Infos Togo Affaire de chefferie dans le Canton de Dzolo

Populations et la majorité du Conseil coutumier indignées par les contre-vérités du préfet de l’Avé

Publié le jeudi 22 mars 2018, par

Elles ne sont pas d’accord avec les contre-vérités du préfet de l’Avé sur l’histoire de Dzolo dans la cadre de la désignation du chef de canton dans la localité de Dzolo. Raison pour laquelle, les populations de Dzolo, par un Mémo en date du 02 Mars dernier ont saisi le ministre de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités Locales.

Pour la majorité du Conseil coutumier (10/15) qui se fait porte-parole des populations du village ainsi que des ressortissants à travers le monde entier, considèrent les actes du préfet comme « une ingérence malencontreuse, inadmissible et inacceptable dans l’histoire de la chefferie de Dzolo et n’entendent pas céder à cette méthode cavalière de procéder, dont les résultats auraient pu, depuis longtemps, provoquer des troubles, n’eût été l’intervention des associations des cadres et ressortissants du village appelé à plusieurs reprises à la rescousse par les Sages du village ».

Ensemble, elles implorent l’indulgence du ministre Boukpessi pour « éviter des situations conflictuelles aux conséquences imprévisibles, qui pourront nuire à la cohésion sociale du village de Dzolo ». Elles souhaitent dès lors la convocation d’une « rencontre entre les protagonistes pour rétablir la vérité des faits historiques et démontrer la légalité des actes posées par le Conseil coutumier ».

Dans les lignes qui viennent, trouvez le Mémo en question…

Préfecture de l’Avé Dzolo, le 02 mars 2018

---------

Conseil coutumier du canton de Dzolo

La majorité des membres

(10 sur 15)

---------

Mémo à l’attention de Monsieur le Ministre de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités Locales

LOME

Objet : Indignation de la population face à la déformation de l’histoire de Dzolo par le Préfet dans la cadre de la désignation du chef de canton

Excellence, Monsieur le Ministre,

Nous, membres du conseil coutumier du canton de Dzolo, venons par cette présente, vous livrer les raisons qui nous ont motivées, conformément à nos attributions et à nos us et coutumes, à désigner un nouveau chef canton de Dzolo, constaté par Procès-verbal en date du 23 Mars 2017 qui devrait mettre fin à la régence mise en place par le procès-verbal en date du 19 février 2016.

Nous venons vous saisir du fait que le préfet outrepasse le rôle qui lui est assigné en s’immisçant dans l’histoire de la chefferie traditionnelle de Dzolo dont il ignore la quintessence. Il cherche à tout prix à imposer un chef traditionnel aux populations de Dzolo par le biais d’un conseil de trône créé de toute pièce par une famille de l’actuel chef défunt alors que plusieurs chefs issus de l’authentique clan royal ont eu à régner avant cette famille. Le préfet cherche à cautionner cette situation qui est en contradiction avec nos us et coutumes ainsi que les dispositions juridiques régissant la Chefferie traditionnelle au Togo.

Ayant déjà pris partie dans cette affaire, nous ne serions pas étonner qu’il essaye à tout prix de dénigrer, au niveau de sa hiérarchie, le travail du Conseil coutumier dont lui-même a reconnu la légalité et la légitimité auprès du Chargé de la Chefferie traditionnelle au Togo M. Ido le 19 Janvier 2018 en présence d’une délégation dudit Conseil dans les locaux du Ministère, au profit d’un conseil de trône qui n’a pas raison d’être, dans le cas précis de Dzolo. Cette manière de faire vise à amener le ministère à prendre une décision contraire à celle du Conseil coutumier légal, qui a l’assentiment de toute la population de par son travail dans le cadre de la mise en place de la régence. Pour le préfet de l’Avé et la famille du chef-défunt, notre village n’a connu qu’une véritable chefferie à partir de 1926, l’année qui consacre l’intronisation du Chef Amaglo Sadzo II. Si l’on admet que cette hypothèse est vérifiée, la question qu’on peut se poser est : peut-on avoir un chef « Sadzo N°2 » et « Sadzo N°3 » sans « Sadzo N°1 » ? Si la réponse est logiquement « non », Qui est alors « Sadzo N°1 » ?

