Infos Togo Crise politique de 2005

Empêchées de rencontrer le ministre Esaw, les victimes ne décolèrent pas

Publié le mercredi 18 mars 2015, par

Bien que l’accès à la devanture du ministère de la Justice, leur soit refusé pour la tenue de leur sit-in, les victimes de la crise politique de 2005, ont pu se regrouper pour faire passer leur message.
Soutenues par le Collectif des Associations Contre l’Impunité au Togo (CACIT), ces victimes organisaient ce sit-in pour demander au gouvernement l’exécution de la décision de la Cour de Justice de la CEDEAO rendue le 3 Juillet 2013 mais aussi attirer l’attention de l’opinion nationale et internationale sur les souffrances des victimes des violences.
Dans une déclaration lue par le porte-parole des victimes, elles disent demander au gouvernement, de faire diligence pour que la décision rendue par la Cour de Justice de la CEDEAO soit mis en œuvre.
Pour le président du Cacit, Spero Mahoule c’est la désolation. « Franchement avant de parler de ce pourquoi nous sommes là, je tiens à manifester mon sentiment de mécontentement parce que nous sommes sensés être dans un Etat de droit et on doit pouvoir permettre aux Togolais de manifester pacifiquement dès lors que ça ne porte atteinte l’ordre public. Nous avons déposé une demande pour manifester aujourd’hui, en faveur des victimes de 2005. C’est de paisibles togolais, qui ont reçu de balles, qui ont été battu etc », a affirmé le premier responsable du CACIT.
« Depuis 2005, il n’y a pas de réparation, il n’y a jamais eu une instruction des plaintes que nous avons déposé au niveau des tribunaux nationaux. Nous sommes allés à la Cour de justice de la CEDEAO qui a demandé à l’Etat togolais d’instruire les dossiers. Depuis deux ans, rien n’est fait. Nous avons fait une conférence de presse en janvier pour demander au gouvernement de réagir mais jusque là, rien n’a été fait. Et donc nous nous sommes dit que c’est le moment de venir voir le ministre de la Justice pour lui transmettre nos doléances. Malheureusement, on nous a interdit de faire notre sit-in parce que la Délégation spéciale de la ville de Lomé, a demandé que notre sit-in soit fait au niveau de la plage. Ça ne nous convient pas du tout puis que la déclaration que nous devons faire ce n’est pas à l’endroit des poissons, ni de la mer, mais c’est à l’endroit du ministre de la Justice et donc nous n’avons pas compris pourquoi on nous demande d’aller à la plage », a-t-il ajouté.
Les tentatives pour rencontrer le ministre de la Justice ont été également sans suite. Mais les organisations ne décolèrent. Ils comptent saisir dans les prochains jours le chef du gouvernement et si possible le chef de l’Etat.
Charles D., Lomé (Telegramme228)