Infos Togo Drame foncier à Gbamakopé / Les Kpassra retournent à leur besogne avec un renfort « guerrier », tabassant, défonçant et scellant des portails des maisons

Autochtones et acquéreurs se tournent vers la préfecture et la Mairie de Zio 1 pour se faire entendre

Publié le vendredi 23 avril 2021, par Gabinho

Localité jadis paisible dans la partie Ouest de Djagblé dans la préfecture de Zio, le village de Gbamakopé est secoué par un conflit foncier qui ne dit pas son nom. Au cœur de ce litige, plus de 366 hectares convoités par la Collectivité Kpassra. Ce drame foncier qui a pointé du nez et cette fois de façon virulente en 2019 où cette collectivité, qui aux dires des autochtones a surgi un beau matin comme un bouton de fièvre, appuyée par des forces de l’ordre et de sécurité, a décidé du re-lotissement de ce territoire pourtant bien occupé depuis plusieurs années par plusieurs milliers de personnes à qui d’autres collectivités y compris les Gbama, se réclamant les vrais autochtones, ont vendu les terrains, a semblé connaitre un répit à l’approche de la présidentielle de Février 2020. Un peu plus d’un an après ce scrutin, le conflit foncier en question joue un nouvel épisode. En fait constat sur le terrain, les Kpassra sont de nouveau revenus à la charge et cette fois, avec un renfort, relate-t-on de 600 corps habillés, qui n’hésiteraient pas à passer à tabac quiconque s’oppose à leur intervention, en vue de l’exécution, dit-on d’une ordonnance tenue par les huissiers Missité, Dzoka et Djéri, agissant au nom de la Collectivité Kpassra.

Dans la crainte d’une situation qui pourrait ne pas être gérable au cas où les populations (surtout les acquéreurs) se décideraient à riposter, les familles ou collectivités autochtones dans une démarche d’apaisement se sont transportées Jeudi sur la Mairie de la Commune de Zio 1 et la préfecture pour y rencontrer les chefs des lieux. Si à la préfecture de Zio, ils ont pu déposer un document qui expose la situation qui prévaut sur le terrain, à la Mairie, ils ont visiblement eu droit à une oreille attentive et du Maire et de ses Conseillers qui, déjà informé de ce drame qui se jouait sur le territoire communal, ont rapidement interrompu leur session en cours pour un transport sur les lieux afin de constater de visu ce qui se joue et réfléchir à la démarche à adopter. Si le problème reste entier, et que les inscriptions sur les clôtures des maisons démontrent à suffisance de l’œuvre des mandatés de la Collectivité Kpassra, ainsi que l’une des personnes tabassées, une femme enceinte, et certaines maisons éventrées, d’autres encore dont les portails sont systématiquement scellés, on peut de l’accueil que ces populations dans l’anxiété, ont réservé au Maire et sa suite, sentir un léger soulagement de leur part, vu que leurs peines sont dans une certaine mesure partagée par l’autorité.

Des explications qui étayent la situation…
Dans un premier temps, c’est le Chef du Village, le chef du village, Emmanuel Afandjiga Gbama, dont le Palais et partant son arrêté de nomination, semble être remis en cause par ce conflit et s’il s’avérait, par l’autorité même qui le lui avait délivré, vacille, a du mal à se réveiller de son sommeil et se sauver de son cauchemar. Il ne comprend pas comment la justice semble rester de marbre malgré leurs multiples et vaines réclamations d’un transport sur les lieux par les juges, jusqu’alors si ce n’est que de prendre pour parole comptant ce que leur rapporte les Kpassra. Malgré la désolation, la tête couronnée appuyée dans ses démarches par le chef Canton de Djagblé, Togbui Donou Fiohouassi Adonsou, continue de jouer à l’apaisement. « C’est nous qui calmons les populations sinon, on serait déjà arrivé à des affrontements sanglants. Tous ceux qui s’investissent dans ce dossier ne font que salir la politique riche de Faure Gnassingbé que nous soutenons d’ailleurs. Nous cherchons à rencontrer le chef de l’Etat pour que la paix y soit dans ma localité », a-t-il laissé entendre.

Premier Porte-parole des collectivités de Gbamakopé, concernées par ce litige, Kodjo Kpessou Gbama, confiait que « depuis trois semaines déjà, Gbamakopé est envahi par des agents des forces de sécurité de 600 hommes, ils cassent les maisons, tracent les rues en lieu et place, défoncent les portails, entre dans les maisons et les chambres, ramassant des carreaux, qu’ils emportent, laissent des inscriptions sur les maisons comme étant sur la propriété de la collectivité Kpassra. On ne comprend plus rien. Gbamakopé est une ancienne localité que nous ont léguée nos aïeux, depuis 1720 ». Lesquels agents, à en croire ce qu’ils ont fait savoir au Chef du village, agiraient sur la base d’un document à eux remis par le ministre Payadowa Boukpessi.

