Infos Togo Grève de la faim / Polémique autour de l’évacuation de Habia par un avion vers le Ghana

Non contents de l’humiliation, des Conseillers suggèrent à Nana Akufo-Addo, un retrait de la facilitation

Publié le mardi 2 octobre 2018, par

L’évacuation d’un opposant en grève de la faim il y a 14 jours pour exiger la libération des détenus politiques et la mise en route de la feuille de route de la Cédeao met le Ghana et Lomé sur un pied de "guerre" médiatique. Les deux pays risquent de compromettre leur relation de voisinage.

Lomé a-t-elle refusé l’atterrissage d’un avion militaire ghanéen venu pour évacuer Nicodème Habia en grève de la faim ? A la coalition de l’opposition de la C14, la réponse est Oui. Le chef de file de l’opposition, Jean-Pierre Fabre, sur la question a dit que « Les autorités togolaises ne se sentent en aucun cas concernées par la grève de la faim qu’observe Nicodème Habia. Elles ont même refusé une assistance médicale ghanéenne à l’ex-député togolais ».

Selon notre correspondant à Accra, les autorités du Ghana confirment l’information. Il y a bel et bien un avion qui a été envoyé pour évacuer le gréviste de la faim dont l’état de santé devient préoccupant. Malheureusement, une fois l’avion dans les espaces togolais, n’a pas reçu l’autorisation d’atterrir.

Pourquoi un tel refus de la part de Lomé ?
Pour éclairer la lanterne de l’opinion nationale et internationale sur la question, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le Général Yark Damehame a rompu le silence. Reçu sur les antennes de la radio Victoire Fm, une radio de Lomé, M. Yark recadre le débat. Il reconnaît bel et bien que, l’avion envoyé pour l’évacuation du gréviste de la faim a été refusé d’atterrissage.

Pour Lomé, les autorités ghanéennes avaient posées le problème de l’évacuation de Habia, mais, Lomé n’a pas encore donné le feu vert au Ghana d’envoyer un avion militaire. L’avion est venu mais ne peut pas embarquer un opposant en grève de la faim, car, dit le ministre togolais, « les autorités ne connaissent pas la mission de l’avion ».

« Le ministre ghanéen a posé le problème, on devait lui revenir et il n’a pas attendu pour envoyer l’avion. Ce n’est pas amical. Le Togo ne peut pas envoyer un avion dans une ville du Ghana chercher un malade sans que les autorités ghanéennes ne donnent leur avis. Je ne crois pas », explique le général Yark Damehame. Avant de préciser que, « le ministre ghanéen à la fin s’est même excusé ».

Mais au-delà de cette excuse de la part du Ghana, les informations font état de ce que, les autorités ghanéennes se sentent humiliées par Lomé. Et pour rendre coup pour coup ; certains conseillers du président Nana Akufo Addo, ce dernier est l’un des facilitateurs dans la crise politique togolaise, vont jusqu’à dire à leur président de se retirer de la facilitation. Une proposition, nous dit-on, qui n’a pas l’assentiment du président Akufo. Nana Akufo Addo va-t-il se plier ? Rien n’est moins sûr, mais seul l’avenir nous le dira.

« Il demande la libération de ces personnes en tant que qui. Qu’il laisse la justice faire son travail. Que fait-il ? C’est quoi son problème ? », a-t-il indiqué ajoutant qu’il faire de la pression sur le gouvernement.

En grève de la faim devant l’ambassade du Ghana à Lomé, deux autorités membres influent du gouvernement togolais qualifient de Tragi-comédie l’action de l’opposant, président du parti Les « Démocrates ». Le ministre de la Sécurité, se demande, en tant que qui il mène cette action. « Il demande la libération de ces personnes en tant que qui. Qu’il laisse la justice faire son travail. Que fait-il ? C’est quoi son problème ? », s’interroge le général Yark. Ce dernier continue sa grève de la faim dite illimitée. Il a débuté la grève devant les locaux de l’ambassade des USA à Lomé pour deux jours avant de déposer son bagage devant l’ambassade du Ghana, il y a 14 jours déjà.

Par notre correspondant à Accra, KOUASSI
Togotimes
N.B : Article repris grâce au partenariat entre Telegramme228 et Togotimes