Infos Togo Traitements rétrogrades à SCAN TOGO à Sikacondji

Le SYDEMINES interpelle le groupe Heidelberg sur la misère faite aux travailleurs contractuels

Publié le mardi 8 mai 2018, par

Scan Togo en passe de perdre son titre de modèle en matière de pratique de la RSE (Responsabilité sociétale de l’entreprise) au Togo ? C’est la grande interrogation suite à une sortie médiatique effectuée ce jour par les responsables de SYDEMINES (Syndicat démocratique des mines) du Togo, un syndicat intervenant dans le domaine des mines et ensemble avec SADD (Solidarité Action pour le Développement Durable) sur la situation précire et délétère que vivent les employés, surtout les contractuels.

Selon les responsables de SYDEMINES appuyés par les délégués syndicaux de cette société, la situation est devenue de telle sorte que les employés se disent avoir tout à envier à leurs collègues des autres sociétés minières. Entre autres situations de ruse que dénoncent ces travailleurs, 400 sur les 600 qui opèrent dans les ateliers de Scan Togo, ""sont embauchés sans contrat écrit sur demande de SCANTogo par les tâcherons (ETGM et CMTP, ndlr)"" et sont ""confrontés à la pire forme des conditions de travail et de vie dans les mines au Togo"".

Autres dénonciations faites par ces travailleurs contractuels mis à la disposition de Scan Togo par ETGM de Tovianyo Kokou Dakou, et CMTP, portent sur la protection sociale, la Sécurité santé au travail (Equipement de protection sociale, Infirmerie, Visite médicale, Horaires, Cantine/Pause, Transport, Salaire, Ancienneté, Avancement, la RSE...).

Sur les divers cas de ces dénonciations énumérées plus haut, certains sont saisissants comme par exemple, la nonchalence dans la déclaration des travailleurs à la CNSS, avec des difficultés dans la prise en charge des victimes d’accident de travail dont le cas de Nouwoza Agbodji, victime de brûlure, les salaires qui atteignent difficilement le SMIG (soit 35.000 F cfa, ndlr), les rémunérations des heures supplémentaires pas bien calculées, des contractuels exposés aux risques tels que le charbon, la poussière et les tâches les plus dangereuses sont exclus des visites médicales pourtant prévues par les textes en vigueur, pas de prime de transport pour des contractuels qui doivent faire 25 km en aller et retour pour rejoindre le lieu de travail, pas d’avancement mais plutôt une régression imagée par le licenciement en Août 2017 de plus de 50 travailleurs et sans dédommagement pour la simple raison qu’ils ont refusé de voir leur taux horaire passer de 400 F cfa à 250 F cfa. Et enfin, ces syndicalistes émettent des doutes sur la réalisation exacte des tâches inscrites dans la RSE. ""Un certain nombre de ces projets est presque inexistant sur le terrain"", indique la déclarration des travailleurs.

Condamnant cette illustration parfaite de ces pratiques rétrogrades de la législation sociale au Togo et de la discrimination, le SYDEMINES interpelle le Conseil d’Administration du groupe Heidelberg Cement et les premiers responsables de SCANTOGO, sur la misère faite à ces 400 travailleurs contractuels, surtout que c’est de par leurs efforts conjugués avec ceux des permanents que la productivité ne fait qu’accroître et que les objectifs d’extraction du clinker pour la production du ciment de 1.000.000 de tonnes en 2015, 1.200.000 en 2016, 1.500.000 en 2017 ont été atteints.

En tout cas, avertit ce syndicat, ""il y va de leur réputation et de leur image mais surtout de la justice sociale envers ces travailleurs dits contractuels et envers les populations qu’on veut aider"". Quant aux autorités togolaises, elles sont ""interpelées sur leurs obligations de mettre en oeuvre le cadre de référence ""protéger, respecter et réparer"" des principes directeurs relatifs aux entreprises et aux droits de l’Homme des nations unies que cesse l’exploitation des êtres humains sur la mère patrie"".
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