Infos Togo Epidémie de la fièvre de Lassa

Le Togo n’est toujours pas à l’abri

Publié le mardi 6 février 2018, par

C’est ce que l’on pouvait en déduire, à lire l’interview de Sylvain Baize, responsable de l’unité de biologie des infections virales émergentes à l’Institut Pasteur de Paris, à nos confrères de Jeune Afrique. De l’analyse de ce dernier, « le virus Lassa est endémique au Nigeria. Tous les ans, à la même période, on recense à peu près le même nombre de cas. Au 25 janvier 2018, on recensait plusieurs cas dans dix États du Nigeria : 107 cas suspects, dont 67 confirmés, et 16 morts. Ces chiffres sont plus au moins similaires à ceux de l’année précédente. Le Bénin, jusque-là épargné, voit cette maladie devenir désormais endémique. Une soixantaine de personnes ont été touchées en 2016. L’existence de cas sporadiques n’a rien de surprenante, dans la mesure où de nombreuses personnes circulent entre les deux pays. Elles ont aussi pu être infectées au Bénin. Mais pour le moment, on ignore s’il s’agit de cas autochtones ou importés ».

Faisant le point de la situation au niveau de la sous-région Ouest-africaine, il a laissé entendre qu’ « on peut parler d’une maladie endémique en ce qui concerne le Liberia, la Sierra Léone et la Guinée. Mais, comparé au Nigeria, le nombre de cas est moins élevé. C’est aussi en saison sèche qu’on dénombre plus de malades. En regardant la carte de l’Afrique, on remarque une chose étonnante : la maladie n’est pas endémique dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, parmi lesquels la Côte d’Ivoire, le Burkina, le Mali, le Bénin et le Togo. On y note juste quelques cas sporadiques ». Pour ce qui est de la contamination, il a indiqué que « le rongeur de type Mastomys, une espèce africaine, est le réservoir de Lassa. Il vit dans les cases, au village, et se nourrit des aliments stockés par l’homme. Sans compter que ces animaux défèquent dans les habitations et l’homme peut inhaler les selles déshydratées. Il arrive aussi parfois que l’homme mange ce rongeur.

On retrouve les mêmes modes de propagation qu’Ebola. Soit le contact avec les fluides biologiques d’un malade, le plus souvent présent à l’hôpital. Les épidémies sont plus rares avec la fièvre de Lassa dans la mesure où la transmission inter humaine est plus faible ».

Déjà en ars 2016, deux cas avérés ont été reconnus par les autorités sanitaires togolaises dans le district sanitaire de l’Oti (600 km environ au nord de Lomé). Il s’agissait d’après le ministre togolais de la Santé et de la Protection sociale, professeur Moustafa Mijiyawa, d’« un chirurgien et un infirmier, tous deux de nationalité américaine, qui ont été déclarés contaminés au virus ».

Pour information, les signes cliniques au début de la maladie sont similaires au paludisme : fièvre, céphalées, douleurs, etc.

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