Infos Togo Prison civile d’Atakpamé

Sans procès depuis 6 ans, un prévenu se meurt d’une hernie énorme aux testicules

Publié le vendredi 6 septembre 2019, par Gabinho

Les autorités judiciaires daigneront-elles se tourner sur le cas de ce prévenu déposé à la prison civile d’Atakpamé depuis près de six (06) ans sans jugement ?
Essih Koffi est son nom. Agent à la préfecture d’Amlamé, il a été victime d’un coup de tête par un vendeur de houe au marché d’Amlamé qui refusait de s’acquitter de sa taxe de…100 FCFA. Le vendeur avait presque assommé le sieur Essih Koffi alors que celui-ci s’interposait entre lui et un collègue.

Près d’un mois plus tard, on convoque le sieur Essih Koffi pour l’informer que son agresseur, le vendeur, était décédé. Rappelons que l’auteur du coup de tête avait eu naturellement le front abimé, et sa victime Essih, les dents de devant défoncées par le coup reçu.

Les juges qui se sont succédé depuis au Tribunal d’Amlamé avaient-ils pris le temps de creuser suffisamment avant de déposer le malheureux à la prison, sans jugement aucun depuis ce temps ? Des assises se succèdent, mais personne ne s’est jamais soucié du sort d’Essih Koffi. Parce qu’il n’a pas les bras longs ou n’a pas de relations haut placées pouvant mettre fin à cette énième injustice.

Et pour corser son sort, la malnutrition et les conditions carcérales lui ont fait développer une hernie énorme que nous avons pu voir quand nous lui avions rendu visite il y a déjà plusieurs mois. Nous avions ouï dire que le procureur actuel d’Amlamé l’aurait reçu et lui aurait promis une intervention chirurgicale et une relaxe pure et simple avant la fin de cette année. En bref, on passera par pertes et profits ce cas qui, malheureusement, n’est pas le seul dans les prisons civiles du Togo.

Pour combien de temps encore ce citoyen togolais croupira-t-il en prison pour une faute qui n’a jamais été établie ? Un vent d’affectation soufflera bientôt sur le corps judiciaire ; un autre procureur viendra peut-être à Amlamé ; et Essih Koffi continuera à demeurer dans l’oubli total. Et pourtant, le Togo veut se dire un Etat de droit.

Liberté No.2995 du Mardi 03 Septembre 2019
N.B : Titre retouché