Afrique KENYA /LA PESTE DU SEXE

QUATRE MILLE FILLETTES ENCEINTES ENTRE MARS ET JUIN

Publié le lundi 20 juillet 2020, par Gabinho

En quelques semaines après la fermeture des écoles, quatre mille adolescentes se sont retrouvées enceintes dans la région de Machakos. Le phénomène étant devenu national, après une phase de déni, les autorités kényanes se sont finalement emparées de l’affaire et le ministre kényan de l’Éducation appelle à l’interdiction de la pornographie dans le pays.
Elles ont tout juste entre 12 à 18 ans et les causes de ce fléau sont multiples. Rapport sexuels non protégés, viols prostitution, etc.
« Lorsque nous essayons de comprendre, nous faisons toujours le même constat : les parents confient leurs enfants à des proches dans leur village, à leurs grands-parents par exemple, avant de retourner en ville. Une fois partis, ils ne savent pas ce qui se passe et ne prennent plus de nouvelles de leurs enfants. Ces enfants sont livrés à eux-mêmes sans que personne ne prenne soin d’eux », explique Salome Muthama, la responsable du département enfance du comté de Machakos.
Même si ce fléau est antérieur au coronavirus il s’est empiré avec la fermeture des écoles en mars et on note une fille sur cinq soit enceinte ou sur le point de donner naissance.
Le gouvernement Kenyan attend bloquer l’accès à la pornographie. « Ces filles, c’est-à-dire nos filles et nos petites-filles, tombent enceintes comme si nous ne faisions que penser au sexe. Je vais demander au gouvernement que l’on bloque l’accès à la pornographie dans ce pays. Je pense que c’est une décision sage et appropriée. D’ailleurs, pourquoi ces sites pornographiques sont-ils accessibles au Kenya ? Qui en a besoin ? Ne me dites pas que parce qu’aux États-Unis, les gens y ont accès, on devrait y avoir accès ici. Beaucoup de pays ont bloqué ces sites et leur culture n’en est que meilleure », soutient le ministre.
« La vie de ces jeunes filles est détruite La moitié d’entre elles vont probablement se marier au plus vite, encore mineure, la plupart ne retournera pas à l’école et elles vont devoir commencer à travailler si jeune. C’est une vie de misère qui les attend », se désole Salome Muthama.
Yvette S. /T228