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Arc-En-Ciel, CST, ANC, bientôt un divorce ?

Publié le mardi 6 novembre 2012, par

Selon le premier vice président de l’ANC, « il se passe des choses au CST et Arc en ciel qu’il faut arrêter à temps. Sinon les mêmes causes produisent les mêmes effets ». En parcourant les réponses qu’il a donné à un journaliste de Légende fm sur les multiples facettes de la crise politique au Togo et la question du dialogue, auquel l’opposition contestataire s’est dite prête à y aller, on peut se rendre compte que cette question divise. Ceci, jusqu’au point où le parti orange se sente exclu des prises de décision. « Est-ce que vous vous imaginez que des décisions sont prises aujourd’hui au sein de [ces] organisations respectives (CST et Arc en ciel) par des partis politiques, sans qu’un parti comme le notre ne soit au courant ? », c’est l’une des interrogations qui amènent à voir que la question du leadership fait surface au sein de ces structures. Allant plus loin que cette idée de leadership, Patrick Lawson a fait constater qu’il y a « un problème de cohésion. C’est aussi simple que ça et c’est un problème de rivalité malsaine. Quand dans la vie, vous n’êtes pas capable de faire quelque chose, il ne faut pas vouloir à l’autre ».

Il a tout de même confirmé que son parti est toujours au CST : « Nous y sommes mais nous voudrions que les méthodes de travail s’améliorent. Nous voudrions qu’un parti comme le notre soit associé aux décisions fondamentales pour que demain, on ne dise pas que l’ANC a quitté le CST etc. nous voudrions que les choses aillent mieux ».Il a poursuivi en réclamant que la relation avec Arc en ciel ne fasse pas perdre l’identité du CST. « Nous avons des relations avec Arc en ciel mais nous sommes CST. Et le CST doit discuter et voir dans quel sens il veut aller et ensuite discuter avec arc en ciel. C’est une question de méthode, jusqu’au jour où on va se fondre. Et quand on va se fondre, il faut que les déterminants soient là pour parler et prendre des décisions parce que nous nous avons voulu qu’’il n’y est pas de conférence des présidents pour qu’on ne dise pas après que c’est nous qui imposons des choses aux autres. Nous n’imposons rien aux autres mais nous ne voudrions pas que les autres nous en imposent », avait-il déclaré.

Ce sont là en tout cas des propos de Patrick Lawson qui donnent déjà une idée sur les difficultés d’un Collectif dont les objectifs premiers sont le règlement orbi et urbi, des problèmes de la torture, du problème des neuf députés. Ce qui d’après l’ANC « n’est pas une préoccupation à Arc en ciel. Arc en ciel, ce qu’il a de fondamental, c’est la limitation de mandat avec effet immédiat. Nous, nous l’acceptons. Nous demandons simplement que les autres aussi acceptent nos préalables ».

Et pour couronner le tout, Patrick Lawson a réfuté catégoriquement l’idée selon laquelle, c’est l’ANC qui refuse de dialoguer. « Doit-on aller encore à un dialogue qui n’apportera aucun changement aux Togolais. Nous avons dit, nous ne devrions pas l’accepter ainsi. On doit se battre pour que ce dialogue puisse contenir ou apporter quelque chose aux Togolais. Nous n’avons donc jamais dit que nous n’irons pas au dialogue. Nous à l’ANC, cherchez dans tous les documents vous ne lirez pas que nous avons dit que nous n’irons pas au dialogue. Nous avons tjrs dit nous n’irons au dialogue que si l’apaisement dans le pays est obtenu, si l’assainissement du climat politique est obtenu. Cela passe donc immédiatement par des exigences du moment », avait-il indiqué.
G.K, Lomé (Telegramme228)

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Extrait de l’entretien sur Légende Fm

Honorable Patrick Lawson, est-ce qu’on peut toujours espérer ce dialogue ?

Nous avons fait remarquer dès le départ que nous avons fait plus de 16 dialogues dans ce pays. Ce fut un contrat léonin où, au cas où on obtient un minimum, ce minima n’a jamais pu être respecté. Alors se pose la question fondamentale. Doit-on aller encore à un dialogue qui n’apportera aucun changement aux Togolais. Nous avons dit, nous ne devrions pas l’accepter ainsi. On doit se battre pour que ce dialogue puisse contenir ou apporter quelque chose aux Togolais. Nous n’avons donc jamais dit que nous n’irons pas au dialogue. Nous à l’ANC, cherchez dans tous les documents vous ne lirez pas que nous avons dit que nous n’irons pas au dialogue. Nous avons tjrs dit nous n’irons au dialogue que si l’apaisement dans le pays est obtenu, si l’assainissement du climat politique est obtenu. Cela passe donc immédiatement par des exigences du moment.

Est-ce que c’est cela que vous appelez dans un ensemble des préalables ?

