Infos Togo Brouille entre le Maire et les Conseillers municipaux de la Commune de Kozah 1

« Le Maire n’accorde aucune importance à la loi sur la décentralisation et va même dire que c’est des formalités », accuse le Conseiller Richard Agouzou

Publié le jeudi 27 août 2020, par Gabinho

Ces mots sont ceux du Conseiller municipal du groupe indépendant Kozah Espoir, Richard Agouzou. Selon le confrère Icilome qui en fait écho, pour celui-ci, la commune en question est bancale avec un Exécutif incomplet, violant ainsi les textes de la décentralisation et mieux encore politisé.
Voici ce qu’écrit le confrère sur cette brouille naissante entre le Maire et ses conseillers…

« Décentralisation/Commune de Kozah 1 : Le torchon brûle entre le maire et ses conseillers municipaux
Depuis les élections municipales du 30 Juin 2019, l’espoir des populations de voir la situation s’améliorer dans leurs localités est devenu plus grande. Mais plus d’un an après, c’est toujours le statu quo. Le cas de la commune de Kozah 1 devient de plus en plus criard, au point où un Conseiller de la commune, Ricardo Agouzou, décide de se lâcher.

Pour le Conseiller du groupe indépendant Kozah Espoir, la commune de Kozah 1 est bancale avec un Exécutif incomplet, violant ainsi les textes de la décentralisation. Le conseil municipal est politisé. On refuse de céder le poste de troisième adjoint au maire qui revient de droit à la sensibilité différente conformément à l’alinéa 3 de l’article 3 du décret N°2019-087/PR, portant modalité de convocation et mission de la première réunion des conseillers municipaux.

Richard Agouzou ne voit rien du sérieux avec un conseil municipal qui travaille dans l’illégalité car, jusqu’à ce jour, seuls deux adjoints au maire sont en fonction au lieu de trois prévus par la loi.

Ce qui choque dans ce conseil, dit-il : « C’est que le Maire n’accorde aucune importance à la loi sur la décentralisation et va même dire que c’est des formalités. Comment peut-on espérer des choses venant de quelqu’un qui est élu par une loi et qui la qualifie de formalité ? Notre commune est mal partie. C’est avec peine que les deux premières sessions ont été convoquées qualifiant parfois les conseillers de mendiants. Pour certains membres de l’Exécutif si les conseillers réclament la tenue des sessions, c’est parce qu’ils ont besoin d’argent (leurs indemnités). Avec une telle idée, dites-moi où est le sérieux dans cette commune et qu’est-ce qu’on peut espérer de ces sessions convoquées sous contrainte ? ».

Pour lui, la décentralisation au Togo n’est que de nom. Rien de concret un an après ces élections municipales.

Ricardo Agouzou promet de saisir la Chambre administrative de la Cour suprême pour se faire entendre. « C’est inconcevable que le décret pris par le Président de la République et voté par sa majorité à l’Assemblée Nationale ne soit pas respecté par ses propres militants à la base. Nous donnons un mauvais exemple aux autres communes. On ne peut pas mettre de côté nos textes pour faire ce qu’on veut. Nous avions saisi notre tutelle, le Ministre de l’Administration territoriale depuis le 4 Octobre 2019 sur cette anomalie, mais sans aucune réponse. Nous allons saisir très prochainement la Chambre administrative de la Cour suprême pour que le droit soit dit. Soit la commune de Kozah 1 dont la population est comprise entre 100.001 et 150.000 habitants dispose de trois adjoints au Maire conformément à l’article 124 de la loi sur la décentralisation , soit cet article doit être modifié pour plaire à certains », souligné le Conseiller municipal de la commune de Kozah 1.

Ce qui est intéressant dans ce conseil, a poursuivi M. Agouzou, « c’est que certains conseillers du parti Unir ne se laissent pas faire. Il y a des courageux qui arrivent à dire la vérité au maire, mais ces derniers sont très mal vus et soupçonnés, selon nos informations ».

Refusant de se prononcer sur la gestion des fonds de la commune, le conseiller affirme qu’il n’a aucune connaissance sur le nombre ni la qualité du personnel de sa commune. Cette question fâche, on dirait qu’il y a des sujets tabous au conseil ; donc une gestion opaque. Il promet de revenir en profondeur sur ce dossier qui lui tient à cœur dès qu’il finit de saisir la Cour suprême sur l’illégalité de l’exécutif communal ».