Ce mémo vient à point nommé répondre à cette dernière question qui parait simple mais en réalité complexe.

En effet, il est clair que ce comportement du préfet de l’Avé démontre que ce dernier pour des raisons inavouées, a préféré déformer l’histoire de la royauté de Dzolo. Il a préféré passer outre, le travail du conseil coutumier légalement constitué dont la liste des membres vous a été transmise par son entremise.

Excellence, Monsieur le Ministre,

Nous venons rétablir la vérité des faits historiques de la royauté du village de Dzolo, chef-lieu du canton de Dzolo dans la préfecture de l’Avé. Ceci vous permettra de connaître l’origine de la chefferie dans ce village, les raisons qui ont guidées le conseil coutumier à considérer le cas de Dzolo comme celui où deux familles ont eu à régner conformément aux dispositions de l’alinéa 2 de l’article 15 du décret nº 2016-028 PR du 11 mars 2016 portant modalités d’application de la loi nº 2007-002 du 8 janvier 2007 relative à la chefferie traditionnelle et au statut des chefs traditionnels du Togo qui stipule : « au cas où, il n’existe pas de trône de chefferie, cas où plusieurs familles ont eu à régner ….. »

Nous osons croire que c’est dans la recherche de la vérité des faits que le législateur a confié la désignation du chef traditionnel à un conseil coutumier composée de différentes personnes qui maîtrisent et connaissent l’histoire de leur localité depuis sa création.

On ne peut déformer facilement l’histoire de Dzolo, qui a su utiliser les vertus de la tradition orale sans citer les différents écrits en langue locale que certains de nos aïeux ont laissés. Il est démontré dans tous les annales que l’histoire de la chefferie reste intrinsèquement liée à l’histoire des localités administrées, surtout celles du peuple Ewé venus de Notsè.

Histoire du village de Dzolo et de sa chefferie

Le village de Dzolo est fondé avant l’arrivée des allemands au Togo vers les années 1720, et revêt donc une existence de trois (3) siècles.

Avant l’arrivée des Allemands, les rois étaient en même temps des prêtres, gardiens des fétiches. Le fétiche dont il était question était un trône doté d’un pouvoir du nom de Togbui Zikpui (Trône des aïeux). Les prêtres de ce trône fétiche ne relèvent que d’un seul clan appelé clan « Godzo ». Le trône était adoré par les populations du village qui lui devaient dévotion et reconnaissance car elles le considéraient comme leur protecteur durant tout le périple de l’exode après la fuite du royaume d’Agbogbo à Notsè. Dans la croyance de l’époque, le trône fétiche seul pouvait les protéger dans les forêts qu’elles traversaient car étant à la merci des animaux sauvages.

Le Chef Gala issu du clan Godzo était le premier chef avec qui le trône fétiche était établi à l’emplacement actuel du village de Dzolo à partir de 1720 après les Chefs Ngo, Bake et Kôta-Messan, tous issus du clan Godzo, qui ont eu à conduire les populations de Dzolo lors de leur exode de Notsè. Le trône fétiche existe de nos jours à côté des différents trônes utilisés par les chefs successifs du clan Godzo notamment Gala, Koko, Sadzo, Agbolossou, Amedo puis Adabra et est établi depuis lors jusqu’à nos jours dans la Maison Centrale du grand Clan Godzo. Ils sont au niveau du couvent vaudou du village situé dans le quartier Djégoé.

Le clan Godzo est un ensemble de familles ayant le même aïeul. Le choix des chefs a toujours été dans ce clan depuis la création du village. Il est reconnu au village comme le clan royal. Au temps des chefs au trône fétiche, la Chefferie était l’émanation de la volonté de l’esprit qui animait le trône. L’esprit choisit son adepte et lui donne le pouvoir de chef protecteur. L’esprit du trône ne faisait seulement son choix que dans le clan Godzo comme c’est le cas dans toutes les pratiques du fétichisme où le trône fetiche ne choisit ses prêtres que dans la descendance de la toute première famille qui a eu à exercer son sacerdoce.

