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La DMK crie sur le gouvernement et appelle Faure Gnassingbé au secours

Publié le vendredi 5 août 2022, par Gabinho

Face à la presse ce vendredi après-midi au siège de la CDPA, la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK) a fait savoir que le Président de la République Faure Gnassingbé doit payer un prix pour positivement marquer l‘histoire.

« Monsieur Faure Gnassingbé doit s’affranchir d’un entourage ombrageux et d’une vision autocentrée à court terme, pour chercher une solution durable pour le Togo. C’est le prix à payer pour qu’il entre dans l’histoire par la grande porte », peut-on dire dans la déclaration liminaire en dessus présenté en intégralité.

Cette demande, Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson et ses camarades de lutte l’ont adressée au chef de l’Etat après avoir présente le contenu de leur rencontre avec le gouvernement hier au sujet du terrorisme.

CONFERENCE DE PRESSE DE LA DYNAMIQUE MON SEIGNEUR KPODZRO (DMK)

DECLARATION LIMINAIRE

Mesdames et messieurs les journalistes, soyez les bienvenus à la conférence de presse de la DMK de ce 5 aout 2022.

L’actualité socio-politique et sécuritaire du pays amène encore une fois la DMK à s’adresser au peuple togolais à travers la presse nationale et internationale.

Comme vous le savez le régime en place a initié le 4 août 2022, une réunion d’information sur insécurité et l’extrémisme violent Certains partis membres de la DMK ayant été invités, nous avons rendu public un communiqué annonçant la nouvelle aux populations togolaises et les informant que des représentants de ces partis iraient écouter les organisateurs de la réunion et reviendraient leur rendre compte.

La Conférence de presse de ce jour vise d’abord à rendre compte comme promis, au peuple togolais de la rencontre du 4 aout que nous qualifions d’une fuite en avant et une instrumentalisation de la grave question sécuritaire à laquelle notre pays est confrontée Ensuite en deuxième partie, la DMK imperturbable, sonnera le tocsin afin que le régime et les partis de l’opposition prennent leurs responsabilités pour éviter le pire à notre pays qui connait une crise sociopolitique grave sur laquelle est venue se greffer la récente crise sécuritaire.

1-Une fuite en avant et une instrumentalisation de plus, qui ne doivent pas divertir les togolais.

Si le sage sollicité, ne rejette jamais a priori d’écouter son interlocuteur, rien ne l’oblige à donner suite à l’information reçue Conformément à cet adage de chez nous, et comme annoncé dans le communiqué de la DMK du 4 août 2022, 4 représentants des partis membres de la DMK se sont donc rendus à la réunion d’information sur l’extrémisme violent à laquelle ils ont été invités. Après le mot d’introduction de la première ministre, le thème principal de la réunion a été décliné en 3 sous thèmes qui ont fait l’objet d’exposés de la part des organisateurs l’état de sécurité au Togo, l’état d’urgence sécuritaire, le plan d’urgence dans les savanes Les idées principales ressortant des interventions sont les suivantes :

 Un appel à l’unité, à la collaboration et une référence à un pacte entre acteurs politiques ;

 Les forces de défenses font face aux attaques dans les savanes, mais ont malheureusement commis une bavure qui a couté la vie à 7 de nos enfants ;

 Bien que l’état d’urgence ait été décrété uniquement dans la région des Savanes, y a sur toute l’étendue du territoire une interdiction de manifestations politiques et citoyennes, notamment des meetings et marches ;

 Des actions d’urgences sont menées dans la région des savanes pour un montant total de 259 milliards.

Suite aux exposés, l’opportunité a été donnée à l’assistance de poser des questions Les représentants des partis membres de la DMK ont saisi cette perche pour demander la libération des détenus politiques, la levée des poursuites contre les leaders de l’opposition et le règlement des questions sources de frustrations préjudiciables à l’unité, à la collaboration et à la cohésion auxquelles le régime ne cesse d’appeler. L’exemple des problèmes fonciers que pose la décision de l’implantation d’un camp militaire dans le Danpken a été donnée.

La DMK dénonce une énième fois, au lendemain de cette rencontre, la persistance manifeste du régime à vouloir ignorer, diviser et décapiter la première force politique d’opposition se battant à ce jour pour que le suffrage des citoyens sache respecté et qu’il y ait alternance dans notre pays.

