Monde NATHALIE GOULET ET LE FCFA

Le Passage du CFA à l’ECO, « Rien ne changera dans le fond »

Publié le jeudi 29 octobre 2020, par Gabinho

La Sénatrice centriste a remis le 30 septembre dernier le rapport d’une mission d’information sur le Franc CFA. Ce rapport commandé par la commission des finances de l’Assemblée nationale française visait à « clarifier un certain nombre d’aspects techniques et de contrevérités dans le débat sur la sortie du Franc CFA ».

Selon Nathalie Goulet, la France ne tire AUCUN bénéfice financier lié au CFA et que dans le budget français la ligne CFA est nulle mais cette position n’est pas partagé par certains africains qui se sont prononcés tout en la recadrant.

Pour Nathalie Goulet, la France ne gagnerait rien sur les réserves de change du Francs CFA, « c’est zéro puisque la France ne fait que garantir la convertibilité de la monnaie. Elle ne prête pas. En fait, ce qui se passe, c’est que vous avez une garantie qui est donnée par la France. En échange de cette garantie, la France conserve des réserves de change des pays africains. C’est normal, on donne une garantie, quand vous demandez une garantie à votre banque, elle vous prend une hypothèque. Là, c’est pareil. Le sujet est extrêmement symbolique, presque plus symbolique et technique que financier. » avant de rajouter « Et en termes techniques et de liens avec la France, la France ne tire aucun avantage des réserves de change qu’elle tient pour les pays africains. La France ne tire aucun bénéfice financier. Et évidemment, comme c’est un sujet éminemment politique et éminemment symbolique, il est chargé de tous les péchés d’Israël. Mais la France ne s’enrichit pas avec les réserves de change africaines. »

En ce qui concerne le passage de du Franc CFA à la monnaie unique africaine souhaitée par certains Etats, Nathalie Goulet pense que rien ne changera dans le fond : « Ce qui va se passer, si l’opération se fait parce que, avec toute la crise sanitaire et tout cela, le mécanisme n’est pas en route, c’est qu’on gardera la convertibilité. Vous avez une voiture qui roule, vous allez changer la carrosserie du franc CFA, vous allez l’appeler « éco », etc. Vous allez rompre avec la carrosserie précédente, vous allez donc avoir une nouvelle monnaie, mais le moteur va rester le même. Ça va rester la parité et la convertibilité sur l’euro. » Autrement, ce sont les banques centrales de ces pays africains qui en sortent gagnantes en touchant des dividendes (intérêts) générés par les réserves africaines détenues par la France.

Des déclarations que ne partagent pas Kako Nubukpo auteur du livre, “Sortir l’Afrique de la servitude monétaire” qui a réagi comme tant d’autres aux propos de la sénatrice : « Non, Madame Goulet, vous vous trompez de siècle…le Franc CFA et ses avatars sont et resteront pour toujours “monnaies de la servitude” : nous n’en voulons plus ! »

En commentaire de la réplique de la sénatrice, Fabrice Nze-Bekale, le Directeur Général du groupe ACT Afrique a tweeté en réponse à la déclaration de Nathalie, « C’est irritant. C’est du Frenchsplaining à plein ! » de même que Borozi Biham en ces termes : « c’est une insulte à l’intelligence et à la dignité des peuples des colonies françaises d’Afrique ».
Yvette S. /T 228