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Le magistrat, le maillon faible de la Justice togolaise ?

Publié le samedi 25 janvier 2020, par Gabinho

 

Il n’est un secret pour personne au Togo que les Magistrats de tous ordres défraient régulièrement l’actualité de par certaines de leurs décisions rendues ou par leur comportement peu recommandable. Dans un diagnostic fait par le ministère de la Justice lui-même, il est indiqué que le principal problème du secteur est le manque de confiance entre la justice et le citoyen. Ce manque de confiance est dû aux difficultés d’accès du système de justice, le manque d’efficacité dans le traitement des dossiers, les problèmes de corruption qui minent le secteur et l’impunité dont bénéficient certains juges et justiciables. Mais le gouvernement et les instances du corps judiciaire se battent pour que l’image de ceux qui doivent dire le droit change auprès des justiciables et de la population. Des magistrats ont été sanctionnés, radiés du corps, car le Juge togolais se doit d’être exemplaire à tout point de vue. C’est d’ailleurs ce que révélait le Président de la Cour suprême lors de l’audience solennelle de Décembre 2019. Louis GAMATHO disait ceci : « Dans ce tableau parfois peu reluisant que l’on dresse de la justice de notre pays, il faut tout de même reconnaître que le juge est en charge de valeurs essentielles telles que la loi le recommande. L’une de ces valeurs, l’indépendance, est en réalité une lourde responsabilité du juge qui passe par la culture des valeurs d’intégrité, de probité morale, de conscience professionnelle pour que, ce qui est juste, soit simplement proclamé juste quelles que soient les pressions éventuelles. Il importe donc que chaque juge comprenne que l’indépendance dont vous êtes le garant, n’est pas une licence à tout faire. Au contraire, l’indépendance du magistrat est exigeante et doit toujours servir la loi, le droit, la justice dans toute sa perfection », dit GAMATHO.

Pour lui, si en restant dans les limites de ses pouvoirs et de ses compétences, mais ne cédant sur rien de ce qui lui est nécessaire pour remplir sa mission, le juge a la faculté d’écouter et de comprendre, le courage de décider et le talent d’imaginer, alors, il pourra retrouver et conserver toute la confiance de ses concitoyens et celle qu’il se doit à lui-même.

Chaque citoyen verra ainsi, dans le juge, son recours naturel et nécessaire et tous car il n’a qu’une seule aspiration : assurer les devoirs qui leur incombent, lorsqu’il leur est expressément demandé justice, car ils n’ont pas qualité pour se saisir d’eux-mêmes ; accomplir ces devoirs, dans le calme et la sérénité ; le faire dans la liberté et l’indépendance qu’implique le pouvoir - quasi-divin - de juger leurs semblables. L’adoption de la loi sur le conseil supérieur de la magistrature prévue à lagenda du ministère de tutelle des magistrats apportera, à coup sûr, une meilleure prise de conscience des magistrats pour une Justice plus juste que tous les Togolais appellent de tous leurs voeux.

Siméon. Z.

N.B : En image Pius Agbétomey, ministre de la Justice