La réunion du 4 août est une simple rencontre d’information que le régime a organisée mais qu’il tente déjà de présenter à l’opinion publique nationale et internationale, comme une rencontre d’échanges et de discussions, voire de dialogue avec la classe politique de l’opposition. Mais les populations togolaises qui s’expriment sur les médias sur la réunion du 4 aout ne sont pas dupes !

Le régime vient d’échouer encore une fois dans sa fuite en avant et l’instrumentalisation de la crise sécuritaire en vue de divertir les togolais et de se maintenir au pouvoir.

2. Il est temps pour le premier responsable qui se maintient à la tête de ce pays de prendre des initiatives pour engager avec son opposition de véritables discussions sur les enjeux vitaux des togolais et du Togo.

Pour la DMK, le Togo est à la croisée des chemins et il faut un sursaut patriotique sincère pour recoudre le tissu social et faire face efficacement au problème d’insécurité auquel il est confronté En effet, aujourd’hui, les populations togolaises sont confrontées à plusieurs difficultés, en l’occurrence, la vie chère et la détresse sociale, les violations des droits humains fondamentaux et des libertés publiques et politiques, une contestation sérieuse de l’élection présidentielle du 22 février 2020, difficultés auxquelles se sont ajoutés les problèmes d’insécurité.

La vie chère et la détresse sociale

La DMK estime que la vie chère trouve ses origines dans la gouvernance économique et politique, notamment, les choix d’investissements économiques, l’inflation très mal maitrisée au Togo, la faiblesse des revenus, la corruption ; la pression fiscale, etc.

En effet, depuis la dernière élection présidentielle du 22 février 2020 qui a vu une fois encore la victoire du peuple confisquée, le gouvernement de Monsieur Faure Gnassingbé ne cesse de trouver les occasions pour renforcer la dictature. Cette situation le pousse à orienter ses priorités dans les domaines qui peuvent lui garantir sa propre sécurité tout en développant des stratégies de propagande inutiles et coûteuses pour les citoyens. Les ressources du pays sont ainsi utilisées à des fins de corruption et de ripolinage d’un régime perçu partout comme indésirable Aussi, les tenants du pouvoir sont-ils prêts à tout concéder à ceux qui peuvent leur garantir leur maintien au pouvoir. Nos principaux moyens de production des richesses économiques nationales sont ainsi passés aux mains des étrangers qui rapatrient la plupart de nos ressources financières. Le résultat en est que le pays est niche mais les richesses sont confisquées pars des groupes prédateurs assistés d’une minorité. Pour pouvoir disposer des ressources et assurer les dépenses essentielles de L’Etat, le gouvernement est obligé de saigner les pauvres populations par des créations des taxes supplémentaires et l’augmentation de celles déjà existantes. La crise sanitaire à COVID 19 et la guerre d’Ukraine n’ont fait qu’amplifier les conséquences d’une mauvaise gouvernance que les Togolais ont toujours décriée.

La DMK estime que pour juguler la flambée des prix et lutter de façon plus efficiente contre la vie chère, il faut de manière consensuelle prendre des mesures audacieuses comme baisser les prix du carburant à la pompe, annuler les hausses des taxes, réduire le train de vie de l’Etat, annuler les élections régionales, supprimer le sénat, décider un abattement conséquent sur les frets maritimes et aériens pour le calcul des droits de douanes à liquider prendre des mesures drastiques contre le pillage des ressources publiques et la corruption augmenter les salaires comme exigent le corps médical et les enseignants qui n’ont comme réponse que la répression, élaborer et adopter un plan de soutien aux entreprises formelles et informelles, publier le coût des mesures.

La violation des libertés et des droits humains.

La DMK observe que depuis plus de 50 ans, le régime se maintient légalement au pouvoir en se servant du monopole de la violence d’Etat, dont il use pour confisquer par le bais d’élections instrumentalisées et tronquées les institutions du pays, en l’occurrence la présidence, l’assemblée nationale, les conseils municipaux, la cour constitutionnelle, la cour suprême, la cour des comptes les administrations centrales déconcentrées et décentralisées, etc.

Fort de la légalité qu’il s’est octroyé, le régime restreint les libertés publiques, d’opinions et de presse A ce titre, nombre de personnes sont dans les prisons pour avoir manifesté ou exprimé des opinions contre la gouvernance politique et économique. Aux lendemains des élections du 22 février 2020, pour étouffer les velléités légitimes de contestation de la victoire de Gabriel Messan Agbéyomě KODJO, les restrictions de libertés n’ont cessé de croitre Aujourd’hui plusieurs togolaises et togolais se retrouvent en prison pour des critiques du système et d’autres y sont pour avoir exercé leurs droits syndicaux il faut aussi noter que plusieurs acteurs politiques sont en exil pour des raisons politiques.

