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"Un tableau ni sombre ni reluisant" dans le secteur des BTP au Togo

Publié le jeudi 24 mai 2018, par

La campagne de sensibilisation du Réseau National multi acteurs de Protection sociale au Togo, sur diverses conventions de l’OIT (Organisation Internationale du Travail), poursuit son bonhomme de chemin. Après les enseignants du privé et du confessionnel, et les travailleurs domestiques, c’est au tour des travailleurs du secteur du bâtiment et des travaux publics, et précisément ceux membres de la FTBC (Fédération des Travailleurs de Bois et de la Construction) d’être outillés ce jeudi à Lomé sur la Convention 167 de l’OIT.

D’après le chef service d’inspection du travail et aussi Secrétaire général du Syndicat Autonome des Contrôleurs et Inspecteurs du Travail, Yao Enyonam Koussodji, principal communicateur des différentes phases de cette campagne, il est avant tout question pour le Réseau, de « sensibiliser les acteurs et veiller à ce que l’Etat togolais puisse faire respecter les textes qui existent déjà et qui protègent ces différents secteurs d’activités mentionnés. Au même moment, saisir cette opportunité pour inviter l’Etat togolais à ratifier des conventions qui protègent plus spécifiquement ces secteurs ».

Et pour le cas spécifique des travailleurs du secteur des BTP, « au-delà de l’existence juridique au niveau national et international, nous visons la Convention 167. C’est cette convention pour laquelle nous œuvrons aujourd’hui pour que l’Etat togolais l’inscrive à son agenda et œuvrer à la ratifier et faire un effort pour que cela puisse être mise en œuvre, mise en pratique ».

Que dit cette convention 167 ?

Cette question posée à M. Koussodji a été l’objet d’une réponse claire : « Quand nous prenons le secteur des BTP, c’est un secteur à risque, parce que les travailleurs sont exposés au quotidien à des risques et souvent mortels. Cette convention est donc revenue sur les fondamentaux, notamment en matière de sécurité santé au travail, sur tous les gages, toutes les mesures qui doivent être prises pour que le travailleur du bâtiment et des travaux publics puisse se sentir en sécurité sur son lieu de travail. Elle donne par exemple la possibilité à un travailleur de ce secteur, lorsqu’il est face à un danger imminent, de se retirer face à ce danger en évoquant des motifs assez valables. De l’autre côté, cette convention demande également à l’entreprise lorsqu’il y a des chantiers, à ce que toutes les dispositions soient prises pour garantir un environnement sûr et sain non seulement pour ceux qui sont sur les chantiers mais aussi ceux qui sont aux alentours de la réalisation de ces chantiers et qui peuvent aussi être victime ». Et elle ne s’arrête visiblement pas là. Elle « demande aussi à ce qu’on puisse associer les travailleurs à la mise en œuvre des mesures de sécurité et santé sur le lieu du travail ».

Fondant donc la démarche du Réseau National Multi acteurs de Protection sociale du Togo, ils formulent à leur tour la demande « à ce que les travailleurs soient équipés, qu’il s soient mêlés au choix de ces équipements. Et comme objectif principal, prévenir les risques professionnels sur les chantiers. Et si dans la mesure du possible on n’arrive pas à prévenir, au moins il faut limiter, et si on a pris toutes les dispositions mais que le malheur arrive, que l’entreprise puisse réparer les dommages et toutes les conséquences fâcheuses qui peuvent en découler pour les travailleurs ».

Faisant l’état des lieux du secteur même des BTP au Togo, le communicateur trouve que les activités dans ce secteur sont accrues depuis 2010 avec des grands travaux et plusieurs chantiers ouverts dans le pays. Ce qui a d’ailleurs attiré l’attention des acteurs à s’intéresser à ce secteur qui par le passé ne présentait pas d’engouement. Il reconnait qu’au départ quand on ouvre les chantiers, les problèmes naissent, mais une fois que l’inspection est associée aux procédures, on parvient toujours à s’entendre. Bien que d’avis que « la sécurité et santé sur les chantiers ou les lieux de travail, ça a un coût », il se désole de ce que « beaucoup d’entreprises ne sont pas encore prêtes à s’investir », ce qui fait que, l’on peut constater simplement en faisant un tour sur des chantiers des BTP, « des travailleurs à mains nues et pieds nus, qui creusent des rigoles et autres ». Toutefois et pour conclure, l’inspecteur Koussodji s’est refusé de « décrire un tableau totalement sombre ou totalement reluisant » pour le secteur des BTP au Togo, en ce qui concerne la sécurité et santé au travail.

Autres couche cible qui sera prochainement l’interlocutrice du Réseau National Multi acteurs e la Protection sociale, ce sera les travailleurs du secteur des mines.

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