Infos Togo Financement de la rébellion de Godome Déwouna contre le Conseil d’administration et la Fucec-Togo

Plusieurs millions ponctionnés du compte du personnel de la Coopec Solidarité

Publié le mardi 28 juillet 2020, par Gabinho

La dynamique insurrectionnelle enclenchée pour sectionner les cordons de filiation de Coopec Solidarité à la structure faîtière, la Fucec-Togo, a viré dans une délinquance financière qui fait réagir vigoureusement le personnel de la Coopec qui constate, par surprise, la disparition de plusieurs millions d’un compte commun. Un crime économique qui porte la signature du chef section Comptabilité, Ketika Elom, sous la houlette de son mentor Godome Déwouna, ex directeur, qui se fait attribuer gracieusement, en violation de toute procédure, des avantages indus après son licenciement. L’immiscion de la Commission bancaire de l’Umoa, de la Direction nationale de la BCEAO et des autorités togolaises pour régler le conflit interne à la Coopec Solidarité et le bras de fer l’opposant à la Fucec Togo n’aura pas suffi à entamer la détermination du directeur licencié à relever tous les défis impossibles, pour se maintenir sur son siège et continuer imperturbablement sa mission, celle d’écarter Fucec Togo en vue de faire de Coopec Solidarité sa propriété privée.

Mobilisation de toutes les chaînes de l’appareil judiciaire, des hommes et des dieux, recours aux pratiques les plus mafieuses, sur fond d’obscurantisme et d’incompétence, Godome Déwouna aura tiré toutes les cordes à son arc pour annuler la décision du Conseil d’administration (CA) de Coopec Solidarité actant son licenciement le 28 février 2020. En vue de nourrir la farouche guerre ouverte contre son employeur, le CA, l’homme s’est attaché les services de certains délégués véreux du personnel qu’il a ralliés à sa cause. Trois de ces délégués ont, entre-temps, effectué des descentes musclées dans plusieurs agences de la Coopec pour agresser physiquement tout agent qui s’oppose à l’exécution des décisions prises en toute illégalité par Godome Déwouna. Arrêtés en mai dernier et gardés à vue, ils étaient presqu’au portillon de la prison civile de Lomé, quand la clémence et la sagesse du procureur de la République, Essolissam Poyode, leur évitèrent un mandat de dépôt. Depuis, ils se sont calmés, mais continuent les basses besognes, en mettant à disposition de Godome Déwouna de l’argent frauduleusement acquis destiné à acheter les munitions de la corruption et de l’insurrection contre le CA.

Vidage progressif du compte Apecos

Les employés de Coopec Solidarité se sont constitués, depuis 2005, en association dénommée APECOS (Association du personnel de Coopec Solidarité). Les ressources financières de cette association sont essentiellement composées de cotisations mensuelles de mille (1000) francs, de quêtes et dons. Ces fonds servent à financer en particulier des uvres sociales tels que mariages, naissances, décès, mais également le départ à la retraite de l’employé, et autres activités culturelles.

D’après les textes de l’Apecos, c’est le président qui ordonne les décaissements de fonds, et ce, après approbation du bureau exécutif. Mais en violation de cette disposition, le personnel a constaté, du 04 mars au 22 juin 2020, plusieurs retraits de sommes importantes du compte N° 67579 de l’Apecos pour des motifs douteux et inconnus. Sept millions six cent huit mille (7 608 000) ont été ponctionnés par les délégués du personnel sous la houlette de Ketika Elom. Plus précisément, 500 000 retirés le 04 mars, 500 000 le 25 mars, 208 000 le 07 avril 2020, 1 million le 21 avril, 2 millions le 24 avril, 250 000 le 05 juin, 1 million cent cinquante mille le 09 juin et 2 millions le 22 juin 2020. Or, les textes ont fixé comme montant maximal autorisé lors d’une opération de retrait deux cent mille francs, et ce, seulement en cas de décès d’un membre. Sonné, le personnel exerce son droit statutaire en saisissant par courrier le 25 juin 2020 le chef service administratif et juridique de la Coopec Solidarité/Fucec Togo avec pour objet : arrêt de retraits injustifiés sur le compte Apecos. « Nous venons par la présente vous demander de bloquer tout simplement le compte et nous éclairer sur ces diverses opérations », ordonne le courrier. Certains retraits, d’après nos recoupements, ont été effectués à la veille de grandes opérations, notamment diverses rencontres de Godome Déwouna avec des personnalités du monde politique et judiciaire, convocations en désordre des membres du CA à la justice, grèves des employés.

