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Droits des migrants africains, une priorité pour Resynam-Togo et ATUMNET

Publié le jeudi 27 mai 2021, par Gabinho

Les migrants sont à l’honneur ce 25 mai, journée mondiale de l’Afrique. Mais, dans plusieurs pays, leurs droits fondamentaux et droits du travail sont souvent bafoués. Pire, la survenue de la pandémie au covid19 depuis plus d’un an a encore montré cette situation pénible qu’ils vivent. Une sortie a donc été faite par Resynam-Togo et son partenaire Atumnet.

Promouvoir le respect des droits des migrants au niveau national et international est l’objectif global d’une causerie organisé ce mardi par le Réseau Syndical National pour la migration au Togo (RESYNAM-TOGO) en collaboration avec le réseau ATUMNET (African Trade Union Migration Network).

Par cette rencontre, la vingtaine de leaders syndicaux et de la société civile a été un peu située sur les violations des droits des migrants, par des personnes ressources. C’était donc un cadre d’échanges sur les questions de racisme, de xénophobie et de discrimination dont sont victimes les africains en général et en particulier les togolais à étranger.

Le nombre de migrants internationaux en 2019 est estimé à 272 millions, soit une augmentation de de 51 millions depuis 2010. Parmi ces migrants, 20% de ceux qui sont en provenance d’Afrique avaient moins de 20 ans, faisant de l’Afrique la plus jeune région de migrants internationaux.

Encore plus loin, de 1990 à 2015, le nombre de personnes nées en Afrique et vivant dans un autre pays est passé de 20 millions à plus de 33 millions sur cette période. Et au fil des années, la migration pour la cause du travail ou de l’éducation est de plus en plus le mobile de migration des jeunes de leurs pays d’origine vers un pays d’accueil.

Ce sont des données des nations unies « International Migrant Stock 2019 » et des enquêtes menées dans plusieurs pays de l’OCDE montrent que les immigrés sont exposés à un risque d’infection au moins deux fois plus élevé que les personnes nées dans leur pays.

Il a été constaté de différents états de niveaux croissants de discrimination à l’encontre des migrants, de licenciement, d’aggravation de leurs conditions de travail y compris la réduction et le non-paiement des salaires). Et, les pertes d’emplois et de revenus à cause de la caovid19 entrainent une diminution en envois de fonds qui ont des effets sur les 800 millions qui en dépendent.

« L’un des objectifs de la création de l’organisation de l’unité africaine (OUA) par les chefs d’Etats à l’époque visait à aider les peuples qui n’étaient pas encore libres à se défaire du joug colonial. Certes, le joug colonial est tombé mais l’Afrique est toujours confrontée à d’autres fléaux dont l’un des plus criards est celui de la migration clandestine. La célébration de cette journée constitue donc une opportunité pour attirer l’attention de l’opinion internationale et nationale sur la nécessité du respect des droits des migrants en général et en particulier celui des migrants africains », a déclaré Emmanuel Komlan Agbénou, Point Focal de Resynam-Togo et Représentant de ATUMNET au Togo.

La rencontre a pris fin avec une déclaration solennelle de ces acteurs sur la situation des migrants dans le monde.

DECLARATION DU RESYNAM-TOGO PRENANT POSITION CONTRE LE RACISME, PROMOUVOIR LES DROITS DE L’HOMME ET EXHORTER LA COLLABORATION POUR UNE MEILLEURE REPRISE POST-COVID-19

Mesdames et Messieurs de la presse,

Au nom de nos grandes organisations et de notre plate-forme nationale sur les migrations, RESYNAM-Togo qui fait partie du Réseau syndical africain sur les migrations (ATUMNET), nous vous souhaitons la bienvenue à la commémoration de la Journée de l’Afrique cette année.

La Journée de la libération de l’Afrique est une commémoration annuelle de la fondation de l’Organisation de l’unité africaine (OUA, maintenant connue sous le nom d’Union africaine-UA) le 25 mai 1963. La commémoration vise également à promouvoir l’Afrique, l’unité et la solidarité entre les peuples africains et les États. Avec la pandémie de la COVID-19 qui a des impacts socio-économiques immenses, profonds et préjudiciables sur les peuples du monde entier, cette commémoration est l’occasion d’attirer l’attention sur le sort des Africains.

La COVID-19 expose la nature profondément enracinée et les effets du racisme sur les Noirs et d’autres groupes vulnérables tels que les migrants, les jeunes et les femmes. Le monde a vu la manière raciste scandaleuse, honteuse et inacceptable que l’Arabie saoudite a rassemblé des Africains, pour la plupart des migrants, et les a détenus sous prétexte de prendre des mesures pour contenir le virus. Une attaque xénophobe similaire contre les Africains a été vécue en Chine. Pire encore, aux États-Unis, la COVID-19 a affecté les Noirs et les Brunes et les communautés de manière disproportionnée par rapport aux autres races.

