Infos Togo Togoland

Me Martial Akakpo se retire du dossier des Sécessionnistes (les raisons)

Publié le mardi 10 novembre 2020, par Gabinho

Les mouvements sécessionnistes des populations de l’est du Ghana qui réclament la constitution de l’état de Togoland, avaient constitué la société civile professionnelle (SCP) d’avocats de Me Martial Akakpo pour porter le dossier devant les juridictions internationales et défendre leurs intérêts. Cependant, dans une interview accordée aux confrères de Focus Infos, l’avocat explique que pour des « questions d’éthique professionnelle », il s’est retiré du dossier.

En effet, Le territoire du Togoland occidental a été colonisé pour la première fois par l’Allemagne en 1884 et incorporé à la colonie togolaise. Après la défaite de l’Allemagne pendant la Première Guerre mondiale, la colonie du Togoland a été divisée entre la France et la Grande-Bretagne en tant que protectorats. La partie ouest du Togoland est devenue une partie de la colonie britannique de la Gold Coast, qui est devenue indépendante en 1957 pour former le Ghana actuel. Le Togo quant à lui a obtenu son indépendance de la France en 1960.

Ayant un sentiment d’abandon des populations de l’est du Ghana vis-à-vis des autres parties du pays, les sécessionnistes regroupés au sein du Homeland Study Group Foundation ont décidé de réunir la région de la Volta, au sud-est, et certaines parties de la région du nord et de l’est du Ghana pour former le nouvel Etat et réclame l’indépendance de celui-ci depuis une décennie. Une revendication que le Ghana dans lequel ils se sentent sous-représentés refuse de leur accordée provoquant des heurts des sécessionnistes.

La région a connu des tentatives sécessionnistes par le passé avant de remettre sur table la même demande en 2020. Le groupe aurait récemment fait irruption dans un arsenal et volé des armes, ils ont monté des panneaux le long des routes principales pour accueillir les gens dans l’État du Togoland occidental, bloquer les routes avec des tas de sable, brûler des pneus et même retenir le personnel de sécurité en otage. Une situation que déplore Me Martial Akakpo de la société civile professionnelle (SCP) d’avocats à qui les ‘’togolandais’’ ont fait appel.

« Le dossier constitué par mes clients de l’Est du Ghana est intéressant de par l’intérêt juridique qu’il comporte. C’est du reste la raison pour laquelle, je l’ai accepté. La réclamation d’autodétermination formulée par mes clients, présente une problématique réelle de droit public international qui mérite d’être discutée devant les juridictions internationales pour une décision. C’est un dossier techniquement motivant et intellectuellement passionnant à défendre. Malheureusement, selon les informations publiées par plusieurs médias, certains individus ont décidé en marge du volet juridique, de faire usage de la violence : attaques de commissariats, séquestration, destructions de biens, etc. Cette situation est inacceptable. En conséquence, j’ai décidé de me retirer de ce dossier pour des questions d’éthique professionnelle », a déclaré l’avocat dans une interview accordée à Focus Infos.

Pour Me Akakpo, cette décision ne relève pas de sa naïveté ni de la corruption. « Une chose est d’organiser des manifestations pour réclamer des projets de développement ou le droit à l’autodétermination, une autre est de mener des actions violentes. Je dois dire, qu’il est vrai qu’historiquement, le droit à l’autodétermination a été gagné à travers des manifestations parfois violentes. Mais aujourd’hui, nous avons des instruments juridiques comme la Charte des Nations Unies et la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, qui nous permettent de mener le débat juridique », a conclu l’avocat qui visiblement ne tolère pas la violence qu’emploient ses clients.
Yvette S. /T228