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Les étudiants interpellent Faure Gnassingbé

Publié le mardi 5 février 2019, par

Le système éducatif du Togo est en crise. C’est l’analyse de la SEET (Synergie des Élèves et Étudiants du Togo) qui ont décidé d’interpeller le Chef de l’Etat, Faure Gnassingbé. ""Monsieur le Président, la crise que traverse le système éducatif togolais n’est plus à démontrer car elle a atteint un seuil très exagéré et devient par conséquent une pathologie"", c’est ce qu’écrivaient ces étudiants réunis au sein de cette association pour planter le décor de ce qu’ils vivent. Dans une lettre adressée à Faure Gnassingbé, ils ont exposé une nouvelle fois lesfifficultés qui sont les leurs au quotidien et demandent une intervention pressante du locataire du palais de la marina.

Voici le courrier... de la SEET

SYNERGIE DES ELEVES ET ETUDIANTS DU TOGO

‘’BUREAU EXECUTIF NATIONAL’’

RECEPISSE N° 1186/MATDCL-SG-DLPAP-DOCA DU 08 DEC. 2017

92147688/91025799/93552281

E-mail :seet.tg2017@gmail.com

REF SEET-LA 0099/19 Lomé, le 24 Janvier2019

Le Secrétaire Général

A

Son Excellence Monsieur le Président

de la République Togolaise,

Lomé-Togo.

Objet : Lettre ouverte d’interpellation

Monsieur le Président,

Le Bureau Exécutif National de la Synergie des Élèves et Étudiants du Togo voudrait vous souhaiter une bonne entame d’année 2019.

Par la présente occasion, il voudrait non seulement vous féliciter pour la rénovation de quelques amphithéâtres, la construction de quelques Agoras et le goudronnage de quelques centaines de mètres d’artères de l’Université de Lomé, la finalisation de la nouvelle présidence de l’Université de Lomé, le School Assure par le gouvernement, mais aussi vous interpeller sur les problèmes qui minent le quotidien des étudiants et apprenants togolais.

Monsieur le Président, la crise que traverse le système éducatif togolais n’est plus à démontrer car elle a atteint un seuil très exagéré et devient par conséquent une pathologie.

L’effectif pléthorique dans les salles de classe et amphithéâtres, le manque cruel des enseignants, le non rapprochement des écoles techniques aux enfants du peuple (base du développement), l’inexistence des laboratoires des langues tout comme des recherches scientifiques dans les deux universités publiques, la fermeture hasardeuse de LIMUSCO et des filières d’enseignement techniques par le gouvernement , la suppression des aides au niveau secondaire et primaire, l’absence des stages aux étudiants malgré des lots de partenariats qui existent entre les universités du Togo et les entreprises, l’application banale du système LMD due à l’insuffisance du budget alloué aux universités selon les autorités universitaires restent le lot du quotidien des élèves et étudiants togolais.

A ces problèmes s’ajoutent la dégradation des conditions sociales par l’insignifiance des aides et bourses qui sont respectivement à 36.000F et 54.000F pour les allocations et bourses soit 12.000F et 18.000F par mois, l’incapacité des cités universitaires en matière d’accueil, le refus du gouvernement d’assister financièrement les associations en général et en particulier celles des étudiants pour l’organisation des activités syndicales et la formation des membres. Ces situations poussent le Togo sous votre gouvernance a affiché une image de dernière position parmi les universités de l’Afrique de l’Ouest lors de la rencontre de Ouagadougou en septembre 2018.

Au Burkina Faso, les aides vont de 36.000F à 72.000F par mois aux étudiants. Les frais de restaurant sont à 100F avec des plats convenables. Les cités qui sont à l’image de la cité B de l’Université de Lomé sont à 1000F le mois soit 3000F par trimestre.

Au Niger, les aides vont de 105.000F à 171.000F par trimestre, la restauration estudiantine est à 125F, les frais de cité sont 3.500F par trimestre et le transport à 50F la course.

Pour ne que donner l’exemple de ces deux pays qui sont très loin d’être comparés avec le Togo en matière de ressources disponible notamment : Le phosphate, le fer, le calcaire, l’or, le pétrole le port en eau profonde, les forêts, le café -cacao, coton etc.… et qui devraient normalement contribuées à l’amélioration du cadre d’étude par lequel tous les pays émergents ont nécessairement passé.

De plus, le cadre de vie des étudiants d’aujourd’hui comparativement à ceux des années 98 n’est pas du tout satisfaisant. Avant, les aides étaient à 21.000F le mois, le transport à 10F avec l’existence d’un service de transport universitaire bien ordonné, le restaurant à 90F et la cité universitaire était gratuite avec une application juste du système classique.

Aujourd’hui, les frais d’inscriptions vont de 24.000F à. 500.000F. Par contre, les aides vont de 12.000F à. 18.000F le mois, les cités à 12500F, le restaurant à 500F (insignifiant quantitativement comme qualitativement), les frais de transport à 150F la course.

Monsieur le Président, la vie de l’étudiant n’a pas été au centre du mandat social promis. La misère et extrême pauvreté ont impacté le visage et le quotidien des étudiants qui ont préféré courir après les petites activités pour pouvoir survivre laissant ainsi les études et les recherches au second plan.

Plus grave encore, nos jeunes sœurs étudiantes et élèves se livrent à la prostitution pour répondre aux besoins qui devraient être à la charge de l’Etat. Les conditions de vie et d’études restent très difficiles aux enfants des familles pauvres qui représentent la grande proportion des étudiants des universités et écoles publiques du Togo. Et pendant que nous exprimons nos besoins, nous sommes traités à tort d’être manipulés par les politiques, quand tu as faim ou soif et tu cries tes besoins, certains esprits voient l’opposition derrière ces besoins réels et naturels.

La SEET demande un changement de paradigme de la gestion des affaires estudiantines pour assurer un bon avenir à la jeunesse togolaise et cette responsabilité vous revient comme devoir. Elle vous prie également de discipliner vos collaborateurs responsables des universités qui font recours aux méthodes d’une autre époque pour réprimer les syndicats estudiantins légalement constitués.

Comptant sur votre aimable attention et écoute à nos problèmes, le Bureau Exécutif National de la Synergie des Élèves et Étudiants du Togo et ses sections vous prient de recevoir, Monsieur le Président de la République, nos respectueuses salutations et vœux réciproques de 2019 avec une politique purement sociale surtout en faveur de la jeunesse et de l’éducation dans sa globalité.

Basile AMENUVEVE