Infos Togo Nouveau boycott de la plénière sur les réformes par les députés de l’opposition

Tchao désabusé, décide de s’en remettre aux facilitateurs

Publié le vendredi 30 novembre 2018, par

Prévue pour ce vendredi, la plénière devant aider à l’adoption du projet de loi de révision de la constitution en ses articles 59, 60 et 100, a été finalement ajournée. ET pour cause, les députés de l’opposition togolaise qui avaient autrefois claqué les portes de l’Assemblée nationale parce que le projet de loi qui leur était soumis ne reflétait pas la totalité de leurs réclamations, n’ont pas répondu présents aux travaux. De quoi en tout cas, désabusé le président du groupe parlementaire UNIR et ancien ministre, Christophe Tchao. « Nos collègues de l’opposition ne sont pas arrivés, bien qu’ils aient eu l’information par un communiqué officiel. Dans ces conditions, on ne pouvait pas aller jusqu’au fond de ce texte, procéder à son adoption dans les conditions actuelles. C’est pour cela que, conformément aux dispositions de notre règlement intérieur, la plénière a été ajournée », faisait-il constater à la sortie.

Evoquant le texte qui devrait faire l’objet de cette séance plénière finalement ajournée, le responsable du groupe parlementaire UNIR indique qu’il ne s’agit ni d’un projet de loi intégral proposé par l’expert constitutionnaliste de la CEDEAO, Alioune Badara Fall, ni d’un projet de loi du gouvernement mais d’une fusion des deux textes pour en faire un qui a été adopté par la commission des lois. « La commission des lois a fini son travail, le rapport a été adopté, sinon on ne peut pas fixer la date pour une plénière. Il n’y a pas de texte de la CEDEAO, ni un texte pour le gouvernement. C’est le texte fusionné, le produit final sorti de la commission qui devrait être adopté », apportait-il ce vendredi comme précision.

Si tout porte à croire que Christophe Tchao est désabusé, il ne s’avoue pas vaincu puisque, malgré les regrets, il compte se tourner vers les facilitateurs dans la crise togolaise, les présidents ghanéen, Nana Akufo-Addo et guinéen, Alpha Condé. Et pourquoi faire ? Pour « qu’ils constatent la bonne foi du parti au pouvoir et le comportement des autres », a-t-il laissé entendre.

Pour tout reproche à l’encontre de ce texte hybride, que les députés UNIR comptaient adopter ce vendredi, l’opposition par le biais de professeur Aimé Tchabouré Gogué, président de ADDI et également député de l’opposition, avait préalablement indiqué par écrit sur une plateforme des réseaux sociaux que « ce projet n’a pas fait l’objet de consensus avec l’opposition parlementaire. Il s’écarte du projet de loi que la CEDEAO a soumis au gouvernement à la suite des travaux de l’expert constitutionnaliste ».

On comprend à suffisance que c’est ce qui a motivé le boycott de cette plénière par les députés de l’opposition togolaise et même ceux de l’UFC que l’on disait pourtant être de mêche avec le parti au pouvoir parce qu’étant en accord de gouvernement avec celui-ci.
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