu’ici, nous devons commencer par faire peur »… et patati patata. Madame le Premier ministre n’a pu éviter la gaffe.

N’ayant pas réussi jusqu’à ce jour à sortir de leur gorge cette arête qu’est la dissolution du Rpt qu’ils ont toujours considéré comme leur fétiche identitaire, la volonté de Faure Gnassingbé d’attirer à lui de nouveaux adhérents, plus jeunes, plus polissés et plus ouverts à un réel professionnalisme a été le calice que ces mamouths supportent tous les jours. C’est alors que la coexistence entre les anciens et les nouvelles figures est devenue une épreuve quotidienne que le parti s’est évertué jusque là à cacher aux yeux du public. Mais le 14 septembre n’a pu échapper à la salve d’annonce qui était jacente depuis des lustres.

Au nom de l’intensification de la lutte d’influence autour de l’héritier du 05 avril 2005 certains caciques ont commencé par briser le mur de la discipline et de l’omerta dont ce parti se vante tant. Et ce ne serait que le début confie une source. La haine, la compétition et le cynisme étant les règles d’or dans cet alliage qu’on appelle Unir ou encore la grande maison.

Source : Fraternitenews.info