Infos Togo Présidentielle de 2015 / Pour des Elections apaisées

Bawara et les populations de Bè engagés dans un Pacte citoyen contre la violence

Publié le vendredi 20 mars 2015, par

Depuis mercredi, le ministre togolais de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales, Gilbert Bawara, est en tournée à travers les cantons du Grand Lomé. Ainsi, après Togblékopé, la délégation avec à sa tête, le ministre Bawara a fait son arrêt hier jeudi au Centre Communautaire de Bè pour rencontrer et échanger avec les populations de ce canton.
D’après le ministre Bawara, « il s’agit d’évoquer avec les populations, les représentants des catégories socioprofessionnelles l’importance des élections de manière génération, l’importance de l’élection présidentielle, l’importance du vote qui est un droit et une liberté. Il faut que nous en soyons conscients. C’est de haute lutte que les togolais ont arraché la démocratie. Il n’y a pas de démocratie sans élection et il faut que les citoyens sachent que l’élection c’est l’occasion pour les acteurs politiques d’engager un dialogue, d’aller à la rencontre, d’avoir des échanges avec les populations concernant leurs visions, concernant leur projet, concernant leur programme et les citoyens ont ainsi l’occasion de s’exprimer sur les affaires publiques, de participer à la désignation de leurs dirigeants. Et donc, Nous ne devons pas banaliser les élections, nous ne devons pas banaliser le droit de vote. Il faut assumer cette responsabilité citoyenne ». Outre cette importance dont il est question, cette tournée est une occasion pour le locataire du ministère de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales, en voisinage avec le Palais de justice de Lomé, de « rappeler les enjeux de l’élection présidentielle du 15 avril 2015. D’abord, la nécessité de faire en sorte que cette élection ne nous amène pas à reculer en matière de consolidation de la démocratie, en matière d’affermissement du climat d’apaisement politique, en matière de processus de réconciliation nationale ». Il a pour ce faire appelé les Togolais à démontrer à eux-mêmes et « à la communauté internationale, que nous avons tiré les enseignements et les leçons par rapport à toutes les erreurs que nous avons pu commettre par le passé. Et que résolument, la page des violences avec les exactions et les conséquences négatives que cela comporte, que cette page là est définitivement derrière nous. Faisons en sorte que, quelque soit le vainqueur de l’élection, au lendemain de l’élection présidentielle, qu’il trouve un pays, qui vit en paix et en sécurité de telle sorte qu’il puisse mobiliser davantage les énergies et les efforts des Togolais sur l’enjeu majeur, le développement économique et social. Faisons en sorte que notre pays ne devienne pas une autre zone d’instabilité et du fait de la violence ou d’un climat de contestation notre pays ne soit pas fragilisé et devienne vulnérable face à toutes les menaces qui pèsent dans la sous-région ».
Le ministre Bawara avec sur la tête, ses trois casquettes de ministre, d’acteur politique et de citoyen togolais, et surtout d’ancien habitant du canton de Bè, dans les années 84 et 85, croit savoir que « Bè a souvent été caricaturé, a souvent été stigmatisé. On a eu trop tendance à considérer que Bè, c’était essentiellement des populations qui soutenaient une certaine sensibilité ou tendance politique ». Gilbert Bawara s’inscrit en faux contre cette assertion car d’après lui, « Bè abrite et accueille des populations venant de toutes les localités du pays ». c’est donc compte tenu de cette « situation particulière de Bè, qui souvent été victime des violences politiques, qui a subi beaucoup de préjudices à cause des violences politiques et électorales » que Bawara est allé à la rencontre de ces populations du grand canton de Bè pour leur proposer de « s’engager dans un pacte de sursaut patriotique, dans un pacte de sursaut citoyen pour bannir sur la terre de nos aïeux, les violences politiques, privilégier et cultiver la tolérance, l’ouverture ainsi que le respect mutuel ».
Il s’agit d’un message apparemment bien accueilli et partagé par les populations qui à travers un échange franc ont assuré le ministre Bawara de leur disponibilité à prendre une part active à la présidentielle du 15 avril prochain. Sans langue de bois, elles ont interpellé le membre du gouvernement Ahoomey-Zunu II sur les manques d’accompagnement dont elles se sentent victimes de la part des gouvernants. Ces interpellations sont allées des sujets de santé aux quotidien douloureux des victimes des violences politiques de 2005, en passant par la grogne sociale en cours, l’éducation, la sécurité et la question de l’emploi des jeunes. Justement parlant de la sécurité et des contestations qui suivent les élections, il a promis un respect de la liberté d’opinion, de la liberté d’expression mais a promis par la même occasion qu’il n’y aurait pas de tolérance pour les atteintes à l’ordre public, vu que le gouvernement est garant de ces libertés mais aussi de la quiétude des populations. Tout en appelant les populations à la tolérance, il a assuré que sur la même lancée, des efforts seront fait dans la droite ligne de la résolution des différents manquements soulevés par les populations suivant les moyens dont le gouvernement togolais dispose.
G.K