La chefferie à l’époque de la colonisation Allemande, Anglaise/Française

Togbui Agbolossou était le Chef spirituel et en même temps Chef du village de Dzolo, qui était en place quand les colons allemands, arrivèrent dans le village pour la première fois (Voire le manuscrit laissé par un Sage du village nommé Nathanael en 1953). Le lien a été créé et le temps que les Allemands aillent délivrer au niveau central un acte de reconnaissance et revenir au village, Agbolossou était décédé. Il fut succédé par son petit frère Amedo qui fut reconnu chef, au retour des Allemands. Après le règne de Amedo, ce fut Adabra Akpa, qui fut reconnu comme son successeur par un acte délivré par l’administration allemande au Togo (Confère l’histoire établie par écrit par un collège de Sages en 2007 du vivant de Togbui Amaglo Sadzo III qui a lui-même été consulté lors du rétablissement de cette vérité historique au cours des activités marquant la célébration du Centenaire de l’Eglise évangélique presbytérienne de Dzolo. Cette célébration en 2007 prouve à suffisance que le village de Dzolo existe et dispose d’une administration locale comme tout village éwé, il y a plus d’un siècle). La reconnaissance du chef Adabra relevant toujours du Clan Godzo a fait démarquer, le statut de chef spirituel (XↃmefia ou Glime Fia) à celui de chef reconnu par les Allemands (Yovo Fia) pour être plus conforme aux exigences de l’administration coloniale allemande en place.

Le lien maternel entre le clan GODZO et la famille AMAGLO

En réalité, dans les us et coutumes du peuple éwé, il arrive que la chefferie soit confiée à un membre de la famille par un lien matrimonial, à l’issue d’un certain nombre de considérations au moment de l’organisation de la succession suite à la démission ou au décès d’un chef. Dans ce cas, en pays Ewé, le bénéficiaire “ad hoc” de la Chefferie est simplement considéré comme un “Gardien conjoncturel du Trône” en attendant le positionnement d’un véritable héritier patriarcal. Le village était devant ce cas d’espèce en 1926. La confiance que les familles cultivaient à cette époque ne peut présager des problèmes, au cas où la famille royale d’origine réclamerait sa propriété (trône). Le clan Godzo croyant que la famille Amaglo honorerait ses engagements au moment venu, a accepté que l’enfant de l’une de ses filles (neveu de Togbui Adabra et petit-fils de Togbui Amedo), soit couronné Chef. C’est ce qui fut fait par la désignation du Chef Amaglo Eklou Hendry dont le père biologique se nomme Tsikata Adzida originaire d’Ando, un village d’un canton voisin de Dzolo. Il est pris comme successeur d’Adabra qui avait entre-temps démissionné. En clair, le lien biologique de Amaglo Sadzo II depuis 1925 avec le Trône de Dzolo est tissé par le fait que sa mère biologique du nom de Xodemiso est issue du clan Godzo. C’est à ce moment que le trône royal est passé des mains du clan Godzo à celles des Amaglo venu rester à Dzolo suite à une succession matrimoniale à titre exceptionnel. Il est indiscutable que nous sommes en présence du cas de “gardien de Trône” et non d’un “Héritier parfait et indiscutable du Trône”.

Le Chef Amaglo Sadzo II fut intronisé en 1926. Il est suivi par son fils (Amaglo SADZO III) en 1985 avec l’accord du clan Godzo en récompense des bonnes œuvres que son père à réalisées et suite à une sollicitation expresse de ce dernier adressée au clan Godzo dont l’un de ses fils, Martin Akpa (fils de l’ancien Chef Adabra Akpa) lui était désigné comme Secrétaire et un autre, Sam Ahondo (petit-fils d’Adabra Akpa), lui était assigné comme porte-parole ou Dutsamigã). Il a fallu en toute confiance à ce dernier de mettre à la disposition du Chef Amaglo SADZO III, le document original de reconnaissance de Adabra, pour des formalités administratives, avant d’être reconnu par l’administration togolaise. Au début de cette affaire de succession, la famille Amaglo a vidé et fait disparaitre des documents de la bibliothèque privée du Chef défunt, de peur que l’on ne découvre ce document qui pourrait compromettre leurs versions déformées de l’histoire de la chefferie que le préfet de l’Avé tente de relayer partout. Pourtant, le chef Amaglo Sadzo III de son vivant, reconnaissait la place du clan Godzo comme le clan royal de droit, raison pour laquelle il n’a pas trouvé d’inconvénient pour se faire entourer des membres de ce clan pour l’appuyer dans l’administration du village. C’est pour cela d’ailleurs, que les reliques sacrées servant aux cérémonies d’intronisation des Chefs du Village en l’occurrence le Trône sacré, sont détenues par le clan Godzo qui les garde jusqu’à ce jour.

