Infos Togo Enseignement supérieur privé au Togo / Projet de décret en gestation

Les EPES dans l’impasse : à qui profite cette situation ?

Publié le mercredi 2 décembre 2020, par Gabinho

Un nouveau projet de décret est en cours d’élaboration pour régenter le domaine des établissements d’enseignement supérieur privé au Togo. C’est ce que l’on pouvait constater à la suite d’une confidence faite ce jour à notre rédaction par un responsable d’établissement d’enseignement supérieur privé, qui informait avoir pris part à une Assemblée Générale du CEPES à Lomé, sur le sujet.

Des révélations faites par ce dernier, et confirmées par nos recoupements, il a été question au cours de cette AG du CEPES d’un exposé sur les différents éléments contenus dans ce projet de décret projeté par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, dirigé désormais par le prof Ihou Watéba. De ce qui en est ressorti, la tension est loin de tomber après avoir évité de justesse le bras de fer qui avait failli exister plusieurs semaines plus tôt entre le ministre et les promoteurs de ces établissements privés du Supérieur, autour d’une décision de suspension des inscriptions et partant de la rentrée académique, pour cause d’état des lieux en cours et de coronavirus. Si cette épée est finalement ôtée, celle qui plane désormais est celle donc d’un projet de décret sur lequel on demande avis de ces promoteurs.

En tout cas, au cours de la rencontré précitée, il est revenu que les promoteurs de ces établissements membres du CEPES, ont exploré le document qui se veut la dernière mouture, et ont constaté que plusieurs de leurs propositions, soutenues à la table des discussions par une de leurs représentants, ont été rejetées ou encore ont été partiellement acceptées.

Face à une telle situation où il est demandé à ces derniers de ses prononcer à la prochaine séance prévue pour jeudi prochain, il apparait que les promoteurs des établissements privés du supérieur, membres du CEPES, qui n’ont reçu le document que Vendredi dernier, ne sont pas prêts et ont besoin d’un temps suffisant pour mieux étudier le contenu surtout que tout est question juridique et donc nécessitant un travail de fond de spécialiste.

Si des différentes interventions, des craintes ont été soulevées, l’un des responsables du bureau exécutif du CEPES, a éclairé la lanterne de plus d’uns sur ce qui peut advenir au cas où ce décret leur est imposé par l’autorité sans tenir compte de leurs avis. Entre autres risques, c’est que beaucoup d’établissements seront guettés par la fermeture parce que ne pouvant pas remplir les exigences qui y sont contenus. Selon nos sources concordantes, des mains noires seraient en train de tirer des ficelles dans l’ombre pour affaiblir certains établissements privés d’enseignement supérieur qui seraient dans le viseur du ministère de l’enseignement supérieur. Mais à quelle fin ? Question à caution. Conséquence dans l’autre sens, c’est l’Etat qui se verra encore sur ces bras des milliers et des milliers de jeunes togolais qui sortent des lycées du Togo.

En allusion à une telle possibilité dont le perdant ne sera pas forcément seulement les promoteurs des établissements privés du Supérieur, mais aussi l’Etat qui devra être confronté à une importante foule d’étudiants qui autrefois étaient absorbés par les privés, certains veulent encore croire que l’appel lancé depuis 2013 par le Chef de l’Etat, Faure Gnassingbé, pour plus d’investissement dans l’enseignement supérieur privé, n’est pas de vains mots et qu’il est toujours d’actualité.

« Si on impose le décret, le discours du chef de l’Etat en 2013, demandant à l’aider à investir dans l’enseignement supérieur privé, ce sera un bon signal de la part de l’Etat, que cet appel n’est plus d’actualité », c’est en substance ce qu’affirmait un des participants à cette AG du CEPES.

Après les mots, les actes
De ce qui précède, il apparait clair que les membres du CEPES consultés pour la finalisation de ce décret ne seront pas prêts pour Jeudi prochain. Toutefois, ils sont parvenus à s’accorder sur une demande déchéance d’un mois pour leur permettre d’étudier au mieux le document transmettant le contenu du décret.

Aussi, le CEPES a mis sur pied pour l’occasion, une commission qui au terme d’un travail technique devra plancher sur ce projet de décret qui devra régenter à l’avenir la vie des établissements privés d’enseignement supérieur, devra sortir de propositions à déposer sur la table de l’autorité.

De ce qui a été porté à notre connaissance, il s’agit d’un projet de décret qui porte aussi bien sur la régularisation de la situation des écoles universitaires privées (Agrément puis accréditation), la formation dispensée dans les établissements, les apprenants mais aussi le profil des enseignants et le personnel de l’administration de ces lieux de dispensation du savoir.
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N.B : En image, des promoteurs des EPES au cours de l’une de leurs rencontres (Photos archives)