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Sept révélations à ne pas ignorer

Publié le jeudi 3 septembre 2020, par Gabinho

Le moins qu’on puisse dire à l’heure actuelle, c’est que le microcosme socio-politique de la préfecture de Tchamba a quitté les rives du long fleuve de la sérénité, de la cohésion et de la paix. Les difficultés et incertitudes nées de la difficile saison du club Koroki couronnées par la démission de son président Sanounou Agbere n’ont pas encore trouvé de solution que le limogeage de Madame Aïssatou Titikpina Abdoulaye et tout ce qui entoure sont venus creuser une plaie qui attendait d’être pansée. Au-delà de tout ce qui a été dit, écrit et fait, il est utile de souligner des faits qui éclairent davantage la situation. Révélations.

Vu tout ce qui est écrit et dit sur cette situation dans la préfecture de Tchamba, centre-Est du Togo, à 35 km de Sokodé, le sentiment est fort de dire que c’est l’ex-préfet, Madame Titikpina, qui est au centre de tout. Selon certaines de nos sources, elle est tout simplement la victime d’une querelle de famille biologique. « Ce qui est évident, ceux qui sont intellectuellement honnêtes peuvent le reconnaître, c’est que tout s’est passé comme si des gens avaient besoin de faire tomber le préfet Titikpina. Certains faits sont saisissants et autorisent sans hésitation la possiblité de la thèse du complot », a expliqué une source rencontrée à Tchambakomé à Lomé. En effet, en rassemblant et recoupant les différentes informations recueillies, il se dégage cette prééminence de Madame Titikpina dans la crise actuelle. Est-elle victime ou coupable, en vérité ?

Conflit de genre
Il est abondamment relayé sur les réseaux sociaux des reproches sur le caractère de l’ex préfet. On l’a traitée d’« arrogante », d’« insoumise » voire d’« impolie », sans retenue. Une source fait remarquer que ces reproches sont tout simplement l’expression de l’orgueil mâle fondé sur le caractère phallocratique de la société Tchamba, qu’elle soit d’inspiration coutumière ou islamique. « Dans cette préfecture, on ne doute pas que le rôle de la femme n’est pas de donner des ordres mais de jouer les seconds rôles et de rester l’appendice des hommes. De ce fait, la présence de Madame Titikpina à la tête de la préfecture, ce qui d’ailleurs a été salué par la population, n’a jamais plu à certaines chapelles. Son sens de responsabilité et sa rigueur sont ainsi parfois interprétés comme de l’arrogance et de l’impolitesse », raconte la source. « Une femme qui ne se soumet pas aux desiderata des hommes n’est pas autre chose qu’impolie, vous voyez le lien ? », conclut la source.

Une autre source, institutrice dans la banlieue Est de Tchamba, confirme cette lecture tout en soulignant que depuis des années c’est l’Etat togolais lui-même sous l’inspiration du président Faure Gnassingbé, qui fait la promotion des filles et des femmes. « C’est absurde d’en vouloir à Madame Titikpina pour la simple raison qu’elle est femme à la tête d’une préfecture à majorité musulmane. Les temps ont changé, il ne faut pas l’oublier. De plus, n’est-ce pas le signe des réussites de la politique du Chef de l’Etat de changer la condition de la femme dans la société togolaise ? », s’est-elle indignée. « Celui qui veut noyer son chien l’accuse de la rage, disent les Français. C’est visiblement le cas », a-t-elle conclu.

Affaire des 17 mille F CFA
Selon toute vraisemblance, c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. L’emprisonnement d’un jeune homme avait mis le feu aux poudres tant et si bien que des cadres de la préfecture ont dû accourir pour éteindre le feu. Selon nos informations, le seul motif pour lequel ce jeune a été arrêté et déféré est son impertinence en détournant une carcasse de boeuf : assis à côté de l’adjoint au maire à un moment où Madame le Préfet donnait des instructions à ce dernier, le jeune opportuniste s’en fut exécuter lesdits à son propre compte. « En plus, il s’est montré arrogant et n’avait pas hésité à défier l’autorité publique », apprend-on.

Pourquoi le forfait à verser pour bénéficier du don de boeuf pour la Tabaski est-il passé de 10 mille F CFA à 17 mille F CFA ? C’est la grande question qui a cristallisé les bouderies. Explication rapide : « Jusque-là, c’est 10 mille qui donnait droit à un boeuf. Mais à contexte exceptionnel, mesures exceptionnelles. Le premier contexte est celui du coronavirus. Pour éviter les regroupements d’ailleurs interdits par un décret d’Etat, le préfet a recommandé aux membres de l’association intermédiaire de faire abattre les boeufs hors de la ville. Ces derniers ont ainsi décidé de le faire dans les villages d’Affem Boussou et Dagma. De là, les carcasses seraient acheminées dans les familles bénéficiaires par des tricycles. Le coût de ce transport était de 2000F CFA directement remis aux transporteurs. En outre, vu les difficultés rencontrées par le Comité provisoire installé par le Comité ad hoc pour gérer le quotidien du club Koroki, vu la menace de démission de ce comité qui n’a pas les moyens de démarrer les préparatifs de la nouvelle saison, il a été proposé et admis au sein du Comité ad hoc de lever des frais à hauteur de 5 mille F CFA qui serviront à lancer les préparatifs de la saison. Ce sont ces paramètres qui ont fait varier le forfait à payer pour bénéficier du don de bœuf de Tabaski », a-t-on appris.

Explication sensée, a priori. La source souligne que l’argent ainsi levé au profit du club Koroki a été mis à la disposition du comité provisoire composé de l’ancien adjoint au maire, de l’actuel adjoint au maire et de l’ex secrétaire général, entre autres. « Les décharges existent », a-t-il ajouté.

Coronavirus à Tchamba
La décision gouvernementale d’imposer un couvre-feu à Tchamba et de boucler la ville ont attiré l’attention de plus d’un sur la situation jugée alarmante du coronavirus dans la ville aux mille mosquées. Sur les réseaux sociaux, l’ex préfet a été pointée du doigt pour avoir favorisé cette diffusion rapide du virus et surtout pour en être elle-même malade. Nos recoupements permettent de dire que la situation de la pandémie n’est nullement le seul fait de ce qu’on peut appeler « la crise des boeufs de la Tabaski ». Des sources signalent qu’en la faveur de la célébration de cette grande fête islamique, des dizaines d’étrangers ont trouvé les moyens d’entrer dans la ville, en dépit des interdictions et des restrictions. De plus, durant cette période, plusieurs cérémonies funèbres, de mariage et de baptême ont été organisées. « Les forces de l’ordre n’y avaient vu que du feu. Des gens venus d’un peu partout, avaient envahi Tchamba avant, pendant et après Tabaski de sorte qu’on ne peut pas dire que c’est les rencontres tenues dans le cadre de la crise des boeufs qui ont fait grimper les chiffres de la contamination dans la ville », explique une source. Une autre indique : « De la même manière, à suivre les mouvements autour du domicile de l’ex préfet, rien n’autorise à croire ni à penser à une quelconque contamination à la Covid-19. Si on a pu le dire à son sujet, c’est sans doute dans un dessein funeste ».

La situation à Tchamba n’a sans doute pas encore révélé tous ses secrets. Il faut peut-être souhaiter que le premier Ministre ou le Chef de l’Etat lui-même fasse diligenter une enquête afin que la vérité soit servie aux populations. Affaire à suivre.

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