Dans l’historique de la communauté, faite par M. Kpessou Gbama, le village de Gbamakopé est créé en 1720, dispose d’un certificat administratif sur tout son domaine depuis le 03 Août 1995, sous le préfet de Zio d’alors M. Hevi Doglan, avec l’effectivité de toutes les collectivités limitrophes confirmant le droit de propriété lors de l’enquête publique ». Et c’est donc « curieusement que des individus se réclamant de la collectivité Kpassra ont créé un litige portant sur une superficie de 5 hectares d’abord, puis 21 hectares et finalement toute la superficie du village ». Et, « du tribunal de première instance de Tsévié à la Cour suprême de Lomé en passant par la Cour d’Appel de Lomé, il n’est jamais fait mention de la superficie de tout un village comme étant la propriété de ladite collectivité », avise-t-on. Toute la délégation qui a fait le déplacement sur les locaux de la préfecture de Zio, et de la Mairie de Zio 1, avant de suivre le Maire et sa suite dans leur descente sur le terrain, Jeudi, n’a pas caché sa désolation, face au fait qu’aujourd’hui, « malgré tout, le litige a pris de nouvelles ampleurs et continue de semer une confusion » et qu’ « aujourd’hui tout le village est en chantier de morcellement au profit de la collectivité Kpassra appuyée par les forces de sécurité » et qu’il leur soit demandé de racheter leurs propres terrains près de ceux-là qu’ils qualifient d’ « imposteurs et faussaires ».
Des différents dossiers pendants ou connus par la justice sur ce litige foncier les opposant à cette collectivité qu’ils semblent ne connaitre ni d’Adan, ni d’Eve, préalablement, les autochtones accusent aussi leur en-face de manœuvres faites en ne transmettant pas les diverses convocations à eux remis pour ceux avec qui ils avaient des divergences.

A entendre M. Kpessou, si les populations ont gardé leur calme jusqu’alors sur conseils des chefs traditionnels, on ne sait jusqu’à quand ce calme sera gardé. Il dit considérer « ce qui se passe comme des embêtements. Nous faisons bien partie des 7 millions de Togolais ». Et de poursuivre, Ils (Les Kpassra et soutiens, ndlr) disent que ce sont les autorités qui les envoient. Nous nous sommes convaincu que devant la loi, ces terres nous appartiennent », donc, « nous continuerons par crier jusqu’à ce que la justice soit faite et que les imposteurs laissent tranquilles nos terres ».

Qui se cachent finalement derrière ce drame ?
Dans le cadre de ce re-lotissement projeté par les Kpassra sur le territoire objet du litige, on parlerait d’un plan avec des réserves administratives promis à l’Etat pour construction de camp de gendarmerie et de police et autres. Est-ce finalement une expropriation voilée ? Si oui, a-t-on besoin de plus de 366 hectares pour installer ces structures d’utilité publique ? Qui manipulent ou quelles mains noires se cacheraient-elle derrière ce drame à visage Kpassra, au point que des ministres du gouvernement, habitués à l’usage de la force brute, en viennent à faire injonction à un défenseur des droits humains de ne pas se mêler d’un tel dossier, en assistant les victimes ?

Comment Les Kpassra dont l’histoire reconnait finalement un de leurs aïeux, comme avoir été un visiteur accueilli par une collectivité voisine aux Gbama, les Awouya seulement propriétaires d’environ 5 hectares de terrain dans la zone, en viennent à se proclamer aussi facilement propriétaires de 366 hectares, et que la justice n’en vienne pas à dire correctement le droit ? Ceci, en demandant purement et simplement aux Awouya et leurs visiteurs, les Kpassra, de se contenter de leurs 5 hectares préalables ?

Toutes ces interrogations à juste titre restées sans set la démission de l’avocat des Gbama, après avoir épuisé sans gain de cause, toutes les voies de recours pourtant reconnus par la loi, pour amener la justice à la raison, prouvent à suffisance que ce dossier foncier dépasse finalement le cadre judiciaire pour prendre une autre coloration que seuls les Kpassra et soutiens se doivent de clairement avouer. La raison du plus Fort ? A chacun d’en juger.

En tout cas, à Gbamakopé, on est encore bien loin de cet Etat de droit que la gouvernance Faure Gnassingbé crie à tue-tête et à longueur de journée depuis ces 16 années de règne sur le Togo, à la suite de son géniteur, et ce ne sont pas le Maire et les Conseillers municipaux de la Commune de Zio 1, en déplacement sur les lieux Jeudi dernier qui nous démentiraient, au vu de la situation sur le terrain et de leur grand étonnement qu’un seul aïeul, aussi puissant soit-il, en vienne à réclamer la paternité d’un tel étendu de terrain.

De tout ce qui précède, il est à conclure qu’un drame se profile à l’horizon dans ce village de plusieurs milliers d’habitants et au cas où les populations se décideraient à répondre coup par coup aux mandatés des Kpassra et soutiens. Et nul ne gagnerait à ce que le sang coule à cause des terres. Sans quoi, les autorités gouvernementales ainsi que judiciaires ou encore des structures administratives saisies par les autochtones, en témoigne les décharges des courriers déposés et dont nous avons pu nous procurer des copies, ne seront que tenues pour responsables de ce qui adviendrait.

Nous y reviendrons, au cas où nos différentes démarches pour avoir la version des faits de la partie opposée venaient à être concluantes.

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