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PND : qu’en pensent concrètement les ingénieurs ?

Publié le jeudi 30 mai 2019, par Gabinho

En attendant la formalisation très prochaine de l’ordre national des ingénieurs du Togo par le gouvernement, les ingénieurs se mobilisent pour montrer leur détermination pour le développement économique du Togo, surtout la réussite du plan national de développement (PND).

Une marche de santé a eu lieu tôt ce jeudi matin. Elle est organisée par le comité de suivi de mise en place de l’ordre national des ingénieurs du Togo et l’association des professionnels diplômés de l’école nationale supérieure d’ingénieurs. Les ingénieurs ont parcouru une distance d’environ 10 km entre les quartiers Agbalepedogan et Agoè.

Cette marche sera suivie les 31 mai et 1er juin d’un atelier de réflexion sur le PND.

“C’est déjà une bonne chose que d’avoir un Plan National de Développement pour le Togo sur la période de 2018 à 2022. Cela veut dire qu’il y a au moins une vision, qui a été décliné en divers projets avec des objectifs à atteindre”, a martelé dans cette interview Marius BAGNY, secrétaire général du comité de suivi de l’ONIT.

L’ONIT envisage aussi le lancement officiel de la 2ème édition de la Journée Nationale de l’Ingénieur en juin ou juillet. Les ingénieurs vont aussi s’associer à l’organisation de certains salons professionnels relatifs aux secteurs d’ingénie.

Le 29 septembre 2018, près de deux cent ingénieurs togolais se sont réunis en assemblée générale à la suite de leurs aînés qui œuvraient déjà pour la règlementation de l’exercice de leur profession. À la fin de cette assemblée générale, ils ont approuvé un projet de texte de loi portant règlementation d’exercice de la profession d’ingénieur et création de l’ordre national des ingénieurs du Togo, et un projet de code de déontologie à proposer aux autorités nationales pour adoption.

Où sont-ils exactement avec ces idées ? Que comptent-ils concrètement faire dans le PND comme ils le disent ? Marius BAGNY donne des précisions dans cette interview.

Que devient le projet d’adoption des textes de création de l’ONIT ?

Marius BAGNY : Le 26 décembre 2018, les conclusions de cette JNI ainsi que les projets de textes furent transmis au Ministre de l’Enseignement Supérieur afin que l’information soit portée au niveau du Gouvernement et que le processus d’adoption des textes de loi portant création effective de l’ONIT, soit enclenché.

Depuis le début de l’année 2019, les contacts ont été repris avec divers membres du gouvernement, pour faire avancer le projet.

Bref, le processus suit tout doucement son cours, parce que comme on s’y attendait il faut tenir compte de l’agenda et des priorités du gouvernement, même s’il faut reconnaitre que la question de la règlementation de l’exercice de la profession d’ingénieur sur la terre de nos aïeux, est d’une importance capitale. Tout simplement, parce qu’il ne se passe pas de jour sans qu’il n’y ait des dégâts et des pertes diverses, à cause de cette non règlementation. Il n’en faut pour preuve que la résurgence des inondations à Lomé, qui conduit une fois de plus l’opinion publique à se poser la question de savoir s’il y a des ingénieurs dans ce pays et quelle est leur contribution dans les études, la réalisation, le suivi et le contrôle de certains ouvrages au Togo.

Les propositions des ingénieurs sont connues du gouvernement, à qui il revient désormais faire le nécessaire pour pouvoir introduire un projet de texte de loi au niveau de l’Assemblée Nationale pour adoption.

Dans ces conditions comment fonctionne l’ONIT aujourd’hui ?

Marius BAGNY : Depuis son apparition sur scène publique en septembre 2018, l’ONIT a été sollicité par le Ministère de l’Urbanisme d’alors pour prendre part aux divers travaux qui ont conduit à la réforme du permis de construire au Togo.

Depuis le début de cette année, l’ONIT fait partie de la commission d’inspection des ouvrages en construction mise en place par le Ministère de la Ville et dont les missions se déroulent bien à la satisfaction du Ministère et surtout des autres partenaires cette commission.

Du 12 au 13/02/2019 nous avons très activement participé à l’atelier de renforcement des capacités sur les politiques de sauvegardes environnementale et sociale de la Banque Mondiale.

