Infos Togo Contrôle et marquage des armes

Jonas Paka, SP de la CNLPAL : "" Au moins 10.000 armes sont détenues par des personnes privées au Togo""

Publié le jeudi 16 novembre 2017, par Gabinho

La Commission nationale de lutte contre la prolifération, la circulation et le trafic illicites des armes légères et de petit calibre sera très prochainement à Kpalimé pour la suite de ses ateliers de renforcement de capacités et d’appropriation du Traité sur le Commerce des Armes (TCA). Vu l’importance capitale que donne la Comme à ces ateliers, l’opinion se demande ce que deviendra la question du TCA aussitôt la série d’ateliers finie en février 2018. Selon Jonas PAKA, Secrétaire Permanent de ladite Commission, après les ateliers, d’autres actions s’en suivront que la fin des ateliers ne soit pas synonyme de page tournée sur la problématique du TCA. De quelles autres actions s’agit-il ?

T228 : Depuis quelques temps nous attendons parler d’ateliers sur le Traité sur le commerce des armes. C’est quoi le TCA et à quoi servent ces différents ateliers ?

Jonas PAKA : Le Traité sur le Commerce Armes (TCA) est un traité multilatéral qui institue les normes communes les plus strictes possibles aux fins de réglementer ou d’améliorer la réglementation du commerce international d’armes classiques et de prévenir et éliminer le commerce illicite d’armes classiques et empêcher le détournement de ces armes.

Globalement, les ateliers initiés visent à développer les capacités des acteurs de mise en œuvre et les autres acteurs de la société civile pour leur permettre de s’approprier le contenu du texte en vue de leur responsabilisation dans le cadre de l’accomplissement de leurs missions respectives.

De manière spécifique ils visent à :

- améliorer les connaissances des différents acteurs sur le contenu du TCA ;

- ressortir les rôles respectifs des acteurs dans le processus de mise en œuvre du TCA ;

- contribuer à travers le plaidoyer à l’adoption de texte moderne au plan national qui intègre les aspects pertinents du TCA ;

- contribuer à la vulgarisation du TCA et de l’avant-projet de loi relatif au régime des armes au Togo.

T228 : Les ateliers ont commencé en septembre et devront finir en février prochain. Après ce délai, la question sur le TCA sera-t-elle classée ?

Jonas PAKA : Non, la question sur le TCA ne sera pas classée étant donné que l’article 5 du TCA indique que chaque État Partie prend toutes les mesures nécessaires pour mettre en œuvre les dispositions du présent Traité et de disposer d’un régime de contrôle national efficace et transparent. Cela étant, la mise en œuvre concernant les autres mesures de mise en œuvre seront poursuivies.

T228 : Ces ateliers sont organisés par la commission nationale de lutte contre les armes légères. Monsieur le secrétaire permanent, expliquez-nous ce que veulent dire concrètement les différentes attributions données à la Commission

Jonas PAKA : Il nous plait de rappeler que la commission nationale de lutte contre la prolifération, la circulation et le trafic illicites des armes légères et de petit calibre a été créée par décret N° 2001-98/PR du 19 mars 2001.

Elle a pour mission d’assister le gouvernement dans la conception et la mise en œuvre de la politique nationale de lutte contre la prolifération, la circulation et le trafic illicites des armes légères et de petit calibre au Togo (art.2)

A ce titre, elle est, notamment chargée de :

- proposer au gouvernement toutes actions et réglementations qui concourent à la lutte contre la prolifération, la circulation et le trafic illicites des armes légères et de petit calibre ;

- coordonner les actions des différents départements ou services de l’Etat impliqués ou intéressés par la lutte contre la prolifération des armes légères ;

- initier et impulser des actions pédagogiques susceptibles de sensibiliser les populations sur les dangers de la prolifération des armes légères ;

- établir et entretenir des relations de coopération technique, dans le domaine de lutte contre la prolifération, la circulation et le trafic illicites des armes légères et de petit calibre, avec les organismes et les organisations chargés de la question au plan international, régional, sous régional et national ;

- œuvrer à la promotion de la culture de la paix.

T228 : Une des activités de la commission, est le marquage des armes. En quoi consiste cette opération ?

Jonas PAKA : L’opération de marquage consiste à graver des inscriptions permettant l’identification d’une arme. Dans la pratique, le marquage d’une arme facilite le traçage d’une telle arme qui n’est autre que le suivi systématique du parcours des armes à feu, de leurs munitions et des autres matériels connexes depuis le fabricant jusqu’à l’utilisateur final en vue d’aider les autorités nationales à détecter la fabrication, le commerce et le trafic illicites.

T228 : Depuis que la commission est créée, combien d’armes sont marquées ?

Jonas PAKA : Jusqu’à présent l’opération de marquage initiée par le gouvernement, à travers la Commission sur les armes légères, a permis de marquer au moins 10 000 armes détenues par des personnes privées. A côté de chiffre que d’aucuns pourraient qualifier d’impressionnant, il y a encore des sollicitations de la part des populations sur l’ensemble du territoire pour que leurs armes non marquées le soient dans les jours à venir.

Du fait de cette sollicitation le gouvernement a encore initié en mars dernier avec le concours de certains partenaires techniques et financiers un autre projet à poursuivre le marquage des armes restantes des populations civiles et engager celui des forces de défense et de sécurité.

T228 : Monsieur le secrétaire permanent, une fois encore merci pour votre disponibilité !

Jonas PAKA : C’est plutôt nous qui vous remercions pour cet accompagnement précieux de votre part.