Infos Togo Chronique de Kodjo Epou

The exit door, Sir

Publié le mardi 10 novembre 2020, par Gabinho

Trump s’est offert en spectacle, son pays avec lui, à la face du monde. Quatre ans de spectacle "no stop", lassant, stressant. L’Amérique est atteinte dans son honneur. Le prix, c’est la porte de sortie pour le ridiculement prétentieux et suffisant président, après l’escale des urnes. La diversité de la société américaine et son métissage racial ont chassé Donald Trump de la Maison blanche. Reste qu’il faudra, d’ici au 20 Janvier 2021, le mettre hors d’état de nuire en émoussant sa dangerosité. Comme on doit s’y attendre, sa gouvernance faite de mises en scène fastidieuses, d’épisodes douloureux, n’est pas sans laisser de profondes fractures qu’il faudra soigner et guérir : la démocratie américaine est largement écornée et n’est plus vue de l’extérieur avec admiration. Malgré le chaos et l’outrage qu’a représenté son passage à la Maison Blanche, Trump, un président extrêmement impopulaire a, de peu, failli s’en sortir, grâce au soutien d’une forte majorité de la population blanche parmi laquelle, étrangement, des évangéliques et des chrétiens ultra-conservateurs. Ce soutien, qui est au fait un blasphème, plutôt motivé par des penchants racistes n’a pas suffi à assurer au despote litigieux sa réélection. Preuve irréfutable que l’Amérique reste un pays fondamentalement multiracial réfractaire au racisme systématique porté par des groupes suprémacistes promus et soutenus ces dernières années par un certain Donald, le tout suffisant maître de la Maison blanche que Cooper Anderson, CNN, qualifiera sévèrement de " tortue obèse retournée sur le dos". Trump est durement sanctionné pour avoir, pendant son mandat, glorifié la violence, insulté les dignes fils de son pays dont l’héroïsme et la bravoure font la fierté de l’Amérique. Il s’est mis à dos beaucoup de monde, y compris dans son propre parti, pour sa calamiteuse gestion du mortel virus, Covid-19, et faute d’être un représentant direct de toutes les composantes de la société américaine. Il prend la porte, lourd de honte comme une bosse dans le dos. Ceux qui ont voulu rester ses soutiens inconditionnels jusqu’à la fin n’ont pas fait le poids devant un électorat plus jeune, plus métissé, enclin au vivre-ensemble et soucieux de redonner ses lettres de noblesse au modèle démocratique de leur pays à la face du monde. A partir du 20 janvier, ces fiers Américains auront à la Maison blanche, comme au temps des Clinton, Bush et Obama, un leader capable d’empathies, cognitive et émotionelle, première qualité d’un président qui veut être en phase avec ses électeurs et l’ensemble de son peuple, un homme qui rende une fois encore l’Amérique attrayante et intelligente. Joe Biden, un vieux routier de la politique, humaniste et gorgé d’expériences est l’homme de la situation ; il pourrait ne pas être le parfait président qu’on pourrait attendre qu’il soit après le chaotique mandat de Trump. Trop de déchirures à recoudre ! Mais il sera, certainement, la figure politique qui inspire à la fois le monde extérieur et le peuple américain, c’est-à-dire le meilleur ange qui restore l’image dégradée de la grande Amérique. Il y a des craintes que sa présidence se heurte à de nombreux obstacles, son parti n’ayant pas pu obtenir un Congrès et un Sénat dodus pour soutenir les actions fortes de réparation de la société qu’il doit à ses concitoyens. Toujours est-il que pendant les quatre prochaines années, les Etats-Unis qui ont, depuis 2016, cahoté dans la brume épaisse, vont connaître, à tout le moins, une trêve de scandales et respirer un peu l’air de l’humanisme qui a tant fait défaut sous l’administration Trump. C’est le lieu de signaler que la constitution américaine commence à afficher quelques failles, notamment dans ses institutions législatives et judiciaires, celles-ci étant de moins en moins fonctionnelles et réactives dans leur déroulement, surtout en matière électorale. Il est peut-être venu le temps de procéder à des réformes qui installent davantage de garde-fous contre les dérives d’un quelconque occupant de la Maison Blanche ou d’une quelconque autorité légale car, une loi, sans une bonne moralité de celui qui doit l’appliquer est comme une hache entre les mains d’un psychopathe. En tout état de cause, les plaintes déposées par Donald Trump pour fraudes électorales seront sans effet et ne pourront rien changer à la victoire de son rival. Ces plaintes, si elles ont un quelconque mérite, c’est qu’elles vont tout au plus ralentir au perdant le choc de sa défaite et lui amoindrir la douleur. L’élection est finie ; même les juges les plus doués n’y changeront rien ; c’est plié : rendez-vous en 2024. Cela va sans dire – il faut s’y attendre – que les ennuis judiciaires de Trump, bientôt, vont commencer à cause de ses vieilles casseroles.

Kodjo Epou
Washington DC
USA