Infos Togo Crise sociopolitique au Togo

Quatre Centrales syndicales font connaitre leur position

Publié le mardi 23 janvier 2018, par

Il s’agit de la CSTT (Confédération syndicale des travailleurs du Togo), du GSA (Groupe des syndicats autonomes), de la STT (Synergie des travailleurs du Togo) et l’UNSIT (Union nationale des syndicats indépendants du Togo). Ces quatre Centrales syndicales, face à la presse ce jour se sont prononcées sur la situation de crise sociopolitique que traverse le Togo depuis Aout 2017. A travers une déclaration commune, ces centrales syndicales interpellent le Chef de l’Etat, Faure Gnassingbé, le gouvernement Klassou, le parti au pouvoir UNIR et la coalition des 14 partis politiques de l’opposition, « sur l’obligation expresse de réunir toutes les conditions nécessaires et de s’engager résolument et très rapidement dans un dialogue franc, sincère, honnête et sans question tabou ». Dans les lignes qui viennent, trouvez l’intégralité de la déclaration….

DECLARATION relative à la crise sociopolitique du Togo
Nous appelons à la résolution rapide, à travers un ultime dialogue franc, sincère, honnête et sans question tabou, de la grave crise sociopolitique que traverse à nouveau notre pays le Togo.
Depuis le 05 octobre 1990, soit depuis 27 ans, le Togo est englué dans une crise sociopolitique récurrente et à multiples rebondissements, dont les conséquences n’ont cessé d’être dramatiques pour le Peuple togolais tout entier.
Faute d’un règlement définitif, la crise s’est à nouveau dangereusement exacerbée à partir du 19 août 2017, avec à la clé des manifestations populaires de masse dans les rues de Lomé et dans plusieurs villes de l’intérieur du pays, à l’appel de la Coalition de 14 partis de l’opposition, pour exiger le retour intégral à la Constitution originelle de 1992, les réformes électorales et le vote de la diaspora aux élections.
Face à cette contestation, le gouvernement et le parti au pouvoir ont de leur côté d’abord appelé à des contre-manifestations, avant de décider d’introduire à l’Assemblée nationale un projet de loi portant modification de la constitution révisée en 2002. Les conditions n’étant pas toutes réunies à cette étape pour l’adoption des réformes par la représentation nationale, cette dernière a opté pour l’organisation d’un référendum sur la proposition de loi, perspective résolument rejetée par l’opposition.
C’est ainsi que les deux parties, pouvoir et opposition, campent chacune sur leurs positions, malgré les appels de chefs d’Etat de la sous-région, de personnalités diverses et de différentes confessions religieuses.
Par ailleurs, des violences et provocations ont à certains moments émaillé les manifestations, avec l’apparition de miliciens armés ; des Togolais, manifestants ou non, des éléments des forces de l’ordre et de défense sont blessés, d’autres ont même perdu la vie…
Suite aux graves événements survenus, des citoyens pour leur survie ont dû fuir pour se cacher en brousse ou pour se réfugier dans les pays voisins ; certaines localités particulièrement, comme les villes de Sokodé, Bafilo et Mango, ont subi le siège des forces de défense et de sécurité et ont été longtemps interdites de manifestations.
A l’analyse, la situation que vit le pays depuis plus de cinq (5) mois, le conduit inexorablement, si l’on n’y prend garde, à des lendemains très difficiles. Le dialogue annoncé, en réponse à des médiations nationales et internationales, peine à se mettre en place, les protagonistes n’arrivant pas à s’accorder sur le format et les modalités du dit dialogue.
Cet état de fait qui paralyse le pays pendant les journées de marche, a commencé par avoir un impact négatif sur les activités économiques dans le pays, et risque à terme d’entrainer des fermetures d’entreprises et des pertes d’emplois.

C’est pourquoi, des Centrales syndicales togolaises, rassemblant les organisations de défense des droits des travailleurs et travailleuses, droits qui font partie intégrante des droits de l’homme, tout en condamnant les violences sous toutes ses formes et d’où qu’elles viennent, décident :
- d’interpeller le Chef de l’Etat, le gouvernement, le parti au pouvoir et la coalition des 14 partis politiques de l’opposition, sur l’obligation expresse de réunir toutes les conditions nécessaires et de s’engager résolument et très rapidement dans un dialogue franc, sincère, honnête et sans question tabou, en vue d’un dénouement satisfaisant de la crise. Il s’agit d’un ultime dialogue, sachant que plusieurs de ce genre ont eu lieu depuis celui de Colmar en 1993, et après les recommandations de la Commission Vérité, Justice, Réconciliation (CVJR) ainsi que les récentes consultations du Haut-commissariat à la réconciliation et au renforcement de l’unité nationale (HCRRUN) ;
- de mettre en garde la classe politique togolaise contre toute manœuvre tendant à enliser le Togo dans la phase actuelle d’une crise qui n’a que trop duré, au nom d’intérêts personnels, égoïstes et partisans, par des calculs bassement politiciens.

Les travailleurs et travailleuses togolais réaffirment et revendiquent leur droit à vivre et à œuvrer dans la paix, dans un Etat démocratique où toutes les conditions de l’exercice des libertés civiles et politiques, du droit d’élire et de changer les gouvernants sont garanties.

Fait à Lomé, le 22 janvier 2018

Ont signé :
Pour la CSTT
Le Secrétaire général
Komlan AGBENOU

Pour Le GSA
Le Secrétaire général
Adjeh Koffi GUEZO

Pour La STT
La Coordinatrice générale
Nadou LAWSON-OLOUKOUNLE

Pour l’UNSIT
Le Secrétaire général
Komlan NOUWOSSAN