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Message d’En Aucun Cas aux Togolais : ""Allons restreindre le pouvoir de la dictature""

Publié le mercredi 15 mai 2019, par Gabinho

""Allons restreindre le pouvoir de la dictature"", c’est ce qu’envoie en substance le mouvement En Aucun Cas aux Togolais surtout à ceux qui à l’appel de l’opposition et de sa Coalition avaient boycotté les législatives du 20 Décembre dernier. A tout prendre, le mouvement dont l’un des porte-paroles, Foli Satchivi, est toujours en prison, appellent les Togolais à entrer dans le processus électorale en cours et qui devra s’achever par les opérations de vote le 30 Juin prochain.

""La stratégie du pouvoir étant donc connue, il serait totalement absurde de boycotter ces élections locales. Le boycott ne nous apportera absolument rien. Il ne fera que conforter et renforcer la dictature. Pour ceux qui l’ignorent, le régime compte sur notre boycott pour déployer le reste de sa stratégie de conservation du pouvoir ; laquelle consiste à mieux sectionner le pays et à confier l’administration de ces sections (communes) aux voleurs et bandits de grands chemins qui les ont aidé, depuis 2017 à mâter la contestation populaire et à conserver le pouvoir"", c’est ce qu’écrit ce mouvement dans un communiqué parvenu à notre rédaction. Et de poursuivre, ""ces élections locales, si nous savons bien nous y prendre nous permettront de restreindre le pouvoir de la dictature, de sauvegarder les libertés de réunion, d’associations et de manifestations que violent depuis un temps la dictature et de marquer un point de plus vers la conquête et la prise effective du pouvoir en 2020. En effet, à l’issue de ces élections, les forces démocratiques soustraieront du contrôle de la dictature plusieurs communes (au moins 60)"".

Voici ce communiqué....

COMMUNIQUÉ RELATIF AUX ÉLECTIONS LOCALES

Le 30 juin 2019 se tiendront, pour la première fois, après plus de 30 ans des élections locales à l’issue desquelles les populations auront à choisir les conseillers municipaux et les maires qui, durant les cinq prochaines années dirigeront leurs communes.

Ces élections locales conditionnent également les sénatoriales car ce sont les conseillers municipaux qui désigneront après, lors d’un scrutin indirect les sénateurs.

Mais malheureusement, comme on pouvait d’ailleurs s’y attendre, ces élections ne suscitent pas assez d’engouement au sein de la population.
A gauche comme à droite, chacun se demande s’il faut participer à ces élections ou s’il faut les boycotter. Nul ne semble vraiment décis. La confusion, l’indécision et l’hésitation ont pris le dessus.

Pour cause, la population, après les nombreuses et douloureuses expériences vécues ne croit plus que la solution aux problèmes fondamentaux de la société puisse venir des élections qui, depuis le rétablissement de la dictature d’EYADEMA n’ont jamais été démocratiques et transparents.

A cette opinion répandue vient s’ajouter l’empressement et la manière avec laquelle le pouvoir en place conduit ce processus, qui si on était dans un État normal avec un gouvernement sérieux devait être conduit de façon consensuelle et républicaine.

Mais à vrai dire l’empressement du régime à organiser ces élections le plus tôt possible, la manière dont il s’y prend, l’arrestation des militants de l’opposition, la révision constitutionnelle controversée adoptée en ce moment précis et tous les artifices actuels du pouvoir ne sont qu’une partie de la stratégie globale du pouvoir pour contraindre les forces démocratiques à boycotter les élections locales et passer ensuite à l’étape suivante.

La stratégie du pouvoir étant donc connue, il serait totalement absurde de boycotter ces élections locales.

Le boycott ne nous apportera absolument rien. Il ne fera que conforter et renforcer la dictature.

Pour ceux qui l’ignorent, le régime compte sur notre boycott pour déployer le reste de sa stratégie de conservation du pouvoir ; laquelle consiste à mieux sectionner le pays et à confier l’administration de ces sections (communes) aux voleurs et bandits de grands chemins qui les ont aidé, depuis 2017 à mâter la contestation populaire et à conserver le pouvoir. Vous les connaissez déjà. Plus besoin de vous les présenter. Ainsi, recommencera, de plus bel le cycle des interdictions de réunion et de manifestations. Recommenceront avec une plus grande acuité les basses et salles besognes.