L’Afrique doit être aidée pour vacciner sa population. Le monde ne doit pas revenir au nationalisme vaccinal. Le continent africain doit prendre position sur la manière d’améliorer les soins de santé publics et se préparer aux éventuelles pandémies dans le futur.

En outre, nous avons vu et continuons de voir comment le racisme affecte le genre, la démographie, les communautés de croyance et les nations, ainsi que les migrants et autres groupes vulnérables. Les femmes ont été stéréotypées dans une croissance et un avancement limité et la situation est pire pour une femme noire. Les jeunes, en particulier les personnes d’ascendance africaine aux États-Unis, sont 9 fois plus susceptibles d’être tués par les agents de l’État et les forces de sécurité qu’un jeune blanc. La haine et l’intolérance de la foi et de la religion ont exposé les gens à la discrimination et parfois à des attaques violentes. Les nations noires ont souffert d’un racisme historique et systémique qui a facilité leur exploitation principalement par leurs anciens seigneurs coloniaux et les nouvelles puissances impériales, laissant les peuples et leurs économies dans la misère, la misère et la misère.

Amis de la presse, nous utilisons cette commémoration pour renouveler l’espoir et nous rappeler que nos aspirations à une société juste, prospère et pacifique sont une lutte que nous devons continuer de mener. Nous appelons notre peuple et nos gouvernements à décourager, résister et punir les attaques xénophobes contre les Africains. Nous devons nourrir l’amour, l’unité et la solidarité en tant que principes communs pour faire progresser nos aspirations communes.

À cette fin, par conséquent, nous disons non au racisme et aux attaques racistes contre les Africains, les Noirs et les peuples d’ascendance africaine partout dans le monde. La couleur de sa peau ne doit pas être un albatros pour un développement arrêté pour une race et un facilitateur de privilège pour une autre. Notre humanité et notre sens de la compassion et de la solidarité doivent conduire à la construction des relations raciales.

C’est sur cette note que nous nous joignons à l’appel lancé par la communauté noire mondiale à l’Assemblée générale des Nations Unies pour assurer la mise en place ferme de l’Instance permanente des Nations Unies sur les personnes d’ascendance africaine (UN-PFPAD). Nous croyons et soutenons cette initiative car nous la voyons comme un forum qui contribuera à la mise à disposition d’espaces de débat, d’analyse et de pronostic, ainsi qu’à des suggestions et à la mobilisation d’idées et de moyens sur la manière de traiter les injustices historiques, institutionnelles et systématiques que les Africains, les Noirs et les personnes d’ascendance africaine subissent depuis plus de quatre siècles.

Dans le même ordre d’idées, nous voulons réaffirmer notre position selon laquelle le racisme et les attaques racistes, où que ce soit et contre qui que ce soit, ne seront pas tolérés. C’est sur cette note que nous appelons à la prudence contre les attaques contre le Qatar simplement parce qu’il accueille la Coupe du Monde de la FIFA 2022. Il est un fait que la saine jouissance des droits de l’homme et des droits du travail au Moyen-Orient n’est pas sans défis. Il est donc réconfortant de voir que le Qatar a fait de réels efforts pour réformer ses lois et pratiques en matière de droits de l’homme et du travail. Ces réformes conduisent à des progrès remarquables et réguliers qui ont suscité des éloges. L’Organisation internationale du travail (OIT), l’Union européenne et même la Confédération syndicale internationale et d’autres fédérations syndicales mondiales (FSI) ont salué les diverses initiatives du gouvernement qatari pour améliorer la situation des droits du travail.

L’attaque continue contre le Qatar contre les forces de ces réformes, résultats et éloges accentuera la notion selon laquelle l’Occident utilise le costume des droits de l’homme et du travail pour faire avancer les tendances racistes contre le Qatar. La Coupe du monde Qatar 2022, déjà surnommée la « Coupe du monde arabe », nous l’espérons, ralliera le monde arabe et contribuera à engendrer la paix. Les migrants africains au Moyen-Orient bénéficieront certainement des retombées positives.

Enfin, nous demandons que le slogan anti-raciste de la FIFA « Non au racisme » soit entendu. Nous voulons nous assurer que les acquis de la campagne que la CSI et ses alliés de la Fédération syndicale mondiale ont obtenus au Qatar sont consolidés et soutenus. À cette fin, par conséquent, nous voulons voir l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Koweït et d’autres États du Conseil de coopération du Golfe (CCG) faire des efforts de réforme des droits de l’homme et du travail similaires à ceux du Qatar. Nous demandons à l’Occident de continuer à aider le Qatar à s’améliorer comme il l’a fait pour organiser une Coupe du monde réussie.

Merci pour votre écoute