Infos Togo Covid-19 / Quand un "buveur de lait" réagit aux menaces d’ "un autre buveur de lait"

Gerry Taama recadre Ihou Wateba

Publié le lundi 15 mars 2021, par Gabinho

Dans le cadre de l’initiative Covax, Mercredi dernier le Togo a lancé sa campagne de vaccination suite à la réception gratuite de 156.000 doses du vaccin AstraZeneca dimanche surpassé. Néanmoins, les Togolais développent un esprit de réticence vis-à-vis de ce vaccin dont l’administration est suspendue par précaution dans certains pays européens à l’instar du Danemark, Norvège, Italie… et récemment l’Irlande à cause des problèmes de coagulations chez les patients.

Devant une telle réticence de la population due à des craintes relatives aux effets secondaires du vaccin, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Ihou Wateba par contre, a tenu vendredi dernier des propos intimidants à l’endroit de la population réticente sur la chaîne nationale TVT, « Tu as le diabète, tu dis que c’est les fakes news, vas-y. Si tu arrives à Kégué (lieu de prise en charge des malades de coronavirus-ndlr) avec forme grave, nous allons te faire une ordonnance. Les 500 mille francs CFA par jour-là tu vas les payer (…) », a fait savoir ce membre du Conseil scientifique.

Touché par ces propos malveillants qui vont à l’encontre du mot d’ordre « la vaccination n’est pas une obligation », le président national du Nouvel engagement togolais (NET) recadre le ministre . « Non, monsieur le ministre Ihou, ces menaces sont totalement déplacées », a souligné le député.

Chaque citoyen est libre de s’interroger sur des choses dont il doute, c’est d’ailleurs un droit légitime.

« Et de quoi s’agit-il ? Il s’agit pourtant d’un vaccin dont l’admission vient d’être suspendue dans plusieurs pays. Les gens ont le droit d’être inquiets, de se poser des questions. C’est tout à fait légitime. Il s’agit de nos vies et de celles de nos proches. Le sida est mortel, et il y’a un médicament, mais on n’a jamais forcé tout le monde de se faire tester, et même quand quelqu’un est testé positif, on ne l’a jamais forcé à prendre les médicaments, pourtant il peut continuer à contaminer les gens. C’est de ça il s’agit. Nous restons encore responsables de nos corps. Laissez-nous cette liberté-là, au moins. Abawoé ! », a-t-il mentionné.

Et de poursuivre, « Soyons raisonnables. C’est par la pédagogie, le sens de l’écoute et la communication affable qu’on amènera les Togolais à aller se faire vacciner, et non les menaces. Je suis diabétique, mais j’ai plus de risques de mourir d’un avc, d’une insuffisance rénale, d’une crise cardiaque que par la covid-19 au Togo. Et si j’ai une insuffisance rénale, il n’y a aucune prise en charge pour faire face à cette maladie. Ça aussi, C’est la vérité. Comme je l’ai expliqué dans une précédente publication, en 2020, c’est environs 5000 contaminés de covid-19 et de malades de cancer : nous avons eu 2000 morts de cancer contre 88 de covid-19. Et nous n’avons toujours qu’une seule oncologue au Togo. Dois-je augmenter le volume ? »

Et pour conclure, Gerry Taama invite le gouvernement a faire usage des expressions convaincantes dans la communication. « Le gouvernement devrait revoir sa communication en termes d’incitation à aller se faire vacciner. Empathie, pédagogie, simplification, voilà les trois mots qui me viennent à l’esprit », a-t-il exhorté.
Severin A.