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SADD relance le débat autour du Code spécifique sur l’apprentissage au Togo

Publié le mercredi 30 octobre 2019, par Gabinho

Il est défini comme ""la voie par excellence pour les jeunes de se former aux métiers de l’artisanat en vue de les exercer plus tard soit comme employé soit comme travailleur indépendant"". L’apprentissage constitue ainsi "" un débouché qui contribue à réduire le taux de chômage au Togo"", un taux qui est chiffré d’après les études, pour le chômage et le sous-emploi cumulés à 29,3%, l’auto-emploi de la population active, particulièrement des jeunes. Une réalité qui oblige à se tourner vers ""l’auto-emploi de la population active, particulièrement des jeunes qui est l’une des alternatives incontournables pour lutter contre la précarité"".

Mais d’après les responsables de SADD qui ont réuni différents acteurs (administration publique et acteurs du privé) en atelier de sensibilisation ce Mercredi, force est de constater que malgré leurs plaidoyers et ceux du BIT-Togo ""pour le regroupement des différents textes régissant l’apprentissage en un document unique pour faciliter leur connaissance, leur compréhension et sans aucun doute leur respect"", ce qui furent entendus par les autorités en charge de l’apprentissage qui ont engagé un processus d’élaboration d’un Code spécifique sur l’apprentissage au Togo depuis 2010, on en est toujours bien loin d’un Code spécifique de l’apprentissage comme souhaité. Ainsi, Victoire Yao, Assistante chargée de l’animation et la formation à SADD, peint toujours en noir le tableau de l’apprentissage qui, bien qu’ayant ""toujours fait l’objet de réglementation depuis l’époque coloniale, les conditions de travail et de vie des apprentis ont été caractérisées par des abus multiformes"". Elle a citer entre autres abus, ""de longues heures de travail ; des punitions corporelles ; des violences verbales, dégradantes et humiliantes ; des harcèlements sexuels ; des travaux domestiques et champêtres presque obligatoires pour les apprentis au profit des maîtres-artisans ce qui les privent d’un temps raisonnable de formation ; la non jouissance des jours fériés par les apprentis ; les conditions d’hygiène et de sécurité précaires dans les ateliers ; le recours de certains maîtres-artisans à des contrats d’apprentissage illégaux au mépris du contrat type officiel ; les charges financières très onéreuses pour les cérémonies dites de « libération » etc"". Chose qui, d’après elle, est regrettable, vu les multiples actions de sensibilisation que SADD ainsi que le gouvernement togolais ont effectué dans ce sens.

Si SADD explique ce phénomène qui perdure par la méconnaissance des textes réglementant ce secteur par les acteurs (maîtres-artisans, apprentis, parents ou tuteurs des apprentis), une méconnaissance aggravée par l’éparpillement desdits textes en plusieurs documents difficiles à maîtriser, ce qui favorise ""les violations des droits des apprentis sans qu’aucune possibilité de sanctions ne puisse s’appliquer aux acteurs de ces violations"" et reste convaincue de ce que ""les conditions de travail et de vie des apprentis plus haut citées ne peuvent être améliorées que grâce à un cadre juridique contraignant mais adapté, préoccupation qui est prise en compte dans l’avant-projet Code spécifique sur l’apprentissage en cours d’adoption"", et dans l’optique de donner un visage humain à l’apprentissage, la structure dirigée par Yves Dossou, "" appelle par conséquent tous les acteurs de l’artisanat et de l’apprentissage et les départements ministériels concernés à s’impliquer dans la relance du processus en vue de l’adoption du Code spécifique et sa mise en application effective. Ce serait l’occasion également d’engager la réflexion pour voir comment associer les acteurs concernés dans la relecture du nouveau contrat type officiel d’apprentissage afin de revoir le contenu dudit contrat"".

Entre autres objectifs donc de ce atelier qui réunit des acteurs venus de la Direction Générale du Travail (DGT), le Ministère du Travail, de la Fonction Publique et de la Réforme Administrative (MTFPRA), la Direction de l’Apprentissage et de la Formation Professionnelle, (Ministère de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle (METFP), la Direction des Examens, Concours et Certifications (DECC), le Ministère de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle (METFP), la Direction de l’Artisanat, (Le Ministère du Développement à La base, de l’Artisanat, de la Jeunesse et de l’Emploi des Jeunes), la Direction de la Jeunesse et de l’emploi des jeunes, (Ministère du Développement à La base, de l’Artisanat, de la Jeunesse et de l’Emploi des Jeunes), la Chambre Régionale de Métiers et les syndicats et corporations des artisans, il y a la relance du ""processus d’adoption du code spécifique de l’apprentissage en vue de son adoption et une mise application effective et revoir le contenu du nouveau contrat d’apprentissage"".

Pour ce faire, ils auront à ""passer en revue les conditions d’apprentissage des jeunes et mettre en évidence le non-respect de leurs"", à ""relever ensemble les problèmes lié à la non adoption du code spécifique de l’apprentissage aux autorités"", à ""mettre en évidence la pertinence et l’utilité du code spécifique de l’apprentissage"", à ""amener les décideurs présents à cet atelier à partager les préoccupations des uns et des autres en lien avec la non adoption du Code"", à ""faire des recommandations et définir des stratégies appropriées pour l’adoption du Code"" et à ""engager des réflexions sur la possible relecture du contrat type d’apprentissage pour son amélioration"".

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