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Sodjinè Odjo, ce jeune éleveur « sans frontière », boosté par le PASA

Publié le jeudi 2 juillet 2020, par Gabinho

Si en commençant en 2016, son élevage de poules, il ne pensait pas à une telle trajectoire, il en est bien là aujourd’hui. Avec sa petite structure, Terre et Océan d’or, sise au quartier Adakpamé Zorro Bar), à l’Est de Lomé, il est bien aujourd’hui dans trois domaines différents d’élevage à savoir, celui des volailles, des caprins mais aussi celui des poissons (la pisciculture).

Rencontré Mercredi par une équipe de la Plateforme Bouge avec le 228 (B228), dont faisait partie un reporter de Telegramme228, René Koffi Sodjinè Odjo n’a pas hésité à partager son parcours mais également ses secrets, avec les hommes de médias.

Comment en est-il arrivé là ?
Titulaire d’un Baccalauréat série D et d’un BTS en Gestion des Collectivités locales, l’histoire de Sodjinè commence par un simple élevage des poules sans grande conviction ni trajectoire, en attendant que l’horizon s’ouvre soit par un travail en bonne et due forme. Toutefois, les choses sont allées dans la même trajectoire pour celui qui au fil des jours, semaines et mois prend goût à cette première activité, surtout formations après formations (FAIEJ, le PNPER…). Ainsi, il étendra dans un premier temps ses affaires à l’élevage des caprins, avant de passer à l’élevage des poissons (pisciculture) à la suite d’un stage à l’ITRA à Agbodrafo en 2017. De l’autre côté, il y a le Concours de la CONFEJES, en 2017, puis 2018, qui ont encore renforcé Sodjinè dans ses activités. Il obtiendra dès lors du financement de la part de la Francophonie, puis par la suite, du PASA (Projet d’Appui au Secteur Agricole), d’une valeur de 3,5 millions de F cfa, pour l’élevage des poules locales qui viendra l’aider à étendre ses activités mais aussi et surtout, à gagner en temps. Parlant de ce dernier financement, il a expliqué la nécessité de celui-ci dans son parcours par le fait qu’il était pour lui à un moment donné, indispensable de se trouver du financement pour « augmenter la capacité de production pour satisfaire le besoin sur le marché togolais ».

Evoquant l’intérêt du financement du PASA, le jeune éleveur multi-dimension, a confié que « le PASA nous a été beaucoup utile. Avant, je n’avais pas tout le matériel et équipements nécessaires à l’évolution du travail, notamment, la couveuse, parce qu’elle coutait chère. Aujourd’hui, avec cette couveuse, ça va vite. J’avais un petit poulailler, aujourd’hui le poulailler, il est grand, et c’est par le PASA que je l’ai eu avec 5 compartiments, les mangeoires, les abreuvoirs, les produits vétérinaires, jusqu’à augmenter l’effectif des géniteurs. En bref, le PASA a boosté notre activité et nous sommes désormais passé du stade de petit éleveur pour le stade d’éleveur commercial ». Et d’ajouter, « avec la couveuse, je peux avoir au moins 270 poussins en 21 jours, mais avant, quand je veux synchroniser les couveuses des poules, je ne fais pas pour que ça dépasse 5 poules, et si ces poules ont 10 œufs chacune, vous allez voir que j’aurais 50 au maximum en 21 jours. On perd aussi du temps ».

Les projections
S’il est parvenu, lui qui 5 ans plus tôt cherchait du travail en rapport avec sa formation de base, la Gestion des Collectivités locales, l’ancien stagiaire de l’ITRA, Sodjinè Odjo, avec sa jeune structure a offert aujourd’hui trois emplois directs (permanents) et trois indirects (temporaires) à des jeunes gens comme lui. Toutefois, le fondateur de « Terre et Océans d’or », née timidement en 2016, ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. « Actuellement, cette structure, je veux la faire évoluer en coopérative agricole sous la même dénomination. Les démarches sont faites et nous attendons l’agrément, associé le maraichage à la pisciculture, des activités concernant la transformation », c’est ainsi décliné les ambitions proches de ce jeune togolais qui a vite compris que l’auto-emploi peut aussi être bénéfique.

De ses chiffres d’affaires, il se veut imprécis. « Le chiffre d’affaire n’est pas standard, il évolue en fonction de la demande, des fois dans le mois, vous pouvez faire 200.000 F cfa, ou en bas ou au-delà. Tout dépend des commandes » qui d’après lui portent essentiellement sur la vente des poussins, des poulets marchands, de la fiente…

Et comme conseil de Sodjinè Odjo aux jeunes togolais comme lui, « il faut aller petit-à-petit pour réaliser son rêve ».

Son cas n’est qu’un cas parmi tant d’autres qui ont positivement changé le cours de leur histoire grâce au financement du PASA et des structures décentralisées du gouvernement togolais.
T228