Non, il y a des confusions. Il y a des exigences immédiates, on vient d’arrêter des garçons, nous disons libérez les. C’est des exigences. On ferme par exemple une radio c’est une exigence, il faut l’ouvrir. On empêche des manifestations, nous disons faut que les manifestations reprennent leur libre cours. On a saisi nos matériels, nous avons dit, il faut que ces matériels nous soit restitués. D’ailleurs, j’entends les gens dire que ces matériels nous ont été restitués. Ça recommence. C’est dans l’opposition qu’on le dit. Ces matériels je vais vous le dire aujourd’hui appartiennent exclusivement à l’ANC qui l’a mis à la disposition du CST. Nous avons obtenu en tout et pour tout 10% de ces matériels. Si les gens ont envi d’aller au dialogue dans n’importe quelle condition qu’on n’utilise pas des arguments qui n’existent pas. Ça c’est les exigences.
Concernant les préalables, vous savez que nous allons à des élections législatives. Vous savez que notre constitution a été violée à son article 52, alinéa 2 qui interdit le mandat impératif. Vous savez très bien que des gens ont été torturés dans ce pays à moindre frais. Vous savez que la CVJR a fait des recommandations, quand bien même nous n’avons jamais été d’accord avec la méthode utilisée. Nous disons que s’il y a la bonne volonté pour l’assainissement du climat politique, ceux qui nous gouvernent ont le devoir de faire des efforts sur ces problèmes pour que l’on sache que cette fois ci, ces problèmes sont résolus pour de bons. Doit-on laisser la mauvaise jurisprudence qui consiste à renvoyer neuf députés alors que la constitution l’interdit ? Quand j’entends des gens dire que le parlement n’existe plus, mais la constitution ne disparait pas avec le parlement. Et en plus de ça, le parlement à ouvert une session ordinaire et travaille normalement. Je crois que les gens sont en train de rechercher des subterfuges comme d’habitude pour courir, aller au dialogue dans n’importe quelle condition. Nous, nous voulons aller au dialogue, puis aux élections mais nous ne voulons pas de dialogue au rabais. Ça donne maintenant l’impression aux populations que nous sommes en train de quémander le dialogue. Nous ne quémanderons pas de dialogue à un régime qui a failli. Nous exigerons le dialogue, parce que nous ne voudrions plus que le sang des Togolais coule sur la terre de nos aïeux.

Est-ce que ces efforts sont faciles à être concrétisés par le pouvoir ?

Ceux qui veulent aller dans n’importe quelle condition, ils peuvent aller. Mais nous nous disons que si les choses ne sont pas claires, le peuple est là pour nous donner raison à terme. Est-ce que vous vous imaginez que des décisions sont prises aujourd’hui au sein de nos organisations respectives par des partis politiques, je parle du CST et d’Arc en ciel, sans qu’un parti comme le notre ne soit au courant ? Est-ce que après on va dire que c’est nous qui ne voudrions pas de dialogue, c’est nous qui ne voudrions pas aller aux élections. (…) Je suis en train de dire haut et fort qu’il se passe des choses au CST et Arc en ciel qu’il faut arrêter à temps. Sinon les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Un problème de cohésion ?

C’est un problème de cohésion, si vous voulez. C’est aussi simple que ça et c’est un problème de rivalité malsaine. Quand dans la vie, vous n’êtes pas capable de faire quelque chose, il ne faut pas vouloir à l’autre. Je ne veux pas aller plus loin. Nous sommes au CST, nous y sommes mais nous voudrions que les méthodes de travail s’améliorent. Nous voudrions qu’un parti comme le notre soit associé aux décisions fondamentales pour que demain, on ne dise pas que l’ANC a quitté le CST etc. nous voudrions que les choses aillent mieux. Nous avons des relations avec Arc en ciel mais nous sommes CST. Et le CST doit discuter et voir dans quel sens il veut aller et ensuite discuter avec arc en ciel. C’est une question de méthode, jusqu’au jour où on va se fondre. Et quand on va se fondre, il faut que les déterminants soient là pour parler et prendre des décisions parce que nous nous avons voulu qu’’il n’y est pas de conférence des présidents pour qu’on ne dise pas après que c’est nous qui imposons des choses aux autres. Nous n’imposons rien aux autres mais nous ne voudrions pas que les autres nous en imposent.

Beaucoup de Togolais avait cru qu’avec arc en ciel, vous avez cheminé ensemble par le passé, il y a quelques semaines. Beaucoup de Togolais avaient cru que c’est l’union de l’opposition…

C’est la coordination entre deux organisations et ça aussi, ça peut être une dynamique de groupe. Ce n’est pas seulement une union forte qui peut créer les conditions d’une dynamique de groupe. Nous sommes en coordination. Nous travaillerons ensemble sur certains sujets mais nous avons des objectifs, ou le processus vers des objectifs qui ne sont forcément les mêmes. Nous, nous disons urbi et orbi qu’il nous faut régler les problèmes de la tortures, régler le problème des neuf députés. Ce n’est pas une préoccupation à Arc en ciel. Arc en ciel, ce qu’il a de fondamental, c’est la limitation de mandat avec effet immédiat. Nous, nous l’acceptons. Nous demandons simplement que les autres aussi acceptent nos préalables.

Un peu plus clair monsieur Lawson, si on vous appelle à une table de discussion vous n’irez pas ?

Pour l’ANC, sans jamais critiquer les autres. Les autres s’ils veulent aller dès demain, ils peuvent aller. Mais nous, si on ne voit pas certaines conditions se réaliser, cela veut dire que ce dialogue est déjà faussé à la base. Ça c’est notre position. Mais les autres, on ira au CST, ils peuvent aller et revenir , on sera encore ensemble. Mais on ne les suivra pas dans une aventure que nous ne maîtrisons pas.

Si les conditions ne sont pas réalisées, et si demain on convoque le corps électoral, est-ce que vous irez ?

Si les conditions sont bonnes, on n’a pas besoin forcément de dialogue pour aller à des élections. Nous, nous sommes prêts pour aller à des élections. Nous avons travaillé sur l’ensemble du territoire. S’il n’y a pas de dialogue mais que par un miracle divin, les conditions sont obtenues et que cela permet d’aller à des élections, nous irons aux élections.

Vous les gagnerez ?

Si nous allons dans de bonnes conditions, je voudrais avoir la modestie de dire que nous serons majoritaire. (…)