Infos Togo Togblékopé / Litige foncier entre le Libanais Al Keedy et une collectivité autochtone

Des membres de la Collectivité Agouklé accusent, l’ancien député ANC, Kossi Dra, récuse

Publié le jeudi 19 août 2021, par Gabinho

Le Togo serait-il devenu la propriété des étrangers qui, à tout va, font main-basse sur des terrains des populations autochtones avec la complicité de certaines brebis galeuses ? C’est la grande interrogation qui se soulève, à entendre le pan du contenu d’un litige foncier qui opposerait la Collectivité Agouklé de Togblékopé et le Libanais Habib Al Keedy.
Selon l’exposé des faits fait par des supposés responsables de la Collectivité hier Jeudi au cours d’une rencontre avec la presse, le Libanais précité occuperait, avec la complicité d’une minorité des membres de la collectivité, à la tête de laquelle se trouverait l’ancien député ANC (Alliance Nationale pour le Changement), actuellement Conseiller municipal dans Agoè-Nyivé 1 et président de la Commission des affaires domaniales de cette commune, Sévérin Kossi Sévéamenou Dra, une cinquantaine d’hectares, sans l’aval de cette collectivité fondatrice du canton de Togblékopé.
Si le nommé Nicolas Kokouvi Kpodo présenté comme le mandataire titulaire de la Collectivité Agouklé, ainsi que certains de ses pairs, membres de la collectivité dénoncent cette main-basse qu’aurait fait le Libanais à coup de corruption et de diverses contorsions, avec la complicité du député Dra, sans égard aucun aux décisions de justice dont l’une d’entre elles ordonne la cessation de toute activité sur les terrains objet de litige jusqu’à ce que les familles membres de cette collectivité, propriétaire des terrains ne s’accordent, ils fustigent également l’implication du Chef canton de Togblekopé, Togbui Kpodo Dra Victor.
« Un blanc (Le Libanais, ndlr) a occupé nos terres sans que les ayant-droits ne soient avisés. Tout est détruit sur les terres. Malgré la décision de cessation de travaux prononcée par la justice togolaise, le blanc poursuit tranquillement les travaux avec de gros engins. C’est un litige foncier flagrant qui écœure toute la population. Le blanc est aidé par une minorité familiale qui essaie de manipuler toute la famille. Cette minorité vend les terres à l’insu du mandataire titulaire de sorte qu’aujourd’hui, les ayant-droits ne peuvent plus jouir des fruits de ces terres léguées par les aïeux », a narré Nicolas Kokouvi Kpodo, peiné de voir ses frères et sœurs qui exploitaient certaines de ces terres objets du litige avec le Libanais autrefois pour la culture de canne à sucre, et des légumes, pour survenir à leurs besoins vitaux, dans le désarroi et une précarité sans pareille.
Il est encore plus écœuré de ce que ses propres frères en soient arrivés à cette fin de brader sans l’avis de la collectivité et du mandataire qu’il est, pour une durée de 40 ans sans penser à ce que deviendraient leurs autres frères et sœurs membres de la collectivité qui exploitaient ces terres pour survivre. « Ils ont conclu avec celui-ci une convention de 40 ans, sans que personne ne voie la couleur de ce contrat. Ils sont même incapables de nous dire le montant reçu », a-t-il émis avec regret.
Aussi, les responsables de cette collectivité qui ne demandaient que la rétrocession de leurs terres, ont mis à nu la ruse qui avait consisté au départ à faire distiller au sein de la famille et de la population que le Libanais venait pour mettre en œuvre un projet gouvernemental de culture de riz, alors qu’il n’en était rien de tout ça, vu les remblais effectués jusqu’alors et qui n’ont rien à voir avec des travaux d’installation d’une rizière.
Se tournant vers les autorités administratives, politiques et judiciaires, et au premier rang le Chef de l’Etat, au travers de sa plainte intitulée « Entrave au bon fonctionnement de la justice », la Collectivité Agouklé, du moins ses membres qui animaient cette rencontre avec la presse, s’attend à la délivrance d’un sursis à l’exploitation frauduleuse. « On ne peut occuper frauduleusement une terre au Togo et ne pas être puni. Nous attendons un sursis à l’exploitation frauduleuse afin que chacun de nous puisse jouir des fruits de nos terres », a confié le ‘‘Mandataire titulaire’’.
Il est à noter que cette sortie du supposé responsable de la Collectivité et des représentants des autres familles membres de la collectivité fait suite à l’échec des diverses tentatives de ramener, et d’abord les membres de la minorité qui serait à l’origine du bradage des terres à la raison, et ensuite faire comprendre au Libanais en question les défaillances dans l’acquisition de ces terres objets de litige.
Le député Sévérin Kossi Dra, reçu au téléphone dans la soirée d’hier Jeudi, quelques heures après la tenue de cette conférence de presse, a laissé constater que « de la première à la dernière ligne les organisateurs de cette rencontre avec les hommes de médias ont raconté des balivernes » et que rien de vrai n’est contenu dans leur narration des faits. Il accuse à son tour le supposé responsable de la Collectivité Agouklé, Nicolas Kokouvi Kpodo, d’ « usurpation de titre », car d’après lui, il fut certes mandataire de la collectivité mais il serait « révoqué suite à des malversations », et ferait des pieds et des mains devant les juridictions pour que la décision de sa révocation par les membres des familles de la collectivité soit annulé, alors même que c’e fut ces derniers qui l’avaient choisi comme mandataire et d’après lui, sont bien en droit de le révoquer. Et parlant des propriétaires terriens pour lesquels ils disent prendre la défense, fait constater le député et actuel Conseiller municipal dans la Commune d’Agoè-Nyivé 1, il indique que c’est « librement et sans contrainte que ces propriétaires ont cédé leur terrain », balayant ainsi du revers de la main, toute accusation de main-basse sans consentement. Toutefois, il annonce une sortie médiatique, à son tour pour préciser les choses par rapport à ce prétendu litige foncier qui secouerait la localité de Togblékopé.
Bon à suivre !

Pacôme S.

N.B : En image, des membres de la Collectivité Agouklé, au cours de la conférence de presse