Infos Togo Oti 1 Mango / Faut-il en rire ou en pleurer ?

Des Conseillers municipaux (UNIR) dénoncent la gouvernance unilatérale et opaque du Maire (UNIR), Seidou Baboudou

Publié le vendredi 3 septembre 2021, par Gabinho

Décidément, ce n’est pas que dans la Commune de Kozah 1, ou mieux encore les communes où ce sont des maires de l’opposition qui sont au gouvernail que la décentralisation est en souffrance au Togo. A Mango dans la commune de l’Oti 1, ce sont des Conseillers municipaux issus du parti au pouvoir qui crient Haro sur la gouvernance du Maire UNIR, Seidou Baboudou. ça n’arrive pas tous les jours, diront certains, ou mieux encore, ça n’arrive qu’un jour. En tout cas, si ces derniers dénoncent la gouvernance de leur co-partisan, ils voient mal la confiance qu’il place en un Conseiller municipal de l’opposition au point de le considérer plus que son adjoint... Faut-il en rire ou en pleurer ?

Voici le courrier faisant office de plaintes adressé au Secrétaire préfectoral du parti UNIR et dont sept Conseillers municipaux en sont les signataires....

PREFECTURE DE L’OTI Mango le 12 Août 2021

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COMMUNE DE L’OTI 1

Les conseillers municipaux de la commune Oti 1

Mango.

A

Monsieur le Secrétaire Exécutif du Parti UNIR

Lomé.

Objet : Plaintes.

Monsieur le Secrétaire Exécutif,

Nous venons expressément et humblement par la présente vous témoigner notre adhésion totale et sans faille à la politique de développement et de paix du chef de l’Etat, Son Excellence Faure Essozimna GNASSINGBE, président de notre grand parti UNIR.

Pour sceller son engagement ferme à la décentralisation et au développement local, le Président de la République a fait organiser le 30 juin 2019 les élections locales après le peaufinement du cadre juridique en la matière. Suite à cette élection, notre parti a été plébiscité dans la plupart des communes que compte le pays.

Dans notre commune Oti 1, sur onze (11) sièges de conseillers à pourvoir, notre parti a remporté dix (10), donnant ainsi une forte majorité au parti. C’est ainsi que le 05 septembre 2019, l’exécutif communal a été mise en place. Et conformément aux consignes du parti et dans une atmosphère de discipline totale de tous les élus du parti, l’actuel Maire, Monsieur BABOUDOU Seidou a été élu.

Mais très vite, le maire élu à commencer par poser des actes et avoir des comportements qui nuisent à la notoriété de notre cher parti. Dès sa prise de service, l’exécutif municipal n’a pas tardé à fouler aux pieds les principes cardinaux du parti.

Ce courrier est pour nous l’occasion de lever le voile sur le mauvais fonctionnement de notre conseil municipal qui constitue un inquiétant goulot d’étranglement de la politique du parti dans la commune.

Le premier désaccord entre le maire élu et les conseillers réside dans la procédure de constitution des commissions permanentes et l’élection des membres des bureaux desdites commissions. Certains collègues conseillers ignoraient qu’ils pouvaient s’inscrire dans deux commissions et l’ont fait dans une seule. A la rencontre pour élire les présidents et rapporteurs des commissions, ils ont souhaité se rattraper. Ils se sont butés au refus catégorique de monsieur le Maire.

C’est ainsi que le Préfet de l’Oti a été informé de la tension entre les conseillers par le secrétaire préfectoral du parti. Il convoqua alors les conseillers du parti pour les écouter et leur prodiguer des conseils. Lors de cette rencontre avec le Préfet, nous avons unanimement décidé d’assumer notre victoire en occupant tous les postes de Présidents et de Rapporteurs des commissions. Mais une fois à la mairie pour continuer les travaux de la session consacrée à cette élection, le Maire a laissé entendre qu’il ne va pas respecter cette consigne. Par moult manières et procédures, les Conseillers municipaux et certains responsables du parti ont essayé de lui rappeler la discipline du parti qui a permis de le choisir comme Maire, en laissant de côté la tête de liste. Toutes ces interpellations sont restées vaines.