L’origine du nom du trône Sadzo

Le nom Sadzo donné au trône lorsque le Clan Godzo a confié la chefferie à un de ses neveux (chef Amaglo Sadzo II), fils d’une fille Godzo, n’était pas conforme à l’ordre de succession. Depuis la création du village de Dzolo, ce n’est pas Sadzo qui fut le premier chef de village. Sadzo était en réalité le troisième Chef et prêtre des fétiches du village à son emplacement actuel. L’opinion avait jugé bon d‘honorer le nom de cet ancien Chef, en donnant son nom au successeur du Chef Adabra Akpa car la mère de Amaglo Sadzo II est une descendante directe de ce Chef, un patriarche issu du clan Godzo. C’est d’ailleurs pourquoi, à cette époque de la colonisation française (1926), on ne pouvait qu’affecter le nombre 2 à ce nom de trône pour montrer que Amaglo Sadzo II n’était pas le premier chef du village de Dzolo.

Si l’on devrait respecter l’ordre de succession au trône depuis la création du village, le Chef Amaglo Sadzo II devrait être nommé : Gala VI. Mais comme cela se fait, partout en Afrique et particulièrement en pays ashanti, d’où plusieurs milieux Ewe ont hérité certaines pratiques au niveau de la Chefferie, un nouveau Chef intronisé peut prendre le nom d’un des patriarches qui a eu à reigner avant lui pour des considérations qui lui sont propres. Et les décomptes se font à partir de ce patriarche. L’histoire récente du Maroc illustre parfaitement cette pratique car l’ancien roi s’appelait Hassan II mais son successeur direct qui se trouve d’ailleurs à être son fils, a choisit le titre royal d’un autre patriarche pour se faire appeler Mohamed VI. Ceci illustre parfaitement le cas du village de Dzolo où Eklou Amaglo Hendry qui a succédé à Adabra Akpa a choisi de prendre le nom du grand-père de sa mère biologique, qui, faut-il le repreciser, est l’un des patriarches du Clan Godzo.

Mais s’il faut respecter l’ordre de succession, depuis l’arrivée des allemands, en comptant par Agbolossou, Amedo et Adabra, la famille Amaglo devrait être le quatrième chef. (Confère l’oraison funèbre lue à l’occasion des funérailles du chef AMAGLO Sadzo II).

Le lien royal du choix actuel du conseil coutumier

Comme c’est dit précédemment, le clan Godzo est un ensemble de familles ayant le même aïeul. Comme cela est de coutume dans nos sociétés africaines, la descendance d’un clan peut regorger de plusieurs familles de noms différents. Le lien patriarcal garde son essence de par l’organisation au sein du clan. La personne désignée actuellement par le conseil coutumier et dont les dossiers sont transmis au préfet pour sa hiérarchie est un arrière-petit-fils de l’aïeul Godzo. Le grand-père de l’intéressé se nomme Ahiadjo, un des fils de Wodui, qui fut le benjamin de la fratrie d’Agbolossou, premier chef rencontré par les colons allemands mais malheureusement décédé avant la remise du document administratif devant le consacrer. Le père de l’ancien Chef Adabra, le patriarche Kpogli et le patriarche Wodui ascendant et arrière-grand-père de M. Ahiadjo Kwami Robert (choix du conseil coutumier), étaient des frères consanguins, fils d’un même père nommé Agbo lui-même descendant direct du Grand Patriarche Godzo.

