Afrique

UA, « une mue managériale irrémédiablement en marche », selon Pax Africana

Publié le mardi 27 novembre 2018, par Gabinho

La Fondation Pax Africana a foi en une Afrique nouvelle. Dans une déclaration, cette fondation créée par l’ancien Secrétaire général de l’OUA et ancien Premier ministre du Togo, posant un regard sur les résolutions du 11ème Sommet extraordinaire des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA (Union Africaine) qui a eu lieu à Addis-Abeba du 17 au 18 Novembre 2018, constate « qu’une mue managériale de l’UA est irrémédiablement en marche ». De Kagamé à Al Sissi à la tête de cette organisation continentale, Edem Kodjo espère que cette flamme de réformes soit maintenue.

Voici la déclaration….

« FONDATION PAX AFRICANA »/DECLARATION N°012/2018 :

Administration de l’UA : Une aube nouvelle point le nez
Le 11e Sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union africaine s’est tenu à Addis-Abeba du 17 au 18 Novembre 2018 sur un ordre du jour majeur : la réforme institutionnelle.

Ce Sommet a conforté et matérialisé la détermination des pays africains à combler un vide dont ils prennent de plus en plus conscience. Les questions essentielles suivantes ont donc été attaquées de front : la restructuration de la Commission et le renforcement des pouvoirs de l’exécutif de l’Union ; le rétablissement d’une hiérarchie ; la réforme du financement et sanctions contre les mauvais payeurs, et la création d’une Agence de développement. Ainsi, le NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique) a été transformé les 17 et 18 novembre derniers en Agence de développement de l’Union africaine. Le Sommet a redéfini très précisément le mandat de cette institution, et a surtout intégré son budget à celui de l’UA.

C’est le lieu d’adresser une félicitation particulière au Président en exercice de l’Union Africaine, le Président du Rwanda, Paul Kagamé, pour la détermination, le courage, la perspicacité et la finesse avec lesquels il a mené ces travaux d’Hercule jusqu’au bout de son mandat. PAX AFRICANA espère vivement que le Président Al Sissi d’Egypte qui prend la suite, conduira ces réformes à terme et permettra à l’Union Africaine de renaître. Et d’être comme au départ, sous la conduite des Pères Fondateurs, une source d’espérance et de fierté pour tous les Africains.

Pour l’heure, les résolutions issues de ce 11e Sommet extraordinaire démontrent qu’une mue managériale de l’UA est irrémédiablement en marche. Les faits parlent d’eux-mêmes. L’effectif de l’Exécutif de l’organisation panafricaine est désormais réduit de dix à huit membres : un président, un vice-président et six commissaires. La parité devra y être respectée : si une femme est Présidente, un homme sera vice-président et vice-versa. Il y aura également trois Commissaires de sexe féminin et trois de sexe masculin, et l’équilibre entre les cinq régions (Nord, Ouest, Est, Centre, Australe) devra également être pris en compte.

Jusqu’à présent sujet de condescendance et de vives polémiques, la définition, l’exécution et la gestion du budget de l’UA sont dorénavant restructurées. Une réforme qui permettra au Président de la Commission de l’Union Africaine et à son vice-président d’avoir, à l’avenir, le contrôle sur le budget et les ressources humaines de l’institution continentale. Il pourra, par exemple, décider désormais de mettre fin aux fonctions d’un de ses Commissaires. Il s’agit de réinstaurer clairement une hiérarchie afin que l’exécutif de l’UA ait la force et la légitimité suffisantes pour mettre en œuvre les décisions que les dirigeants prennent Sommet après Sommet (et dont seuls 10% sont effectivement appliquées, selon des statistiques officielles).

Il y a urgence en la matière. L’une des grandes décisions du Sommet ordinaire de Kigali, en juillet 2016, a été l’adoption d’une taxe de 0,2% sur une liste de produits importés afin de « sécuriser » le paiement par les 55 membres de l’UA de leur contribution financière annuelle. L’UA dépend actuellement des donateurs étrangers, qui, en 2019, paieront 54% de son budget total de 681,5 millions de dollars (environ 596 millions d’euros). Seule une indépendance financière de l’UA lui conférera ses entières lettres de noblesse dans la géopolitique des organisations internationales.

D’où le bien-fondé du durcissement (envisagé par ce 11e Sommet extraordinaire) des sanctions contre les membres de l’UA qui payent avec retard ou ne payent pas du tout leur contribution annuelle. « Nous sommes à un mois de la fin de l’année budgétaire, les contributions sont seulement à hauteur de 50% », dixit le Président de la Commission, Moussa Faki Mahamat. Une interpellation, un cri du cœur qui doivent émouvoir toute l’Afrique et sa diaspora.

Le 25 mai 2019, l’UA célébrera ses 56 ans d’existence ; gageons à partir de cet anniversaire à consolider ses pas certains vers son autonomie financière qui lui offrira une nouvelle place dans la géopolitique mondiale.

Fait à Lomé, le 27 novembre 2018