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Les recherches vont enfin quitter les placards pour la place publique

Publié le jeudi 10 décembre 2020, par Gabinho

L’Université de Lomé est rentrée dans la dynamique non seulement de promotion des recherches scientifiques, mais aussi de vulgarisation de leur utilité réelle dans la vie de la société qui s’est souvent vue sans impact concret de ces multitudes de recherches. De ce fait, les autorités universitaires ont innové avec l’institution du Délégué Général des Étudiants en thèse de doctorat dont l’une des missions est de les regrouper au sens de l’interdisciplinarité.

Koffi Amessou Adaba est celui à qui incombe cette responsabilité non seulement vis-à-vis de ses camarades, mais aussi envers les autorités universitaires. Il est le tout premier Délégué Général des Doctorants de l’Université de Lomé. Il défend le bien-fondé des recherches scientifiques dans toute société et fait savoir que « partout où nous sommes, on ne peut pas se développer sans les recherches ; pour preuve, ceux qui sont plus développés en terme de recherches, c’est eux qui fabriquent plus les choses et qui nous envoient ».

QUESTION : Un délégué pour les Doctorants, du nouveau n’est-ce pas ?

Koffi Amessou ADABA : C’est vrai que c’est la toute première fois qu’on organise des élections au niveau de ce grade afin d’en avoir un Délégué, mais ce n’est pas extraordinaire dans la mesure où on a toujours des Délégués à l’Université de Lomé, sauf que ce sont des Délégués de niveau Licence (délégué d’amphi, délégué de faculté, délégué d’école…).

Les étudiants étant également nombreux pour les autres grades du LMD dont le D, il a été jugé bon de les organiser pour une meilleure animation de la vie universitaire dans tous ses sens.

QUESTION : Un des reproches souvent fait aux universitaires est « la rechercher sur recherche » sans impact concret sur la vie de la vieille dans un coin reculé du pays. A quoi servent alors vos multiples recherches ?

Koffi Amessou ADABA : Avant tout, la recherche permet d’avoir le diplôme ou le titre. Mais après tout, la communauté ou la société en jouit abondamment. La présente pandémie aura permis plus ou moins de rassurer l’opinion sur l’importance de la recherche où nuit et jour des travaux se font pour apporter une solution à cette maladie.

Bien avant cette maladie et après cette maladie, les recherches nous servent toujours, notamment pour la construction des infrastructures (toutes catégories confondues). Avant que ces infrastructures ne se matérialisent aux yeux de tous , c’est toujours un travail scientifique préalable qui avait eu lieu. Même le fonctionnement de l’État ou nos comportements sont objet de recherches.

La recherche nous est autant utile que sans elle on ne peut pas évoluer. Il faut former des têtes pensantes pour pouvoir penser et travailler sur les problèmes de la société.
Ainsi, même la vieille au village bénéficie des résultats des travaux de recherches.

Aujourd’hui, nous avons par exemple le téléphone qui est le fruit de longues années de recherche. Partout où nous sommes, nous bénéficions des fruits de la recherche et quand on ne fait pas la recherche, on ne peut. partout où nous sommes, on ne peut pas se développer sans les recherches ; pour preuve, ceux qui sont plus développés en terme de recherches, c’est eux qui fabriquent plus les choses et qui nous envoient.

L’un des problèmes, c’est aussi l’insuffisance de communication sur ce qui se fait. Or l’une des caractéristiques de la science est la communication.

QUESTION : Comment comptez-vous alors remédier à ce problème bien identifié ?

Koffi Amessou ADABA : C’est bien l’une des raisons pour lesquelles « La Voix des Doctorants (La VDD-UL) a été initiée à l’Université de Lomé.

La plupart du temps, les gens ne savent réellement pas ce qui se fait à l’université et ceci parce les activités ne sont pas suffisamment visibles ; ce qui n’est pas bon pour la société dans laquelle nous sommes et pour laquelle les recherches sont faites.

Dans tel ou tel autre domaine, il est question de fouiller et savoir ce qui se passe comme problème et proposer une approche de solution. Normalement, la façon dont ces problèmes sont pensés devraient être connue de tous afin que tout le monde puisse en profiter. Finalement, le contact est très faible entre la société et le monde universitaire.

L’initiative La Voix des Doctorants entend donc d’abord promouvoir l’interdisciplinarité entre les doctorants qui sont des chercheurs séniors et ensuite amener les populations ou le public à se retrouver dans ce qui se fait comme recherches à l’Université . Alors, il a été décidé que chaque vendredi pour cette initiative, un doctorant ou un docteur présente le travail qu’il fait ou qu’il a fait.

QUESTION : Peut-on avoir une idée de l’un de ces communications ?

Koffi Amessou ADABA : Justement ! La dernière communication faite est du camarade Essonam MAGNANGOU de la Faculté des Sciences Économiques et de Gestion (FASEG) ; Université de Lomé. En troisième année de Doctorat, il travaille sur le thème « Gouvernance et Performance des collectivités locales togolaises : une étude exploratoire.

L’implémentation d’un système de contrôle de gestion par des personnes pour la plupart du temps qui ne sont pas les utilisateurs nécessite une sérieuse appropriation de la part de ces derniers. La grille d’analyse, construite à l’issue de la revue de la littérature et spécialement basée sur la théorie de l’appropriation de De Vaujany (2006) et les travaux de Bernard (2019), permet de repérer l’étape atteinte dans le processus d’appropriation composé des trois phases séquentielles.

Puisque son travail est en cours de rédaction, M. MAGNANGOU prévoit utiliser une approche qualitative à travers des entretiens dans dix (10) collectivités locales togolaises prenant en compte les traits contingents. Les responsables des collectivités locales font face à l’option de concevoir le système de contrôle de gestion par le cadre juridique régissant le fonctionnement des collectivités locales et non pas par les acteurs. Son étude qui se veut exploratoire met en avant l’échec récurrent de cette appropriation lorsque le responsable n’est pas lui-même le concepteur du système de contrôle de gestion de la collectivité locale, échec suivi de l’abandon probable du contrôle de gestion et faire place aux volontés politiques.

Les questions de recherche qui vont lui permettre d’atteindre son objectif se déclinent en deux (02) : « quel est le niveau actuel d’appropriation du système de contrôle de gestion au sein des collectivités locales togolaises ? »La seconde est : « quels sont les facteurs susceptibles de faire échouer le processus d’appropriation des outils de contrôle de gestion au sein des collectivités locales togolaises ? ».