Infos Togo Réformes, retour à la Constitution de 1992 ou référendum ?

Pasteur Edoh Komi du MMLK : « Le référendum pourrait régler la crise togolaise à condition que l’organisation soit consensuelle avec tous les protagonistes, pouvoir et opposition »

Publié le lundi 5 mars 2018, par

Quelle issue pour la crise politique qui secoue le Togo depuis août 2017 ? L’appel des sympathisants de Faure Gnassingbé pour l’organisation d’un référendum règlera-t-il la crise ? La rédaction de Togotimes a tendu son micro au pasteur Edoh Komi qui donne sa position.

Suite au report de deux semaines du dialogue inter togolais, des voix ne cessent d’appeler Faure Gnassingbé à aller au référendum pour départager les uns et les autres. Le débat devient intéressant puisque, sur les réseaux sociaux, militants de l’opposition et ceux de l’Union pour la république (Unir) s’entredéchirent. Mais la grande interrogation, est celle de savoir si l’organisation d’un référendum dans le contexte actuel du dialogue va résoudre le conflit politique.

Les avis sont partagés. Certains togolais et non pas les moindres pensent que, aller au référendum dans les conditions actuelles, c’est verser de l’huile sur le feu. « Ceux qui appellent au référendum, poussent Faure Gnassingbé vers un précipice », confie un étudiant en fin de cycle en droit à l’Université de Lomé.

Point de vue que ne partagent pas du tout les fans de Faure Gnassingbé qui boucle son 3e mandat en 2020. « Notre champion n’a rien à cirer de la constitution de 92. On peut parler de son amélioration mais pas son retour originel », dixit-ils.

Nous avons tendu notre micro au coordonnateur du Mouvement Martin Luther King, Pasteur Edoh Komi. Si le référendum peut résoudre la crise politique togolaise, il y a une condition, explique Pasteur Komi Edoh. Selon lui, le référendum pourrait régler la crise togolaise à condition. Et la condition chez le pasteur, c’est l’organisation consensuelle avec tous les protagonistes, pouvoir et opposition.

« Le référendum pourrait régler la crise togolaise à condition que l’organisation soit consensuelle avec tous les protagonistes, pouvoir et opposition », a confié Edoh Komi du MMLK. Et d’ajouter « Sinon d’aucuns disent qu’à terme d’un référendum unilatéral, le peuple togolais se serait divisé davantage, raison pour laquelle la voie du consensus reste et demeure indispensable. Si donc il faudrait y aller, cela passerait par la décrispation de la situation dans un souci d’apaisement à travers le dialogue. C’est le cri de Cœur que le MMLK lance aux deux parties. C’est l’ultime étape pour notre pays et personne n’a droit à l’erreur sinon les générations présentes et futures s’absoudront pas les acteurs politiques d’aujourd’hui ».

Le Togo traverse une crise politique grave depuis août 2017. Le Parti national panafricain (Pnp) revient au-devant de la lutte pour un Togo en posant deux revendications : le retour à la constitution de 92, le vote de la diaspora.

C’est autour de ces deux exigences que le parti a déversé ses militants le 19 août pour une manifestation pacifique qui a été malheureusement réprimée dans le sang. D’où l’origine de la crise qui ébranle le pouvoir de Faure Gnassingbé.
Togotimes.info