Infos Togo Décisions inopportunes sur l’enseignement supérieur privé au Togo

Le rétropédalage de Prof Ihou Watéba, un mémorandum adressé au gouvernement !

Publié le lundi 9 novembre 2020, par Gabinho

Suite à sa note du 28 Octobre dernier suspendant entre autres les inscriptions dans les établissements privés d’enseignement supérieur pour, disait-il, cause d’évaluation de l’état des lieux des établissements privés d’enseignement supérieur qui serait en cours, les promoteurs de ces lieux de dispensation de la connaissance au Togo, ne sont pas restés muets. En Assemblée générale déjà la semaine dernière, ils ont manifesté tout leur désaccord avec de telles décisions qui sont prises sans aucune consultation préalable. Des critiques, mieux un rejet qui visiblement a amené le ministre à se déplacer ce Lundi pour expliquer de vive voix les tenants et les aboutissants de ces décisions mais aussi et surtout, convenir avec ces promoteurs regroupés au sein du CEPES (Conseil des Etablissements Privés de l’Enseignement Supérieur), de la marche à suivre. De ces échanges directs entre le membre du gouvernement et les membres du CEPES, la lumière semble avoir jailli, du moins au vu du sourire qui se lisait sur les visages des parties à la sortie.

Des explications du ministre Ihou Watéba, au terme des travaux, on en retient finalement que ces décisions communiquées ne sont qu’une certaine approche pour amener les promoteurs de ces établissements à accepter le droit de regard du gouvernement dans ce qu’ils dispensent comme enseignement. « Il n’y a pas une décision qui soit une décision pérenne. C’est une décision qui permettait de travailler pour voir dans quelle mesure on va mettre un chronogramme. Nous nous sommes retrouvés, on a mis un chronogramme. Ce chronogramme permettrait de dérouler l’année académique de façon consensuelle. Et un mémorandum a été rédigé par rapport à cela pour non seulement amener les gens à comprendre la vision gouvernementale, à comprendre la gouvernance actuelle et aussi, partir sur une nouvelle base pour mieux faire les choses. Ce n’est pas une décision qui empêchait qui que ce soit d’exister mais c’est une décision qui permet de s’arrêter, de faire un arrêt sur image et de voir comment on redémarre de façon sereine en intégrant tous les aspects, toutes les exigences que l’enseignement supérieur doit observer lorsqu’il est question de délivrer des diplômes, d’enseigner à des gens et de répondre aux besoins et aux défis du futur ». Une seule question qui reviendrait à l’esprit est de se demander si ces promoteurs ont une fois refusé le contrôle ou l’accompagnement de l’Etat. Mais passons.

Mais alors que l’on pouvait constater depuis la semaine dernière qu’une tranchée s’est ouverte entre le ministre Watéba et ses interlocuteurs, le membre du gouvernement Tomégah Dogbé, qui est à sa première expérience au sein d’une équipe gouvernementale, semble positiver. « Il n’y avait pas de guerre, c’est des décisions administratives pour lesquelles il y avait lieu de s’expliquer pour que nous puissions tous évoluer ensemble. Je crois qu’aujourd’hui, l’occasion a permis d’expliquer l’esprit de ces décisions qui sont de nature plutôt à permettre d’atteindre l’assurance qualité. En ce sens que, l’ouverture d’un établissement d’enseignement privé est conditionnée par l’octroi d’un agrément après qu’il y ait enquête du ministère de tutelle pour voir ce qui se passe. Et chaque année, logiquement le ministère de l’enseignement supérieur évalue les établissements d’enseignement privé comme public pour dégager les zones de faiblesse et les points forts, ce qui permet un renouvellement d’agrément. A ce jour, il n’y a jamais eu un refus de renouvellement d’agrément mais il y a lieu d’évaluer chaque fois pour voir là où il y a eu des faiblesses et essayer de renforcer. L’objectif de l’exercice, ce n’est pas d’empêcher les gens d’évoluer mais amener les gens à être plus compétitifs et répondre mieux aux besoins de terrain. Nous avons des exigences qui ne sont pas que nationales, il y a des exigences régionales. Régionales à savoir celles du CAMES (Conseil Africain et Malgache des Enseignements Supérieurs), des exigences au niveau internationales, qui demandent à savoir qui fait quoi, qui enseigne quoi, à qui et dans quelle condition ? Et le ministère de l’Enseignement supérieur est dans son rôle régalien de regarder de près et partir de là maintenant, d’accompagner quant il faut accompagner », a-t-il développé.

Evoquant le mémorandum issu de cette rencontre, le ministre dit s’être tombé d’accord avec les membres du CEPES « que nous devons faire des efforts. Nous sommes tous d’accord que l’accompagnement au niveau du ministère de tutelle doit se faire, et que cet accompagnement ne vise qu’un seul objectif, c’est d’améliorer et rendre les structures d’enseignement supérieur privé plus performante et travailler pour que nous puissions nous connaitre davantage. Depuis la semaine dernière, le CEPES désormais participera aux réunions du cabinet du ministère, … pour écouter ce que nous disons et c’est dans ce Conseil là que chacun va verser ses préoccupations. Ils seront intégrés à tous les processus… Il y aura des rentrées académiques pour voir comment les choses se font ». C’est en tout cas tout ce que ces promoteurs d’écoles supérieures privées souhaitaient et ils ne pouvaient que s’en réjouir de ce que le ministre de tutelle ait revu la copie.

Il n’en fallait d’ailleurs pas mieux pour arracher la satisfaction du président du CEPES, Macy Akakpo. « Nous avons eu une rencontre riche, dense et fructueuse avec le ministre Ihou Watéba. Nous sommes totalement satisfaits sur toute la ligne, nous sommes d’accord, des points d’ombre ont été dissipés, des explications ont été données. Tout le Conseil a été édifié. Nous remercions le ministre pour sa volonté d’accompagner les EPES qui pendant longtemps ont été laissés pour compte. Nous avons un plan très clair en tête », confiait-il. Et pour ce qui est de la question des inscriptions et de la date de la rentrée académique dans les établissements privés supérieurs, il se veut réserver tout comme le ministre, indiquant que « les choses vont se faire graduellement d’ici quelques jours, le mémorandum sera adopté, les inscriptions vont recommencer, il y aura la mise en place des commissions qui vont évaluer les EPES dans 6 mois ». Tout compte fait, il rassure les parents d’étudiants : « les parents n’ont pas d’inquiétudes à se faire ».

Du mémorandum, on en retient que les parties ont convenu de la date du 16 Novembre 2020 comme celle d’une rentrée pédagogique et de la date de début décembre pour le démarrage des cours.

A tout prendre et tout en attendant que le gouvernement n’entérine le contenu de ce mémo, on peut dire que du dialogue, le juste milieu est trouvé ; Et les écoles supérieures privées peuvent espérer faire leur rentrée dans un futur proche, puisqu’il n’y a aucune raison que des jeunes élèves dont certains pourront être les enfants des étudiants dans ces écoles reprennent le chemin des classes malgré la Covid-19 et que leurs parents soient maintenus à la maison au nom de la maladie ou d’une certaine évaluation de l’état des lieux.
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