Infos Togo Opinion / Recommandations de la CEDEAO pour une sortie de crise au Togo

Le régime RPT-UNIR fait semblant d’être satisfait pour pousser la C14 à l’erreur

Publié le lundi 6 août 2018, par

Suite à la publication des recommandations du sommet des Chefs d’Etat de la CEDEAO sur la crise politique togolaise, les activistes de régime anachronique qui régente le Togo, de père en fils, ont envahi les réseaux sociaux pour répandre le message selon lequel ils ont gagné contre la majorité des Togolais représentée par la Coalition des 14 partis de l’opposition (C14). Le délégué général du fameux comité des sages de UNIR, le professeur Charles Kondi Agba, s’est empressé de se faire inviter, ce 1er Août sur radio Victoire FM afin de passer le même message que répand les activistes : à savoir que la CEDEAO a donné entièrement raison au pouvoir de monsieur Faure Gnassingbé. Le régime a été heureusement aidé dans son offensive de désinformation de l’opinion par des partisans avérés du changement qui ont déclaré, à tort, que leaders de la C14 ont trahi le peuple, parce que les recommandations de la CEDEAO ne prennent pas en compte les préoccupations de ce dernier.

En écoutant les partisans du Rpt-Unir et les partisans du changement, promptes à critiquer les premiers responsables de la C14, j’ai eu l’impression qu’ils ne comprenaient pas bien Français ou bien que le bon sens n’est pas la chose la mieux partagée chez eux. Mais par humilité, j’ai aussi pensé que c’est peut-être moi qui suis nul en Français et n’a pas bien compris ce qui est écrit dans le communiqué final ayant sanctionné le sommet de la CEDEAO. Alors, pour avoir le cœur net, j’ai lu et relu plusieurs fois avec dictionnaire sous la main lesdites recommandations. J’ai lu non seulement entre les lignes mais aussi et surtout derrière les lignes du communiqué sanctionnant le sommet de la CEDEAO.

Cet exercice m’a vite permis de me rendre compte qu’en réalité, les recommandations de sortie de crise sont susceptibles de favoriser la réalisation de l’alternance au Togo. En termes claires, les recommandations prennent en compte l’essentiel des préoccupations du peuple portées par la C14. Par conséquent, l’apparent satisfécit qu’affiche le régime n’est qu’un stratagème destiné à pousser la C14 à rejeter la feuille de route de l’institution régionale. Le RPT-UNIR a espéré que la C14 commette une telle erreur pour se mettre à dos la CEDEAO. Comme cela, cette dernière pourrait donner feu vert au pouvoir de Faure Gnassingbé de faire ce qu’il veut. Mais, les leaders de la C14 ont bien analysé la feuille de route et l’on accepté, tout en relevant les insuffisances qu’elle comporte.

En effet, les recommandations faites, si elles sont appliquées permettront à coup sûr au peuple togolais de faire l’expérience de l’alternance en mettant fin, de manière pacifique au règne de ce régime cinquantenaire qui maintient le Togo dans un sous-développement avancé. De façon péremptoire, nous pouvons affirmer que la feuille de route en dépit de quelques insuffisances est favorable à la C14.

Tout d’abord, il faut rappeler que le pouvoir togolais s’est toujours énergiquement opposé à la limitation du nombre de mandats. Nous avons encore souvenance qu’il y a deux ans, le régime à la tête du Togo, avait refusé de signer le protocole additionnel de la CEDEAO instituant la limitation du nombre de mandats à deux dans tous les pays membres. Le président Faure Gnassingbé et sa minorité avait justifié leur refus de signer le protocole par le fait que le Togo est un pays souverain. Mais après le sommet du 31 juillet, ils n’ont plus le choix ; la CEDEAO leur demande d’adopter la limitation du nombre de mandats à deux. Devant la fermeté de la CEDEAO, l’argument de souveraineté est tombé, le régime est obligé de se conformer aux deux mandats. Où sont passés les pseudo-souverainistes ?

Aussi, injonction est-elle faite au régime togolais de réformer la Cour constitutionnelle qui lui a toujours servi de machine à valider les fraudes électorales. Par ailleurs, la CEDEAO demande au pouvoir de Faure Gnassingbé de faire un recensement électoral et non une simple révision des listes sous l’œil vigilant de l’institution régionale. En conséquence, le fichier électoral ne comportera désormais pas les électeurs fictifs qui ont toujours permis à "l’homme simple", pardon, Faure Gnassingbé d’avoir une avance sur ses concurrents. Il est opportun, de rappeler qu’en 2015, Alberto Olympio, après un travail approfondi sur la liste électorale, avait déclaré qu’elle contenait au moins 600.000 doublons. Pour sa part, la Francophonie avait démontré que le fichier électoral du Togo est imparfait.

Les chefs d’Etats de la CEDEAO ont également enjoint au régime togolais d’adopter le scrutin à deux tours. Avec un tel un mode de scrutin, si la prochaine élection est réellement transparente, l’on ne voit pas par quelle magie le RPT-UNIR dont le score aux précédentes présidentielles a toujours représenté le 1/3 de l’électorat togolais pourra en sortir vainqueur. Avec l’expertise technique de la CEDEAO dont des experts seront certainement dans le secrétariat technique de la CENI, comment le pouvoir en place pourra encore orchestrer une manipulation informatique des résultats ? En somme, les prochaines élections au Togo ne seront pas organisées aux conditions de la minorité à la tête du pays depuis plus de 50 ans. Nous savons que les chefs d’Etats de la CEDEAO sont décidés à peser de tout leur poids pour que désormais, les élections au Togo soient honnêtes. Dans ces circonstances, point n’est besoin d’être un devin pour dire que la fin du système inique qui nous régente est pour bientôt.

Eu égard à tous ce qui précède, l’on peut affirmer que les recommandations de la CEDEAO sont plus favorables au peuple en lutte pour l’alternance qu’aux partisans du statu quo
Le RPT-UNIR sait très bien que sa marge de manœuvre est désormais maigre.

Nous l’avons dit plus haut, le semblant de satisfécit que le régime affiche s’inscrit dans une stratégie de guerre de communication destinée à pousser la C14 à rejeter les recommandations, ce qui la mettra à dos les chefs d’États de la CEDEAO. Nous avons très bien compris le jeu du pouvoir ; il ne poussera pas la coalition à erreur. Aussi, le pouvoir togolais, cherche-t-il à déstabiliser les partisans du changement, ultra-majoritaires dans les pays en leur faisant croire que les leaders de la C14, à qui ils ont fait confiance, les ont trahis.

Malheureusement, pour le pouvoir, son plan va échouer. Qu’il continue de se mentir et mentir à ses partisans pour leur faire croire qu’il a encore le contrôle de la situation. La réalité, c’est la débandade dans le camp du pouvoir.

Nous demandons donc le peuple togolais d’être vigilants et de rester uni autour des leaders de la C14 et de ne pas se laisser convaincre par des gens qui, pour des raisons qui leur sont propres, tentent de diaboliser les premiers responsables de la Coalition. Résister pendant des décennies contre l’une des dictatures les plus féroces que l’humanité a connues est un acte héroïque et non un crime contre le peuple qui lutte pour le changement.
BINAFAME Kohan Kidékiyime
Lomé, le 02 août 2018