Du 26 février au 1er mars, l’ONIT a participé à la réunion des experts pour l’examen des projets de textes communautaires régissant les professions d’ingénieur et d’ingénieur-conseil du secteur du bâtiments et travaux publics & travaux particuliers (BTP&TP) dans les Etats membres de l’UEMOA.

Le 26 mars 2019, nous avons pris part à l’atelier de validation des termes de référence de l’avant-projet de code de l’urbanisme et de la construction où nos apports ont permis de reconsidérer dans le fond, certains aspects de ces TDR.

Depuis le mois d’avril, nous sommes devenus partenaire du Salon International de l’Immobilier et de l’Habitat, Fest’Immo, avec une première participation visiblement très attendue et remarquée à la cinquième édition de ce salon début mai.

Vous constaterez donc que nous avons déjà une très bonne collaboration avec le Ministère de la Ville. Nous travaillons activement à établir des axes de collaboration avec d’autres Ministères, organismes, institutions et sociétés de la place pour un meilleur développement de leurs activités.

Vous dites PND, qu’en pensez-vous au juste ?

Marius BAGNY : C’est déjà une bonne chose que d’avoir un Plan National de Développement pour le Togo sur la période de 2018 à 2022. Cela veut dire qu’il y a au moins une vision, qui a été décliné en divers projets avec des objectifs à atteindre.

Ce qu’on retient rapidement c’est que ce plan se fonde sur des acquis et des atouts dont dispose déjà le Togo pour se projeter. Il ambitionne de capter 65% de ses investissements auprès du secteur privé tant national qu’international.

Il est ici important de préciser que le secteur privé national est constitué de plusieurs société d’ingénierie appartenant à des compatriotes et qui apportent déjà une importante contribution à l’économie togolaise.

Cependant, les questions que les ingénieurs se posent sont en autres les conditions d’élaboration des projets à réaliser dans le cadre du PND, leur faisabilité, les conditions d’exécution de ses projets, ainsi que tout le processus de suivi et contrôle, permettant de s’assurer au final que le PND est bien réalisé. Parce que les 4622 milliards de francs CFA en plus des intérêts dus aux investisseurs et aux banques, ceux sont les togolais qui les paieront d’une manière ou d’une autre. Il est donc très important que les togolais soient satisfaits de la réalisation efficiente des divers projets de ce plan.

Lorsqu’on a la chance de sortir du Togo et de voir d’autres pays en Afrique de l’ouest, ailleurs en Afrique ou en Asie, l’on comprend que le Togo est vraiment « l’or de l’humanité ».

Mais l’évidence reste qu’on ne tire toute sa valeur de l’or que lorsque l’orfèvre s’est bien appliqué à faire ressortir tout son potentiel.

Le Togo, notre pays, à un énorme potentiel, grâce à plusieurs atouts, dont la qualité et les compétences de ses ingénieurs. Il ne nous reste plus qu’à en user pour démontrer à la face du monde tout ce potentiel qui sommeille encore.

Comment l’ONIT peut-il contribuer à la réussite du PND ?

Marius BAGNY : La contribution des ingénieurs à la réussite du PND, passe d’abord par l’appropriation par des derniers, du PND, de sa vision et des divers projets.

Pour cela les ingénieurs seront en atelier de réflexion les 31 mai et 1er juin 2019, afin de mieux comprendre le PND et ses projets pour déterminer ensuite leurs apports pour sa réalisation efficiente. Pour cet atelier les ingénieurs ont fait appel aux spécialistes du PND au sein du gouvernement pour une présentation détaillée. Ils échangeront ensuite entre eux pour pouvoir faire les propositions et recommandations nécessaires.

Concernant le PND, avez-vous meme été associés à son élaboration ?

Marius BAGNY : L’ONIT n’a pas été associé à l’élaboration du PND, puisque le texte de loi qui aurait pu permettre que l’ONIT soit consulté ou associé d’une certaine manière à ce plan, n’est encore qu’à sa phase de proposition au gouvernement.

Cependant, nous osons croire que des ingénieurs présents dans les divers maillons de l’appareil d’Etat ont contribué aux études et travaux ayant conduit à ce plan.

Nous ne savons pas si d’autres ordres professionnels concernés par le PND ont été consultés, mais de toutes les façons, nous comptons apporter notre contribution à la réalisation effective et efficace de ce PND.