Infos Togo Drame foncier dans le Zio

Nouvelle semaine de tension en vue à Gbamakopé ?

Publié le dimanche 25 août 2019, par Gabinho

C’est la grande interrogation que nous pouvons pousser à la veille de la nouvelle semaine qui commence dès demain Lundi. Et pourquoi ? Selon des informations parvenues à notre rédaction, « 15 personnes seraient déférées vendredi dernier suite aux échauffourées à Gbamakopé cette semaine entre les forces de l’ordre et les populations de Gbamakopé dans l’affaire de litige foncier. Elles seraient accusées d’avoir lancé des cailloux aux forces de l’ordre ».

Aussi, confie-t-on que « les mouvements d’indignation vont reprendre à Gbamakopé à partir de demain Lundi ».

Nos sources révèlent que « lors des échauffourées cette semaine, deux voitures des militaires ont été endommagées puis récupérées après les affrontements ». En tout cas, on ne serait pas en erreur en affirmant que l’on ne sait ce qui adviendrait si ce mouvement d’indignation reprenait.

Voici ce que nous écrivions cette semaine sur ce drame foncier qui se joue dans l’indifférence totale des premières autorités togolaises…

Gbamakopé assiégé, pluie de gaz lacrymogènes sur les populations
Le litige foncier de Gbamakopé a connu un nouvel épisode ce mardi dans le village dans la partie Ouest de Djagblé. Sur le terrain ce jour, ce fut des échauffourées et des courses poursuites entre agents des forces de l’ordre et des jeunes organisés à défendre corps et âmes et jusqu’à la dernière goutte de sang des terres qu’ils ont acquises au prix de mille et un sacrifices.

Faisant fi des cris de désolation des femmes et autres adeptes vaudou, sorties pour l’occasion, dépassées par les évènements et la barbarie qui a court sous leurs yeux dans ce drame foncier qui a éclaté depuis 2006, les forces de l’ordre n’ont pas hésité à charger les populations à coup de gaz lacrymogènes, pour répondre à certains jets de pierres. Certains de ces jeunes rencontrés par notre reporter ont état des arrestations de certains de leurs camarades de lutte.

Il faut noter que ce dossier est revenu au devant de la scène depuis hier quand, constatant un nouveau lotissement de la part d’un groupe d’individus appuyé par des forces de l’ordre, à la solde de la Collectivité Kpasra (qui n’est pas en fait celle qui leur a vendu les terrains), en cours dans la zone, les acquéreurs de terrains dans ce village de la préfecture de Zio ont décidé de manifester leurs inquiétudes et colères.

Interrogées, les forces de l’ordre sur le terrain se sont refusées à tout commentaire, renvoyant la presse à leur hiérarchie. Toutefois, ce refus de se prononcer n’a pas été le cas chez les victimes de ce drame foncier.

« Notre grand-père avait donné des terres à une famille dans le canton de Djagblé. Et c’est cette famille qui nous cause des problèmes aujourd’hui. Tout a commencé quand les enfants de celui à qui notre grand-père a offert les terres ont implanté des bornes portant leur nom Kpasra sur les limites. Un jugement a été prononcé en leur faveur alors que nous ne savons même pas qu’on nous convoquait à la justice. Nous avons interjeté appel mais faute de moyens, le dossier n’a pas pu être suivi, la Cour d’appel a encore tranché en leur faveur. Sur 5 hectares que leur donne le jugement, aujourd’hui, ils sont en train de procéder au lotissement des 366 hectares de notre village », ce sont là des mots d’un des mandataires de la Collectivité Gbama, en la personne de Sylvain Edoh Gbama, qui se veut en fait l’hôte des plusieurs acquéreurs. Comme un autre habitant qui a accepté se confier à nous, dit ne rien comprendre, dans le fait que ce jour, ils ont décidé de se réunir entre eux pour définir la marche à suivre quand soudain, les agents des forces de l’ordre ont débarqué pour les « disperser à coups de gaz lacrymogènes ».

« Ils sont en train de tirer des gaz dans les maisons et accompagnent des gens qui plantent de nouvelles bornes jusque dans les chambres des acquéreurs que nous sommes. Nous sommes très mécontents. Nous irons jusqu’au bout », a-t-il aussi lancé tout furieux.

Si ces Acquéreurs ainsi que les Gbama soupçonnent derrière cette menace de déguerpissement, une main noire qui serait d’après eux, celle de la plus haute autorité de la préfecture de Zio, ils se tournent une nouvelle fois vers les plus hautes autorités du pays pour lune ingérence salutaire, pour éviter quelque bain de sang.
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