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Technocrate ou politique : quel profil de premier ministre pour Faure Gnassingbé ?

Publié le vendredi 11 janvier 2019, par Gabinho

Il ne fait l’ombre d’aucun doute que depuis la démission du gouvernement Klassou, le locataire de la présidence togolaise doit être en train de lui chercher un successeur. Celui qui doit incarner la primature du Togo pour les 16 prochains mois qu’il reste du quinquennat de Faure Gnassingbé doit avoir des atouts et qualités certains. Entre un technocrate et un politique, le cœur présidentiel doit pencher de quel côté ?

En remportant haut la main la présidentielle de 2015, le président Faure avait fixé un cap clair : mandat social. Pour y parvenir l’homme énigmatique a fait appelle à Komi Selom Klassou. Ce dernier est un cacique de l’appareil d’État. C’est un vieux de la vieille du Rassemblement du Peuple Togolais où il a fait toutes ses classes. Maitre de conférence de son état, le natif de Notsé n’est pour autant pas un technocrate. On le connaît plus comme un politique et un inconditionnel soutien du chef de l’État. Il sait rester dans les rangs, ne fait jamais ombrage à son maître. On ne retiendra de lui durant ses presque trois ans à la primature que les ouvertures et fermetures de colloques et séminaires. L’homme est quasi inexistant. Il se contente d’exécuter. Dans les communiqués des conseils des ministres on lira souvent la phrase fétiche : ""prenant la parole le premier ministre a félicité le chef de l’État pour..."", comme s’il ne servait qu’à cela.
On aurait presque dit que c’est pour cela qu’il a été choisi.

Les technocrates du genre de Gilbert Houngbo sont un peu trop à l’aise. Ils ne savent pas rester dans les rangs. Ils veulent agir... Or un PM qui agit fait de l’ombre au PR. Klassou a compris cela. Il faut rester à sa place. Et lui, apparemment il est trop resté à sa place.

Quand il fallait mouiller le maillot pour défendre le PR et le gouvernement, on ne l’a quasiment pas vu au front. C’est Gilbert Bawara, qui peut se targuer du double manteau de politique et technocrate, qui est allé au front pour sauver la barque et la redresser.
Si Klassou sait rester à sa place, il n’a pas vraiment aidé non plus sur le chantier du social cher au numéro 1 togolais. On ne lui connait aucune initiative, aucune décision... Certes la Constitution togolaise toilettée contraint le PM à un rôle de garçon de course du PR, mais Houngbo et dans une moindre mesure Ahoomey-Zunu savait s’extirper de ces liens pour oser. Klassou ne s’y est jamais risqué. Même sur le PND c’est souvent le PR lui-même qui va aux devants des choses pour défendre ce programme et y attirer les investisseurs.

Ce ne sera pas du tout méchant de se demander à quoi aura vraiment servi Klassou...
Du coup le PR doit décider à quelques mois de la présidentielle 2020.
Quel premier ministre pour mener la bataille ?

Une élection ne se gagne pas le jour du scrutin mais des mois avant. Si Faure Gnassingbé sera candidat ou pas, l’équation revient à la même. Il faut quelqu’un pour mener le parti à la victoire. Mais qui ?

Vraisemblablement, le choix du PR devrait pencher pour un profil politique. Les mois qu’on aborde sont cruciaux et seul un politique peut mener cette bataille.

Sur le mandat social, ce n’est pas en 16 mois restants qu’on fera le miracle qu’on n’a pas fait en presque 3ans. Mais le parti Unir ne doit perdre la présidentielle sous aucun prétexte, ça on peut parier là-dessus. Donc un PM politique fera l’affaire.

Il doit aller au front, convaincre, parler, défendre, bref faire de la politique.

Il faut qu’il rétablisse l’image du parti. Qu’il joue de son poids sur les autres membres de l’opposition, qu’il soit l’image du Togo dans la communauté internationale...

Pour un tel job, beaucoup estiment que Klassou ne ferait plus l’affaire.

Tacitement on sait que le prochain PM doit venir su sud du pays comme toujours. À moins que l’énigmatique président rompe aussi ce principe...

Mais en attendant, chacun peut maintenant voir quel politique fera l’affaire.

Samuel Gnanhoui