Paiement frauduleux de salaires et avantages indus
L’alliance Godome Déwouna - Ketika Elom pour semer la zizanie et déstabiliser la Coopec Solidarité fonctionne à merveille. Dissimulé dans ses plis de sous fifre impénitent, Ketika Elom procède, contre instructions de la hiérarchie, à l’établissement et au paiement des salaires à Godome Déwouna, le directeur licencié, qui ne fait plus partie officiellement, du personnel de Coopec Solidarité. Ainsi donc, de mars à mai 2020, Ketika s’est attribué le pouvoir d’établir la fiche de paiement de Godome Déwouna, d’effectuer lui-même le retrait au comptoir, et d’aller servir, ailleurs qu’au service, main à main son allié. Lui-même y tirant, fort probablement, son compte. Pire, emboîtant le pas à son gourou, Ketika Elom refuse, malgré des injonctions répétées de ses supérieurs hiérarchiques, de mettre à la disposition du Conseil de surveillance et de la mission d’inspection de la Direction de l’Audit interne du réseau qui effectuait un contrôle à la Coopec Solidarité, des documents en sa possession. Ce qui a obligé le chargé de mission, Messan Danigue, à lui demander, via un courrier daté du 26 juin 2020, des explications. D’après nos informations, Ketika Elom tiendrait toujours les câbles, en retenant les informations dont a besoin la mission. Une récalcitrante injustifiable, qui viole toutes les dispositions en la matière. Entre autres, l’article 37 de la Loi portant réglementation des Systèmes financiers décentralisés (SDF) dispose : « Les organes et les structures chargés de la surveillance et du contrôle ont droit, dans le cadre de cette mission, à la communication, sur leur demande, de tous documents et informations nécessaires à l’exercice de leurs fonctions, sans que le secret professionnel ne leur soit opposable. » ; et aux termes de l’article 40 des Statuts harmonisés, la Coopec fait l’objet d’une inspection au moins une fois par an par la Fucec-Togo. Faut-il le rappeler, la relation des Coopératives notamment la Coopec Solidarité avec la Fucec-Togo est régie par des textes, principalement la Convention d’affiliation du 30 novembre 2004, tous les droits exercés donc par la Fucec-Togo sur la Coopec-Solidarité relève d’une légalité incontestable. En tenant la dragée haute à une mission diligentée par la Fucec-Togo dans le but de cacher, sûrement, des informations devant exploser un scandale lié aux pratiques peu orthodoxes de Godome Déwouna et acolytes, Ketika Elom s’expose tout simplement à la rigueur de la loi. Par ailleurs, Godome Déwouna, par-dessus tout, s’est fait servir 1000 litres de carburant par mois depuis son licenciement, soit de mars à mai, sans qu’une décision du CA ne lui attribue un tel avantage. Au moment où la dotation mensuelle en carburant du directeur général de la Fucec Togo est de cinq fois moins. Et tout le temps que Godome a servi comme directeur de Coopec solidarité, l’homme s’est fait établir, de son propre chef, un salaire mirobolant qui dépasse d’une montagne le salaire du premier responsable de la faîtière, celui-là même qui a posé les fondations de la Coopec Solidarité en 2000 et élevé de son génie tout l’édifice devenu aujourd’hui le mastodonte du système financier décentralisé. Cette comparaison salariale renvoie à l’exemple d’un chef d’agence d’une banque qui gagnerait largement mieux que le directeur général de ladite banque. Une incongruité rendue possible à la Coopec Solidarité/Fucec par Godome Déwouna. L’an dernier par exemple, en décembre, à la clôture de l’exercice, l’homme s’est octroyé, à son bon vouloir, la bagatelle de 7 millions de francs au titre de prime de gestion. Les jetons de présence à une réunion, même informelle, se comptent en liasses de centaines. Et tout temps, presque chaque semaine, l’ex directeur est en mission, souvent pour des motifs farfelus, et se faisant servir des frais de mission extraordinaires.

Tous ces indices sus relevés apportent la preuve par neuf, que la bande à Godome Déwouna, et en arrière-plan l’ancien président du Conseil d’administration, Apoudjak Wahab, sont dévorés par une seule ambition : prendre possession entière de Coopec Solidarité, réputée la plus grosse institution de microfinance dans une faîtière de microfinance dans la sous-région ouest africaine (avec un actif de 45 milliards), pour bâtir leur empire financier personnel, sans les yeux malveillants dun gendarme appelé Fucec-Togo, résolument engagé à protéger les intérêts des pauvres épargnants à travers la garantie d’une gestion saine et efficace.

Godome cache son véhicule de fonction
Sommé par une décision de justice à rendre son véhicule de fonction, Godome Déwouna oppose un refus catégorique. Aux dernières nouvelles, il ne roulerait plus avec ledit véhicule, qu’il aurait dissimulé dans un labyrinthe. Entre-temps, encore sous le coup de licenciement, il aurait tenté en tant que directeur de Coopec Solidarité, de s’acheter un véhicule nouveau de gamme plus relevée, mais le projet n’a pu aboutir.

Règlement du litige à l’amiable bafoué
L’argent n’aime pas le bruit, dit-on. Le bruit fait ces derniers mois autour de la Fucec et sa filiale Coopec Solidarité a suffisamment résonné, au point de décider les autorités compétentes à s’investir dans la résolution du problème. Une normalité. Les acteurs de la crise ont été plusieurs fois réunis autour des ministres Sani Yaya de l’Economie et des finances, Gilbert Bawara, de la fonction publique et Pius Agbetomey de la Justice. Le licenciement de Godome Déwouna pour des motifs d’insubordination a été acté, la décision du CA étant irrévocable à tout point de vue juridique. Mais dans le souci daplanir les divergences et d’allumer le calumet de la paix et de la concorde, le repositionnement de Godome Déwouna comme conseiller spécial du DG de la Fucec a été suggéré. Décision difficile à admettre, mais admise sans la moindre résistance par l’instance dirigeante de la Fucec. En revanche, Godome Déwouna, en toute arrogance, a clairement affiché son insatisfaction, traduite à travers des actes qui prennent à contre-pied cette proposition de reconversion, en fondant toute sa confiance plutôt sur recours et contorsions judiciaires. Pour une affaire déjà déplacée du terrain judiciaire. La bonne nouvelle, les actions conjuguées du Conseil d’administration de la Coopec Solidarité et de l’instance dirigeante de la faîtière ont permis à la Coopec Solidarité de garder sa stabilité, malgré toutes les secousses, et de reposer les jalons d’une dynamique de croissance, ce qui a le don de requinquer la confiance des épargnants.

Source : La Symphonie N° 165 du 13 juillet 2020