Pour la DMK, il est aujourd’hui clair que cette situation insoutenable ne peut plus perdurer.

Le contentieux électoral des élections présidentielles du 22 février 2020

Depuis le vote de notre constitution, les résultats des élections ont été toujours contestés Le Togo s’illustre désormais dans le monde par ses cycles élections, violences et dialogues. Un spectacle qui décrédibilise tout scrutin au Togo. Au cours du dernier en date, celui de l’élection présidentielle du 22 février 2020, la légalité a une fois encore instrumentalisé la légitimité.

Cette situation ne peut et ne doit plus durer La classe politique doit rechercher et trouver une solution définitive à cette élection et partant aux processus électoraux futurs au Togo.

L’insécurité

Notre pays a subi en l’espace de quelques mois, plusieurs attaques meurtrières d’assaillants terroristes. Pour enrayer ces agressions répétées et qualifiées de terrorisme, la réponse des autorités en place est militaire, mais elle fut précipitée au point d’entrainer une bavure occasionnant sept morts d’adolescents.

Pour venir à bout d’agressions terroristes avérées, certes, la DMK est consciente qu’il faut que la nation togolaise devienne une réalité et reste soudée derrière les forces de défense et de sécurité. Mais cette vérité tautologique ne peut s’imposer dans un Togo au tissu social en lambeau à cause des crises sociopolitiques récurrentes depuis plus de 30 ans et aussi du comportement de l’armée togolaise qui s’illustre plus par la répression des togolaises et togolais, manifestant leurs désapprobations de la gouvernance économique et politique du régime. Pour la DMK, on ne peut régler cette crise qu’à travers un consensus national.

Que faire ?

Pendant que les Togolaises et togolais croupissent dans la misère sous les problèmes économiques et politiques, auxquels il faut ajouter des problèmes sociaux relatif aux fonciers, à la chefferie traditionnelle, la classe politique en générale reste clivée en deux et l’opposition au régime se complait dans une lutte intestine sans aucun fondement idéologique.

Pour la DMK, il faut réagir et refonder le Togo ici et maintenant.

Pour ce faire, la DMK invite le régime en place à un sursaut patriotique

Monsieur Faure Gnassingbé doit s’affranchir d’un entourage ombrageux et d’une vision autocentrée à court terme, pour chercher une solution durable pour le Togo. C’est le prix à payer pour qu’il entre dans l’histoire par la grande porte.

L’opposition patriotique doit se surpasser pour poursuivre ensemble un seul objectif « démocratie d’abord, multipartisme ensuite ».

Les togolaises et togolais qui rêvent de l’alternance depuis plus de 50 ans doivent dépasser leurs rancœurs légitimes.

M. Faure Gnassingbé doit prendre ses responsabilités pour créer les conditions pouvant induire une lutte collective et patriotique contre le terrorisme dans notre pays. A cet effet il doit :

 libérer immédiatement et sans conditions tous les prisonniers politiques et cesser toute poursuite ou harcèlement contre les acteurs politiques, les journalistes et les syndicalistes
 Décréter une amnistie pour le retour des exilés politiques en toute sécurité, et mettre fin aux poursuites judiciaires en cours contre les responsables politiques et syndicaux
 Engager des discussions autour des points suivants : - Les mesures efficaces pour enrayer la vie chère au Togo, - Le contentieux électoral né de l’élection présidentielle du 22 février 2020 - Les droits de l’homme et les libertés publiques et de manifestations telles que consacrées par notre constitution.

Aussi longtemps qu’il n’y aura pas discussions sérieuses sur les sujets préoccupants énoncés, la DMK et les populations togolaises ne se sentiront pas concernées par l’alliance nationale contre le Terrorisme que tente de vendre le régime.

Ne nous voilons plus la face, seules ces mesures permettront de construire l’unité et la cohésion dont nous avons besoin pour envisager l’avenir du Togo notre cher pays avec sérénité et faire face aux ennemis externes.

Voilà pourquoi la DMK entend initier dans les jours à venir des démarches vers les acteurs politiques de l’opposition et la société civile ainsi que la diaspora, en vue d’une adhésion autour de cette plateforme minimale pour renforcer une dynamique propice à la refondation de notre pays.

Fait à Lomé, le 5 Août 2022
La Conférence des Présidents