Infos Togo Lacs 3 Agbodrafo / Accaparement de la forêt sacrée pour construction de la Mairie

Les « pagnes noirs » en colère avertissent des conséquences spirituelles qui pourraient en découler

Publié le mercredi 29 juillet 2020, par Gabinho

Un mouvement d’humeur a éclaté ce Mardi 28 Juillet 2020 à Agbografo, dans la Commune de Lacs 3, nous apprend le confrère Echosdescommunes. Les adeptes du couvent dénommé les « pagnes noirs », ont manifesté leur colère à travers des chants et cris de guerre, pour dénoncer une tentative d’accaparement des dernières terres de la forêt sacrée pour y abriter la mairie de Lacs 3.

Le groupe de ritualistes à la suite d’un rituel circonstanciel, a fait le tour de la localité pour manifester leur désaccord de la décision dont l’exécution pourrait les affecter. Pour le prêtre de la forêt sacrée, Togbui Amegan Epke Azaguidi, c’est un sacré patrimoine culturel et hérité des grands parents.

Les terres en question ne sont en aucun cas une réserve administrative même si par le passé, certaines parcelles ont été cédées à la communauté pour la construction des bâtiments publics notamment le lycée d’Agbodrafo et autres.

Des conséquences spirituelles peuvent découler de la violation de cette forêt. « Ce lieu sacré est le dernier rempart de notre communauté. Nous y faisons des rituels et cérémonies périodiquement afin de bénéficier de la clémence des aînés et de dame nature. Sa violation entrainerait de dramatiques conséquences sur la communauté en l’occurrence la sécheresse, des maladies, morts subites,… Ce que nous ne souhaitons pas. Nous appelons le nouveau maire à de meilleurs sentiments », a-t-il déclaré tout en ne sachant pas le signataire de la cession du terrain.

« Par le passé, nous avons eu de ces problèmes avec nos frères de Togoville alors que nous avons également des terres sacrées chez eux. De grandes assises nous ont permis d’amener le calme et la cohésion actuels. Pour rien au monde, nous ne permettrons que la tension monte. Ce domaine n’est pas une réserve de l’État et je ne vois pas de quel droit nous pouvons le céder », a indiqué le régent du trône d’Agbodrafo, Assafotsè Kuetevi Ekovi. Pour ce dernier, c’est peut-être un potin nonobstant, il met en garde les autorités municipales contre une telle tentative.

En attente d’une version du maire Claude Mikem ou d’un conseiller de la municipalité, tous les acteurs impliqués dans le processus de décentralisation sont interpellés à calmer la situation dans la localité.
Yvette S. /T228