A la fin, nous n’auront que nos yeux pour pleurer, nos bouches pour crier et nos oreilles pour entendre sur la TVT les mesures drastiques et incongrues que prendront ces voleurs et criminels habillés en maires.

Nous devons donc tout faire pour ne pas tomber dans ce piège à con.

Cela sous-entend que nous devons à tout prix participer aux élections locales au cas où le régime, après constatation de notre décision de mettre du sable dans sa farine maintiendra toujours la date du scrutin au 30 juin 2019.

Nous avons beaucoup à gagner, rien à perdre.

Ces élections locales, si nous savont bien nous y prendre nous permettront de restreindre le pouvoir de la dictature, de sauvegarder les libertés de réunion, d’associations et de manifestations que violent depuis un temps la dictature et de marquer un point de plus vers la conquête et la prise effective du pouvoir en 2020.

En effet, à l’issue de ces élections les forces démocratiques soustraieront du contrôle de la dictature plusieurs communes (au moins 60).

Les grandes villes seront désormais aux mains des forces démocratiques qui pourront donc déployer librement leurs politiques et manifester désormais sans problème à Lomé, à Agoè, à Aneho, à Vogan, à Afangnan, à Tabligbo, à Kpalimé, à Atakpamé, à Sokodé, à Bafilo, à Mango, à Dapaong, etc...

Du coup, les marchés, les voiries, les sociétés de transport (SOTRAL), les impôts, les taxes échapperont presque totalement au contrôle du régime. L’état civil sera également aux mains de l’opposition qui pourra s’en servir dans le combat pour l’apurement fichier électoral.

De même, les mairies conquis auront un important rôle à jouer dans la suite de notre lutte.

Comme aime le dire le Président Turc Recep Tayip ERDOGAN *" contrôler les grandes villes de la Turquie et surtout la capitale revient à contrôler la Turquie toute entière. "*

Il convient alors de rappeler que la participation aux élections locales n’empêche pas de préparer la résistance et la bataille finale contre la dictature.

Au contraire, elles viendront plutôt booster les choses et ôter de notre chemin certains des écueils qui ralentissent l’alternance et nous empêchent d’avancer.

L’issue de ce scrutin est donc beaucoup trop bénéfique pour l’opposition et les organisations démocratiques du peuple qu’il serait absurde de la laisser aux seuls mains du régime et de ses partis satellites ( UFC, CPP, NET, MRC, NET, PDP et OBUTS RÉNOVÉ ( MPDD).

Ne pas participer à ces élections c’est se faire Hara-kiri.

Si Sylvanus Olympio, Pa Augustino de Souza, Tavio AMORIN, Djobo BOUKARI étaient encore vivant c’est sûr qu’ils nous auraient déjà sommer d’aller à ces élections. De même, s’ils avaient la possibilité de nous parler depuis l’au-delà c’est certains qu’ils nous auraient demandé genoux à terre d’aller à ces élections et de tout faire pour que les résultats proclamés soient conformes aux votes exprimés.

Au regard de tout ce qui précède, le Mouvement EN AUCUN CAS :

1- Appelle tous ceux qui comme nous veulent le changement et en ont marre des interdictions de manifester et des dérives de la dictature à aller se faire inscrire massivement du 16 au 18 mai 2019. Nous devons ainsi par notre mobilisation montrer, lors de ces opérations que ceux qui avaient boycotté les élections locales étaient milles fois plus nombreux que ceux qui y avaient pris part.

2- Demande au gouvernement de proroger le délai de recensement au 23 mai 2019, c’est-à-dire en ajoutant quatre (4) jours de plus.

3- Demande à la CENI d’apurer le fichier électoral avant les élections.

4- Exhorte les partis politiques et toutes les forces acquises au changement qui souhaitent participer à ces élections à y aller en rang serré.
Nous proposons à cet effet la constitution d’un FRONT COMMUN POUR LE CHANGEMENT (plate-forme électorale commune de tous les organisations démocratiques qui souhaitent participer à ces élections locales en rang serré ).

Aux grands maux, les grands remèdes.

2020, c’est maintenant.

Fait à Lomé, le 14 mai 2019

Le Comité Exécutif