Infos Togo Interdiction des manifestations politiques à cause du Coronavirus

Le Togo sur les traces de la Corée du Nord, d’après Targone Sambiri, qui craint un « état d’urgence d’une durée de 5 ans »

Publié le mardi 24 novembre 2020, par Gabinho

Par une lettre réponse à un courrier du regroupement politique Dynamique Monseigneur Kpodzro, le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et du Développement des territoires, Payadowa Boukpessi, comme on pouvait s’y attendre a opposé une fin de non-recevoir à la marche du 28 Novembre prochain pour réclamer le rétablissement de la vérité des urnes pour l’échéance électorale du 22 février 2020, l’arrêt des poursuites judiciaires contre le « président démocratiquement élu du Togo » (Agbéyomé Kodjo), l’arrêt de l’acharnement judiciaire contre les journalistes...

Entre autres arguments ou raisons avancées pour interdire une telle manifestation, le membre du gouvernement a évoqué « l’article 9-1nouveau de la loi N°2019-010 du 12 août 2019 modifiant la loi N°2011-010 du 16 mai fixant les conditions d’exercices de la liberté de réunion et de manifestations publiques et pacifiques dispose que dans le cadre des réunions ou manifestations pacifiques publiques, l’itinéraire comporte un seul point de départ, un seul tronçon de route et un seul point de chute. Or dans le cadre de votre marche vous avez retenu pour le même objet et même jour, quatre points de départ et quatre tronçons différents, au mépris des dispositions légales », l’interdiction de certains axes et zones pour les manifestations politiques et publiques (dont Déckon que la DMK a choisi comme point de chute de sa marche, ndlr) et enfin, le Coronavirus dont les mesures barrières ne sauraient être respectées au cours d’une marche.

Pour Targone Sambiri dont le parti DSA (Démocrates Socialistes pour l’Alternance) qui se prononçait déjà sur ce prétexte de la pandémie de Coronavirus, de tout temps opposé par le gouvernement et le pouvoir en place, le Coronavirus, « c’est universel ! Nous sommes appelés à vivre avec ce mal du siècle, voilà pourquoi j’exhorte le ministre à nous laisser manifester librement sinon, si cette fois-ci, il nous refuse encore notre manifestation dans les jours à venir, c’est le peuple togolais qui, sans même adresser une lettre d’information, manifestera ».

Et pour le natif de Dankpen, le pays est finalement comparable à la Corée du Nord, et si quelque chose n’est pas fait par les Togolais eux-mêmes, on risque un état d’urgence d’une durée de 5 ans. « Nous risquons, nous Togolais, si nous ne nous levons pas, de voir la prolongation de l’Etat d’urgence durer 5 ans », ce sont là ses mots.
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