Excellence, Monsieur le Ministre,

Voilà présenté en condensé, l’histoire de notre localité. Il ne s’agit pas d’un jeu où on additionne les chiffres affectés au nom Sadzo II et III, pour conclure que l’histoire de la chefferie a commencé en 1926. Le village de Dzolo n’est pas fondé en 1926 et ce n’est pas en cette année qu’il a connu son organisation politique et sociétale. Le simple fait que l’Eglise évangélique presbytérienne ait célébré en 2007, le centenaire de son implantation à Dzolo démontre qu’en 1907, c’est-à-dire deux décennies avant la chefferie de Amaglo Sadzo II, il y avait une communauté organisée qui existait dans cette partie du Togo (la préface du document relatif à ce centenaire a reconnu le règne des chefs du clan Godzo). C’est une pure invention de faire croire à l’opinion que la Chefferie de Dzolo a commencé avec le règne de la famille Amaglo en 1926 et de déclarer que le Trône n’a jamais quitté cette famille royale car aujourd’hui le village se prépare à célébrer le Tricentenaire de sa création comme cela est enseigné dans toutes les écoles du Togo.

Aujourd’hui, plusieurs vestiges, reliques ainsi que les récades marquant l’autorité sous lesquels les chefs du clan Godzo, ont travaillé existent. Aussi, le Président des Chefs Traditionnels de la préfecture de l’Avé, Togbui FIATY, constitue-t-il une personne ressource dans le récit des faits mentionnés.

Les raisons qui nous poussent aujourd’hui, à vous adresser d’urgence ce deuxième mémorandum après celui en date du 12 avril 2017 qui vous faisait part des péripéties qui ont jalonné ce processus de désignation sont les suivantes :

Le préfet de l’Avé M. Awou Kossi continue à garder le procès-verbal de désignation du nouveau chef canton qui lui a été transmis par voie d’huissier le 07 février 2018 ; ceci après avoir refusé à maintes reprises de réceptionner le procès-verbal pour transmission à sa hiérarchie depuis le 27 février 2017.

La patience affichée des populations qui réclament un chef en leur tête en remplacement du chef défunt. L’information qui nous est parvenu par le biais du préfet de l’Avé, au début des problèmes rencontrés dans cette affaire, serait que le ministère initiera une rencontre afin de mieux comprendre les raisons qui ont motivé le choix de la personne désignée comme nouveau chef canton de Dzolo. Cette information a été confirmée à l’issue d’une rencontre que le conseil coutumier a eu avec le directeur de la chefferie traditionnelle M. Idoh, le 19 Janvier 2018 (rencontre au cours de laquelle le Préfet de l’Avé a reconnu la légalité du Conseil Coutumier) ; ce qui n’a pas été fait, du fait de votre agenda surchargé, d’après ce dernier.

Cette initiative que nous apprécions devrait permettre aux différentes parties se réclamant de lignée royale, de par l’histoire de Dzolo, à apporter chacun des arguments et pièces justificatifs pouvant confirmer ou infirmer le choix du conseil coutumier légalement mis en place.

Des messages d’intoxications sont ventilés par le préfet dans la population qui dit soupçonner des pratiques de corruption des membres du conseil coutumier. Ces allégations mensongères sur les personnes qui composent le conseil coutumier n’est pas arrivé à ternir l’image et le respect que la population a envers le conseil coutumier ; Les membres du conseil coutumier composé, pour la plupart de chef de quartiers et de villages ne sauraient accepter ce dénigrement par rapport à leur statut. Ils voudraient porter à la connaissance du ministre qu’ils condamnent fermement ces allégations non-fondées et ce comportement qui dénote le manque de respect envers les chefs et le mépris qu’il a envers nos us et coutumes et leurs garants légaux.

Les populations du village ainsi que les ressortissants à travers le monde entier, considèrent ces actes du préfet comme une ingérence malencontreuse, inadmissible et inacceptable dans l’histoire de la chefferie de Dzolo et n’entendent pas céder à cette méthode cavalière de procéder, dont les résultats auraient pu, depuis longtemps, provoquer des troubles, n’eût été l’intervention des associations des cadres et ressortissants du village appelé à plusieurs reprises à la rescousse par les Sages du village.

Excellence, Monsieur le Ministre,

Avec votre indulgence et afin d’éviter des situations conflictuelles aux conséquences imprévisibles, qui pourront nuire à la cohésion sociale du village de Dzolo, nous venons vous prier humblement de convoquer cette rencontre tant attendue entre les protagonistes pour rétablir la vérité des faits historiques et démontrer la légalité des actes posées par le Conseil coutumier.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de nos considérations distinguées.

POUR LA MAJORITE DES MEMBRES DU CONSEIL COUTUMIER

Ont signé :

Nom et prénoms des dix membres avec leur signature