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Madi Djabakaté, Politologue : « Après 15 ans à la tête d’un pays, l’on ne peut rien apporter de nouveau sinon entretenir le statu quo »

Publié le lundi 16 septembre 2019, par Gabinho

Connu pour ses analyses pointues, le politologue, Madi Djabakaté s’est livré à une analyse de l’évolution de la situation politique au Togo. Lisez plutôt !

Depuis un temps, le climat politique togolais est apaisé, comment expliquez-vous cette accalmie ?

Apaisé, accalmie, je ne vois pas forcément les choses ainsi. Disons plutôt qu’il y’a eu une disparition progressive pour ne pas dire un étouffement des manifestations publiques. Sinon en réalité nous sommes dans un schéma de guerre froide entre deux partis politiques que sont le PNP et UNIR assistés d’alliés de chaque côté. Quand vous observez depuis un certain temps la sélection discriminatoire des partis politiques dont les réunions sont systématiquement dispersées dans la violence vous comprendrez que les mêmes causes produisant les mêmes effets, le pouvoir n’a pas encore compris pourquoi le pays s’était embrasé entre 2017 et 2018.

Selon vous, la candidature unique de l’opposition est la solution pour obtenir l’alternance en 2020 ?

La candidature unique de l’opposition c’est ce que la sagesse recommande pour pouvoir prendre le régime à son propre piège. Et connaissant les conflits d’égos au sein de notre opposition, il y’a lieu que cette candidature unique soit incarnée par une personnalité publique sur laquelle un consensus sera trouvé. C’est la seule façon de créer un rapport de force et d’équilibrer cette élection déjà déséquilibrée par la CENI et la Cour Constitutionnelle. Ceux qui rêvent de révolution doivent d’abord mobiliser pour les élections. Ce n’est qu’en cas de fraude que leur prière révolutionnaire pourra être exaucée.

La constitution en vigueur autorise Faure Gnassingbé à être candidat en 2020. Selon vous, cette candidature est-elle nécessaire ?

Chassez le naturel, il revient au galop. Je me rappelle des propos d’alors donnant l’impression d’un complexe d’Œdipe : mon père c’est mon père ; moi c’est moi. En vérité, sur cette question de quatrième mandat, les traces de juriste en moi ne peuvent que me conduire à en prendre acte. Mais je reste convaincu qu’après 15 ans à la tête d’un pays, l’on ne peut rien apporter de nouveau sinon entretenir le statu quo. Dans tout cela je plains les courtisans du parti UNIR qui sont obligés d’étouffer les aspirations légitimes de tout militant normal pour ne pas se voir priver de leurs privilèges de circonstance.

Informateur228