Les manœuvres de monsieur le Maire ont permis d’écarter certains conseillers UNIR à la tête des commissions et de placer le seul conseiller de l’opposition comme rapporteur d’une commission malgré les injonctions du secrétaire préfectoral du parti et du Préfet de l’Oti.

Cette manière de faire du Maire a plongé le conseil municipal de la commune Oti 1 dans une profonde crise qui dure jusqu’aujourd’hui.

Cette situation s’est empirée par l’arrogance du Maire, sa très mauvaise collaboration et son manque de respect vis-à-vis du Préfet de l’Oti, de ses collègues conseillers, des chefs canton de la commune, de certains chefs de services déconcentrés de l’Etat et des responsables d’ONG partenaires.

Depuis quelques mois, le Maire s’est engagé dans une crise avec son adjoint. Ce dernier est écarté de tous les sujets sérieux de la commune. Le Maire tente de le subroger dans ses attributions par le conseiller de l’opposition. Comme exemple, du 05 au 18 juillet 2021, la commune a organisé un recensement des contribuables avec l’appui technique et financier de la GIZ. L’activité se déroulait en l’absence du Maire en déplacement sur Paris. Au lieu de déléguer son pouvoir à son adjoint pour mener l’activité conformément à l’article 137 de la loi N°2019-006 du 26 juin 2019 relative à la décentralisation et aux libertés locales, le Maire a préféré remettre le protocole d’accord avec la GIZ au conseiller de l’opposition et à son épouse (épouse du Maire). Durant tout le processus l’adjoint au Maire n’avait pas été associé.

L’autre situation qui mérite d’être souligné ici est la gestion des documents administratifs que la mairie produit au profit des usagers. La plupart de ces documents sont signés par le Maire à l’exception des simples légalisations. Ceci entraine une lenteur indescriptible dans la signature de ces documents puisque le Maire est presque toujours en déplacement et souvent très occupé lorsqu’il est présent. La conséquence de cette situation est la colère des usagers dont les demandes font plusieurs mois.

Pour la bonne marche de la commune et dans l’intérêt des populations, le conseil a pris plusieurs délibérations mais nous sommes déçus de constater que presque toutes ces délibérations sont restées sans application puisque monsieur le Maire n’est pas motivé.

Afin de booster nos recettes et avoir des possibilités d’investissement, le conseil a recommandé au Maire de revoir la méthode très inefficace qu’il a installé lui-même pour le payement des taxes. A ce sujet, le conseil avait eu l’appui de l’ex-trésorier de l’Oti pour qu’au lieu de demander aux contribuables de venir payer eux-mêmes leurs taxes, qu’une équipe puisse mensuellement aller vers eux pour percevoir ces taxes. Cette équipe existait déjà et est bien formée par la GIZ sur les méthodes de recouvrement. Mais le Maire est resté réfractaire à toutes ces propositions.

Toutes ces situations ont rendu l’ambiance du conseil très délétère et attisent les tensions au sein de la population de la commune qui se prête au jeu belliqueux des dirigeants.

Sommes toutes, le Maire travaille seul, il prend les décisions unilatéralement et gère la mairie Oti 1 de façon très opaque sans partage d’informations.

En rappel, nous avons adressé le 30 mars 2019, un courrier de rappel à l’ordre au Maire afin qu’il revoit son comportement. Malheureusement, il n’a pas pris la mesure de la chose (cf. annexe).

En qualité de militants engagés, nous les conseillers municipaux du grand parti UNIR, saisissons cette occasion pour exprimer aux premiers responsables du parti nos craintes de crises latentes et de la chute de la popularité du parti unificateur dans un contexte où le pays avance lentement mais sûrement vers des élections régionales.

Vu la gravité des faits, nous vous prions monsieur le Secrétaire Exécutif de prendre une décision ferme pour assainir la situation en vue d’un nouveau rayonnement de notre grand parti Union pour le République.

Les Conseillers Municipaux de la commune Oti 1

Pièces jointes
Liste des conseillers signataires
et lettre de rappel à l’ordre du 30 Mars 2020