Afrique Afrique du Sud

Voici le nouveau président sud-africain après la démission de Jacob Zuma

Publié le lundi 19 février 2018, par

L’échec a été rude pour le jeune de Soweto qui, sur les bancs de l’école, affirmait déjà vouloir devenir président. Déterminé comme jamais à prendre sa revanche, celui qui est désormais à la tête de l’ANC depuis décembre 2017

Cyril Ramaphosa succède au démissionnaire Jacob Zuma, qui avait pris le pouvoir après la démission de Thabo Mbéki en 2008

A peine la démission de Jacob Zuma, le successeur du désormais ex-président de l’Afrique du Sud est déjà connu. La Constitution sud-africaine avait tout prévu. Conformément à cette Constitution, Cyril Ramaphosa est devenu le président de la République par intérim dès la démission de Jacob Zuma. Le Parlement doit encore, dans les trente jours, l’élire formellement à ce poste. Cette élection devrait être organisée d’ici ce vendredi 16 février 2018.

Qui est le nouveau président sud-africain ?

Annoncé comme le successeur de Nelson Mandela dans les années 1990, Cyril Ramaphosa, syndicaliste devenu homme d’affaires à succès, n’a jamais été si proche de concrétiser son rêve : diriger l’Afrique du Sud.

Il apparaît aujourd’hui comme le nouvel homme fort de l’Afrique du Sud. Depuis que Jacob Zuma est poussé vers la sortie, Cyril Ramaphosa, président du Congrès national africain (ANC), a été pressenti pour le remplacer. À 65 ans, il est vient d’accéder à la tête du pays. C’est d’ailleurs ce que souhaitait Nelson Mandela dans les années 90, lui qui qualifiait le secrétaire général de l’ANC de l’époque d’homme "le plus doué de sa génération" et voyait en lui le futur dirigeant du pays. Mais, le parti lui avait finalement préféré Thabo Mbeki, président du parti de 1997 à 2007 et de l’Afrique du Sud de 1999 à 2008.

L’échec a été rude pour le jeune de Soweto qui, sur les bancs de l’école, affirmait déjà vouloir devenir président. Déterminé comme jamais à prendre sa revanche, celui qui est désormais à la tête de l’ANC depuis décembre 2017 a misé sur son passé de "héros" de la lutte anti-apartheid pour revenir sur le devant de la scène.

À l’époque où le Mouvement de la Conscience noire de Steve Biko se propage sur tous les campus universitaires ségrégués d’Afrique du Sud, l’étudiant en droit se forge une conscience politique et devient un militant de la première heure contre les inégalités sociales et raciales. En 1982, Cyril Ramaphosa fonde le Syndicat national des mineurs (SMM), qui compte rapidement dans ses rangs quelque 30 000 hommes, devenant le mouvement de mineurs le plus important du pays. Il participe, cinq ans plus tard, à la grande grève du secteur qui fait vaciller le régime de l’Apartheid. Un investissement qui lui vaut d’être repéré par les dirigeants de l’ANC.

En février 1990, il a œuvré pour la libération de Nelson Mandela et s’est rapidement hissé comme l’une des figures clé des négociations avec l’ancien régime. En avril 1994, fraîchement élu secrétaire général de l’ANC, il mène le pays vers ses premières élections nationales non raciales, avant d’être élu président de l’Assemblée constituante.

"C’est la politique qui fait battre son cœur"

Mais sa route vers le pouvoir a aussi été semée d’embûches. Une fois la Constitution adoptée en 1996, le socialiste convaincu a été désavoué par les caciques du parti, qui un an plus tard lui préfèrent Thabo Mbeki pour la présidence du parti.

Après cette défaite, Cyril Ramaphosa a observé une longue période de disette politique, au cours de laquelle il s’est lancé avec succès dans les affaires. Il a créé une holding, Sandhuka, pour investir dans les mines, l’immobilier mais aussi les chaînes McDonald’s et Coca-Cola. D’après le magazine Forbes, en 2015, sa fortune personnelle s’élevait à environ 410 millions d’euros.

L’homme d’affaires, qui n’a jamais quitté l’ANC, n’était toutefois pas totalement comblé. « C’est la politique qui fait battre son cœur. Ses affaires étaient un moyen, pas une fin en soi », expliquait son ancien partenaire Michael Spicer à Ray Hartley, l’auteur de la biographie "Ramaphosa, l’homme qui voudrait être roi".

Début 2012, Cyril Ramaphosa a obtenu les faveurs du président Jacob Zuma, devenant vice-président du parti aux dépens de Julius Malema. Si pendant cinq ans, il a pris soin de protéger Jacob Zuma, éclaboussé par divers scandales, afin de maintenir une cohésion au sein du parti, il promet aujourd’hui de tourner définitivement la page. (…).
Rumeursdabidjan.net