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Litige autour de la chefferie traditionnelle et du foncier à Didokpo

Publié le lundi 22 février 2021, par Gabinho

La décentralisation au Togo continue de livrer ses secrets. Et ces secrets ne tournent souvent qu’autour des litiges fonciers mais également de la chefferie traditionnelle. Et la localité de Didokpo dans le canton de Gbatopé et à une trentaine de kilomètres de la ville de Tsévié n’en est pas épargnée.
Selon des éléments portés à la connaissance de la presse Samedi au cours d’une conférence de presse, la localité, autrefois une ferme sur le territoire d’Adangbé, devenue aujourd’hui un village plein avec un nombre considérable d’habitants, vit depuis quelques temps un problème de litige foncier.
D’après la déclaration liminaire et les réponses aux questions des hommes de médias, dont sont porteurs les familles Ahoumey, Topou et Adjoyi, qui ont des terrains frontaliers, sont confrontés à une situation d’expropriation de leurs biens par les sieurs Edoh Koffi et Komi Amégnran, des proches du préfet de Zio, qui se réclament désormais les vrais propriétaires de ces sols. Et c’est au nom de cette réclamation que ces derniers ont fait débarquer depuis quelques semaines, la Société Togo Gravier, pour l’exploitation d’une roche qui se trouverait au cœur des sols des trois familles précitées.
Les familles Ahoumey, Topou et Adjoyi ont, par cette sortie, dénoncé le fait que, « cette société sans investigation auprès des autorités locales a commencé par déboiser les palmiers qui se trouvent sur leurs propriétés » et se refuse de se plier à l’ordonnance de cessation de travaux pourtant délivrée par la justice et à elle (la société) transmise. Entre autres travaux effectués par cette société, il y a la mise en place des engins et l’aménagement de la route menant sur le terrain.
Quid de l’affaire de chefferie traditionnelle ?
Personne ressource de la localité dans la mesure où se sont ses aïeux qui ont créé cette ferme de Didokpo devenue aujourd’hui un village peuplé, au début des années 1900, Kofi Adjiwanou qui assistait à cette conférence de presse y voit des ramifications entre ce litige foncier et le problème de chefferie dont souffre cette localité et dans lequel certains représentants du pouvoir central ne joueraient pas franc jeu. Il a évoqué entre autres, le fait que depuis 2015, un de ses cousin, en la personne de Joseph Kodzo Aziamadi ait reçu son arrêté de nomination en tant que chef de ce village, et devant rendre compte au chef du village d’Adangbé, Togbui Komivi Tétégan Sobo Ekla, sans pour autant être officiellement intronisé, et que depuis quelques semaines voire mois, c’est un autre en la personne de Tozo Djadju 1er qui est à son tour intronisé. Dès lors, d’après les explications de M. Adjiwanou, on tente de contraindre Joseph Aziamadzi IV dans un rôle de Chef communautaire, et le nouveau intronisé, celui de Chef du village, pour la même localité. Enfin, pour l’intervenant, autant l’on procède à l’accaparement de la chefferie traditionnelle de la localité avec la complicité de certaines autorités, autant, on veut par ce premier acte des proches du nouveau chef de village, faire main-basse sur les terres des Ahoumey, Topou et Adjoyi.
Pour celui-ci qui en appelle à son tour comme les trois familles à une vraie justice dans un tel dossier, il urge dès lors que ce territoire de Didokpo soit désormais délimité et que la chefferie revienne de plein droit aux descendants du créateur de la ferme qui aujourd’hui a fait place à un vrai village.
En attendant que cette invite de M. Adjiwanou ne rencontre un écho favorable et fasse régner l’accalmie dans la communauté, il est à rappeler que l’affaire du litige foncier est pendante devant la justice et que le souhait de plus d’un est que la vraie justice soit faite.
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